Bienvenue sur mon blog!

Élue maire depuis 2 ans le 14 mars 2010, j'ai eu envie de raconter cette aventure sur un blog.
Certains autres Maires ont leur blog alors je me suis dit: Pourquoi pas moi? Voilà, c'est fait: j'attends vos commentaires, vos impressions et tout et tout...

En effet, c'est une véritable aventure que je vis depuis 2008! Une aventure humaine incroyable et une aventure personnelle passionnante!

mercredi 8 mai 2013

Mon discours du 8 mai


Chers vous tous,

Vous connaissez mon habitude à vous raconter des histoires lors de mes discours. En ce 8 mai 2013, je vais donc vous raconter l'histoire d'un enfant né le 20 octobre 1917, à Berlin, un peu plus d'un an avant la fin de la 1° guerre mondiale. Cet enfant est né d'un père polonais d'origine juive et d'une mère allemande dont les parents ont eu beaucoup de mal à accepter l'amour de leur fille avec un juif.
A l'âge de 8 ans, cet enfant débarque en France avec toute sa famille. Devenu adolescent, il est attiré par la philosophie. Après un baccalauréat de philosophie obtenu à 15 ans et un passage à la London School of Economics, il intègre l’École libre des sciences politiques.
A l'âge de 20 ans, ce jeune homme est naturalisé français. Deux ans plus tard, il entre à l’École nationale supérieure et épouse Vitia, une jeune juive russe. Ne se rappelant point de son propre amour, la mère de cet adulte est contrariée par ce mariage et les relations avec celle-ci s'en ressentiront durablement. Trois enfants naîtront après guerre de cette union, Anne, Antoine et Michel.
Quand la guerre éclate, il est mobilisé avec sa promotion de normaliens. Résistant de la première heure, il est fait prisonnier et s’évade en 1940. Il rallie Londres en mars 1941, aux côtés du Général de Gaulle. Après plusieurs années en tant qu’agent de liaison, il est envoyé en mission en France en 1944 où en mars, il sera arrêté par la Gestapo dans le cadre de la mission Gréco devant organiser la dispersion des émetteurs de la résistance. Dénoncé sous la torture par un compagnon de lutte, il est arrêté à Paris le 10 juillet et, sous le supplice de la baignoire, il parle à son tour. Il est alors déporté, en même temps que trente-six autres agents secrets britanniques, français et belges, à Buchenwald. Seize d'entre eux sont pendus le 11 septembre, onze autres sont exécutés le 5 octobre. C'est alors que deux prisonniers qui avaient été affectés aux expériences médicales (essais cliniques de médicaments contre le typhus avec injections de l'agent pathogène), opèrent des substitutions entre des agents secrets condamnés à mort et des prisonniers morts du typhus. Notre résistant est alors sauvé en prenant l'identité d'un de ces prisonniers mort du typhus le 20 octobre 1944. En janvier 1945, après une tentative d'évasion ratée, il est transféré à Dora où il échappe de peu à la pendaison. L'avancée des armées américaines provoque, le 4 avril, le transfert du camp vers Bergen-Belsen. Dans le train en marche, il démonte deux lattes du plancher, glisse entre les bogies, rejoint les lignes américaines à Hanovre. C'est de son régiment américain qu'il est renvoyé à Paris, où il arrive le 8 mai 1945.
Une fois la guerre achevée, notre résistant devient ambassadeur de France à l’ONU, puis occupe divers postes de diplomate à travers le monde et ce jusqu’en 1985. Grand défenseur des droits de l’Homme, il participe en 1948 à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Tout au long de sa carrière, tant diplomatique que politique, il se bat contre les injustices, dénonçant tantôt les offensives israéliennes au Liban ou en Palestine, tantôt le traitement réservé aux sans-papiers. Il fait entendre sa voix et dénonce les revers de notre société moderne, des écarts de richesses grandissants au manque d'humanité en passant par la dictature des marchés financiers.
Cet enfant, cet adolescent, cet homme, ce vieillard est décédé le 27 février 2013. Il avait 95 ans. Il s'appelait Stéphane Hessel.
Je voulais vous raconter cette histoire, une histoire faite de drames et de joies, riche de rebondissement, la vie de ce grand homme qui a laissé un vide important dans notre quotidien.

Je voulais en ce 8 mai 2013, vous parler de cet européen convaincu qui a été fidèle à ses engagements et a défendu ses opinions jusqu'au jour de sa mort. Il aurait pu rester au chaud dans des bureaux mais il a rallié la Résistance au risque de perdre la vie.
Je voulais en ce 8 mai 2013, honorer tous ces résistants qui, au péril de leur vie, ont défendu notre liberté
Je voulais en ce 8 mai 2013, en rappelant la vie de Stéphane Hessel qui a échappé in extremis à la mort lors de la 2° guerre mondiale, penser à tous ceux qui ne sont pas revenus, penser aux victimes de la guerre 39-45, conflit le plus meurtrier de tous les temps : 55 millions de morts, 3 millions de disparus, 35 millions de blessés, des veuves, des orphelins et des prisonniers par millions
En ce 8 mai 2013, 68 ans après la victoire, j'emprunte les mots de Stéphane Hessel qui s'adresse « à ceux et celles qui feront le 21ème siècle, nous disons avec notre affection : créer c’est résister ; résister c’est créer ». En tant que citoyens du monde, fidèles à nos ancêtres résistants, continuons à nous indigner, à nous engager pour résister et créer ensemble !

En ce 8 mai 2013, je tiens à souligner les faciles amalgames se développant aujourd'hui, la violence verbale et puis physique s'insinuant petit à petit dans certains débats
En ce 8 mai 2013, je tiens à vous remémorer une nouvelle fois, en Allemagne, l'arrivée au pouvoir démocratique d'Hitler en 1933
En ce 8 mai 2013, je tiens à rappeler la fragilité de la paix dans le monde, la richesse de notre diversité et le respect de nos différences
En ce 8 mai 2013, je tiens à préciser la peur qui est la mienne face aux dérives quotidiennes vues ou entendues

A la mémoire de nos résistants, à la mémoire de nos soldats de la guerre 1939-1945, à la mémoire de nos morts pour la France, à la mémoire de ceux qui se sont engagés et qui s'engagent de nos jours, à la mémoire de ceux qui sont morts et meurent encore aujourd'hui sous les coups de l'intolérance, de la folie, je vous demande de respecter une minute de silence.

vendredi 3 mai 2013

Joyeux anniversaire Mamé Andrée...


Ce bouquet de roses comme celles qui sont en train d'éclore sur ton balcon...
Andrée GENOLHER est la doyenne de Massillargues-Atuech. Elle fête aujourd'hui ses 95 ans. Je lui envoie mes chaleureuses pensées car elle ne va pas bien en ce moment.

vendredi 26 avril 2013

Discours de la cérémonie de soutien aux otages retenus au Sahel


Sur mes cahiers d'écolier, Sur mon pupitre et les arbres, Sur le sable de neige, J'écris ton nom
Sur les pages lues, Sur toutes les pages blanches, Pierre sang papier ou cendre, J'écris ton nom
Sur les images dorées, Sur les armes des guerriers, Sur la couronne des rois, J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon, Sur les ailes des oiseaux, Et sur le moulin des ombres, J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore, Sur la mer sur les bateaux, Sur la montagne démente, J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages, Sur les sueurs de l'orage, Sur la pluie épaisse et fade, J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés, Sur les routes déployées, Sur les places qui débordent, J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume, Sur la lampe qui s'éteint, Sur mes maisons réunies, J'écris ton nom
Sur toute chair accordée, Sur le front de mes amis, Sur chaque main qui se tend, J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir, Sur la solitude nue, Sur les marches de la mort, J'écris ton nom
Sur la santé revenue, Sur le risque disparu, Sur l'espoir sans souvenir, J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot, Je recommence ma vie, Je suis né pour te connaître, Pour te nommer...
Liberté.


Chers vous tous,

Ce sont par ces quelques vers de Paul Eluard que je souhaitais vous accueillir en cette fin d'après midi. Je tiens à vous remercier de votre présence et je remercie chaleureusement Christian Vigne, Président de la Cave Coopérative de Massillargues-Atuech et son conseil d'administration d'avoir accepté que la banderole de soutien aux otages du Niger soit installée sur le terrain de la cave. En effet, cette banderole pourra flotter sur ce lieu visible par le plus grand nombre.

Soucieux de la devise républicaine installée au fronton de la Mairie « Liberté, égalité, fraternité », le conseil municipal de Massillargues-Atuech et moi même ne pouvions que répondre à l'interpellation du comité de soutien des otages du Niger et nous joindre à son action.

Depuis le 16 septembre 2010, Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe et Pierre Legrand, français, salariés d’Areva et Vinci enlevés sur leur lieu de travail à Arlit (Niger), sont retenus en otage par AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).

Après plus de 31 mois, l’inquiétude ne cesse de grandir dans leur famille en raison de la guerre au Nord Mali et des conditions de détention particulièrement difficiles qui sont les leurs tant sur le plan physique que psychologique.

Libérés, Françoise Larribe, et deux autres compagnons Jean-Claude Rakotorilalao et Alex Kodjo faisaient partie du groupe des sept otages enlevés sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit.

Je me permets d'emprunter les mots de Françoise Larribe, en entretien, ces mots sur la gestion du temps exprime de manière émouvante le quotidien des otages : « Quand on est en France, dans la “vraie vie”, on se dit “je vais gérer mon planning”, “je vais faire telle ou telle chose”, “je vais me projeter”.  On a l’illusion de gérer son temps. Là-bas, “de l’autre côté”, comme je dis, c’est le temps qui vous gère. On est complètement soumis aux journées qui passent, aux heures, aux minutes, sans échéance. C’est très troublant. On ne peut pas se projeter, on ne sait pas comment et quand on va sortir, on ne sait pas ce qui va nous arriver le lendemain. Une journée dure des années. »

Ces journées, Françoise et Daniel Larribe essayaient de les structurer quand il était réuni dans leur prison à ciel ouvert : « Daniel avait planté un bâton pour essayer de faire un cadran solaire. Entre chaque moment donné, il fallait que l’on fasse telle ou telle chose. Chaque matin, on s’obligeait aussi à dire “on est tel jour”. On n’a jamais perdu la notion du temps. Daniel mémorisait tous les événements qui nous arrivaient, et je pense qu’il a continué à le faire, avec des pierres et des cailloux différents. Un caillou noir pouvait représenter telle chose. On essayait de faire des jeux de mémoire. On n’avait rien, pas de livres, rien pour écrire. Je faisais bien des dessins sur du sable, mais c’était de l’art éphémère. » Plus loin dans l'entretien, Françoise Larribe exprime la résistance dont elle fait preuve aujourd'hui comme elle pouvait le faire dans le désert. « D’une façon différente, reprend-elle. On n’a pas le choix. On n’a que le choix d’avancer. Parce que c’est la vie. Je me rappelle ce que nous disait un professeur : “La vie c’est faire du vélo sur un fil tendu. Il faut avancer, sinon on se casse la figure.” »

Forts de ces paroles, nous allons continuer, Madame Larribe, à avancer chaque jour un peu plus vers la liberté, c'est notre espoir le plus fort à nous tous, continuer à résister, à résister au doute, à l'angoisse, à la peur. J'ose espérer que cette cérémonie d'aujourd'hui à Massillargues-Atuech soit un moment de soutien pour l'ensemble des familles des otages retenus au Sahel mais aussi à tous les otages retenus dans le monde. A ce moment, j'ai une pensée pour la famille Moulin-Fournier libérée le 20 avril dernier en espérant que cette libération en annonce de nombreuses autres.

Aujourd'hui, souhaitons que notre présence, que toutes ces banderoles déployées dans les grandes villes ou les petits villages, que nos paroles, que nos discours, que nos soutiens aux otages et à leur famille traversent les continents jusqu'auprès de Thierry, Marc, Daniel et Pierre et les aident à résister, à supporter leur captivité. Cette banderole restera accrochée, ici, jusqu'à la libération des otages que nous espérons tous très proche.

Pour terminer, je crierai juste « Qu'ils retrouvent la liberté »...

Merci

vendredi 5 avril 2013

A méditer

"Un pays peut se remettre de ses illusions mais pas de ses divisions." François Bayrou