Chers vous tous,
Je tiens à honorer les victimes d'actes terroristes qui ont perdu la vie en 2015. Je tiens à saluer plus personnellement les belles personnes en particulier de Massillargues-Atuech et de Tornac qui nous ont quitté dans l'année 2015 pour certaines très récemment, jeunes et moins jeunes, la perte d'un être cher est toujours difficile à surmonter et je tiens à assurer leurs familles du soutien chaleureux et continu de la commune de Massillargues-Atuech.
« Nous devons apprendre à vivre comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Ce sont par ces paroles de Martin Luther King que j'ai souhaité vous inviter à cette cérémonie des vœux s'ouvrant sur l'année 2016. Martin Luther King avait dit ces mots dans un contexte différent de celui que nous vivons aujourd'hui, différent et finalement si proche. Je vais vous dire un secret, je n'ai jamais eu autant de difficulté à écrire un discours de vœux. L'an dernier, pour ce même événement, l'écriture de mon discours avait été délicate et je ne pensais pas revivre cette situation difficile. Je vous ai dit cela aussi pour le dernier édito du bulletin municipal alors je me dis qu'il faut se reprendre car je n'ai pas fini d'écrire des discours ! Avant de trouver les mots pour remplir cette page blanche, j'ai réfléchi aux pourquoi d'une telle difficulté et j'ai trouvé deux raisons. La première est sans doute que j'ai trop de choses à vous dire, trop d'éléments à partager avec vous. La seconde est que cette année 2015 a été éprouvante localement, nationalement, européennement, mondialement et pour ma part elle a été éprouvante personnellement mais ponctuée de quelques satisfactions et réussites. Alors, je me suis dit comme le chanteur Cali que j'apprécie beaucoup le dit : « c'est la vie quoi » « Il faut me dire / On doit se dire /Tu dois me dire /Est-ce que tu es heureux ? / Il faut me dire / On doit se dire / Tu dois me dire / Allez fais moi rêver / Il faut me dire / On va se dire / Dis moi / Parle moi d’amour / La vie quoi ! » Alors oui, l'année 2015 c'est la vie quoi ! Et c'est cela qui m'a permis de dérouler le fil du discours que je vais vous énoncer ce soir autour de 4 mots. Le premier de ces mots sera la cohérence. Dernièrement, je suis tombée sur une interview vidéo de janvier 2012 et je l'ai comparé à mes paroles d'aujourd'hui et surtout à la situation vécue aujourd'hui. Se rassembler autour de valeurs, rassembler des personnes diverses avec du caractère, défendre ce que l'on pense, respecter ses engagements tout en respectant l'autre. Que pourrais je rajouter ou supprimer aujourd'hui ? Être respectueux du citoyen, écouter ce qu'il a à dire, exprimer qu'un citoyen en assez d'être considéré comme un simple électeur qui met ou pas un bulletin de vote dans l'urne. Est ce que je pourrais dire autre chose aujourd'hui ? La cohérence, voici un mot qui a tout un sens dans la période vécue. Dans les deux campagnes électorales qui viennent de se dérouler, ce sont ces mots que j'ai souhaité mettre en avant : la cohérence et la transparence. A mon avis, les élus politiques nationaux ne doivent pas être aujourd'hui étonnés de certains scores élevés qu'ils soient dans l'abstention ou dans l'extrême droite, quand ils n'ont pas été capables de prendre en compte l'appel à l'aide de certains, quand ils n'ont pas été capables de réfléchir en commun avec des élus locaux sur l'aménagement de leur territoire en lien avec les populations qui y vivent, quand ils n'ont pas été cohérents dans leurs choix politiques délaissant d'éducation, de culture, de services publics, de vie associative des quartiers populaires et des territoires ruraux créant par là même des inégalités de territoire qu'il faut aujourd'hui et demain, sans tarder et en urgence rééquilibrer. La cohérence c'est ce qui a guidé le conseil municipal à la majorité pour rejeter le projet préfectoral de passage d'Alès Agglomération de 50 communes à 75. Comme en 2011, l’État n'a donné aucune donnée fiscale, financière, budgétaire et de gouvernance pour un tel projet et de plus, comme en 2011, le coup de crayon s'est fait dans des bureaux préfectoraux sans lien avec le territoire et les populations. Cohérence, j'en ai fait preuve quand j'ai décidé, après avoir consulté ma famille et mon équipe municipale, de me présenter aux élections départementales en mars 2015 et aux élections régionales en décembre 2015. Penser local et agir global : ma devise dans ma fonction d'élue. Partir des initiatives citoyennes et/ou des expériences locales pour les reproduire à une échelle plus générale, voici l'objectif qui a été le mien pour ces deux élections relié toujours à l'idée qu'aucun territoire ne doit être laissé pour compte. Engagement J'ai été élevée dans une famille où les valeurs républicaines « Liberté, Égalité, Fraternité » étaient omniprésentes. J'ai grandi dans une famille où la tolérance, l'aide et l'engagement envers les autres n'étaient pas des vains mots. Alors, la vie vous donne des coups parfois, souvent mais quand ces valeurs sont là, bien accrochées en soi, elles guident chaque jour, au quotidien vos choix et vos engagements et j'en suis fière. Alors, comme ce soir, j'aurai pu vous parler des réalisations de l'équipe municipale dans l'année 2015, j'aurai pu vous parler du formidable spectacle du CirkVost, j'aurai pu vous parler de la disparition de notre Poisson symbolisant tant de choses du passé, j'aurais pu vous parler de la baisse des dotations de l’État et des répercussions sur les finances locales, j'aurais pu vous parler des difficultés vécues dans une vaste communauté d'agglomération, j'aurais pu vous montrer le poste « charges de personnel » pour vous dire l'importance et la qualité du travail effectuée par les agents communaux, j'aurais pu vous parler d'évacuation de camping en pleine nuit, j'aurais pu vous parler des très belles expositions et réalisations des enfants dans le cadre des Temps d'Activités Périscolaires et de la garderie Périscolaire, j'aurais pu vous parler des inondations de 2014 pour lesquelles nous n'avons toujours pas perçu les subventions définitives, j'aurais pu vous parler des rumeurs sur la gestion municipale alors que parfois, c'est si simple de venir au secrétariat de Mairie ouvert 26h par semaine au public (et même parfois plus!) juste pour avoir la réalité des faits, j'aurais pu vous parler du départ à la retraite de notre secrétaire de Mairie Florence Julian (bonne retraite!) et de son remplacement par Brigitte Vauthier, (bienvenue), j'aurais pu vous parler des excellents repas en filière courte, à majorité bio dégustés avec plaisir par les enfants, j'aurais pu vous parler des retards de paiement d'Ales Agglomération envers nos petits producteurs locaux approvisionnant cette même cantine où Serge et Danielle préparent ces excellents repas, j'aurais pu vous parler des jolis mariages célébrés en 2015, j'aurais pu vous parler du Cross Country et du formidable championnat de France de Cross Sport Adapté autour du plan d'eau d'Atuech qui donne une vraie leçon de vie, j'aurais pu vous parler du Festival de BD et de son public toujours présent, j'aurais pu vous parler de la fête du 13 juillet, j'aurais pu vous parler de cette salle occupée tous les soirs par des activités associatives, j'aurais pu vous parler de tant de choses (et j'ai dû en oublier) mais en fait j'ai juste envie de vous parler d'engagement, de l'engagement associatif qui permet à notre commune d'être dynamique et reconnue, de l'engagement du service public de nos fonctionnaires territoriaux, de l'engagement professionnel des acteurs économiques de notre commune, de l'engagement citoyen de tous, et plus particulièrement j'ai envie de remercier l'engagement de votre conseil municipal, de vos élus qui, au quotidien, n'ont qu'un objectif celui de rendre meilleur la vie à M-A. Alors, parfois, le temps est long pour que les projets deviennent réalité, c'est vrai mais souvent c'est parce que les procédures et les normes pour une collectivité locale ne sont pas les mêmes que celles pour les particuliers. Alors parfois, aussi, il y a des erreurs mais qui ne fait jamais d'erreurs, celui qui ne fait rien et celui qui ne fait rien n'est pas un conseiller municipal. Là aussi, la chance dans notre village est d'avoir des élus voisins, des copains, bon parfois des ennemis mais on est quand même capable de se parler. Alors, là aussi rien de plus simple, rien de plus net que d'aller discuter, échanger en positif ou en négatif (n'oubliez jamais quand même que rien n'est totalement négatif, il y a quand même un peu de positif et il faut parfois le dire!!!), vous verrez que la vie en communauté avec des échanges respectueux c'est la vie quoi ! Je voudrais donc ici saluer l'ensemble des élus municipaux et les remercier chaleureusement ainsi que leur conjoints, leurs enfants et leurs familles car l'engagement citoyen d'un élu c'est l'engagement citoyen de toute une famille. Merci à vous ! Pour ma part, cette année, au gré des campagnes électorales, j'ai croisé et rencontré de nombreuses personnes qui ont appuyé et réaffirmé l'engagement qui est le mien pour l'intérêt général et le service aux autres. Ce sont ces yeux pleins d'espoir, ce sont ces paroles de perte de repères, de peur mais d'envie de surmonter cette peur, ce sont ces poignées de mains chaleureuses, ces bises enthousiasmantes qui m'ont aidé à affronter des moments difficiles, des moments délicats, des moments de doute. Je salue donc tous ces visages de Beaucaire, de St Gilles, du Cailar, en passant par Nîmes, par Pont St Esprit, par la Bastide d'Engras et en remontant par Chamborigaud, Génolhac, Colognac, Lasalle, Cros et en descendant sur Alès, St Jean du Pin, St Christol les Ales.... et M-A ! Merci à vous tous, anonymes, militants et amis !
Autre mot, le territoire. Alors, là toute une histoire ! Un territoire, çà bouge mais nous, M-A, on peut dire que çà bouge vraiment ! Au 1° janvier 2013, fusionnée de force dans Ales Agglomération (AA) car c'était notre bassin de vie ! Et au 1° janvier 2015, intégrée dans un canton avec pour chef de lieu Quissac car c'était notre bassin de vie ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Et puis, on nous annonce un nouveau Schéma Départementale de Coopération Intercommunal qui ferait passer AA de 50 à 75 communes avec en surplus, la compétence Éducation prise par AA au 1° janvier 2015, tu parles que j'avais de nombreuses choses à dire ce soir ! Sur ce point, je n'en dirai pas plus, m'étant exprimé à plusieurs reprises sur cette prise de compétences dénudant un peu plus la commune. Dans l'interview vidéo auquel je faisais référence dans mon chapitre cohérence, j'indiquais qu'avec la réforme territoriale, à la fin, je cite « nous aurions juste le rôle de pouvoir changer une vitre à l'école. » Et bien, je vous dirais ce soir, qu'au final nous n'avons même plus cette possibilité-là ! Alors quand on a dit çà, qu'est ce qu'on fait ? On reste ainsi à ruminer, à se poser des questions, à douter ou vu qu'on n'en a la possibilité, on réfléchit et on travaille sur ce qui existe à côté. C'est ainsi que le conseil municipal de M-A avec celui de Tornac, dans le même positionnement que nous aujourd'hui, nous avons décidé de rencontrer nos partenaires, ceux d'AA car même si nous ne sommes forcément en accord sur tout, on sait travailler en intelligence, et ceux de Piémont Cévenol ainsi que le représentant de l’État. Nous avons mis cartes sur table, en expliquant que nous avions la possibilité, dans le cadre de cette réforme territoriale de réfléchir avec nos populations à l'avenir de nos communes. Je dis bien avec nos populations car nous restons cohérents, ce que nous avons défendu en 2010 était une concertation des populations, en 2016, il est pour nous évident que les populations doivent être informées et concertées. Après avoir pris les informations de toutes parts, nous vous proposons de vous les apporter et d'échanger ensemble sur cette décision à prendre collectivement. Une réunion publique aura lieu sur M-A le 16 janvier à 10h30 et sur Tornac le 22 janvier. A l'issue des retours de ces rencontres et des compléments d'informations dont vous auriez besoin, nous vous proposerons de répondre à la possibilité de sortir d'Alès Agglomération pour intégrer la Communauté de Communes Piémont Cévenol sous contrôle d'huissier. Je tiens à insister sur le fait que nous souhaitons vous apporter des informations et des réponses à vos questions objectives. J'ai pu dans ce discours parler de situations concrètes vécues aujourd'hui à AA, j'en fais une totale abstraction dans la décision qui sera la nôtre prochainement car nous connaissons réellement un fonctionnement, nous ne connaissons pas de la même manière celui de Piémont Cévenol. Nous ne pouvons pas comparer du réel à du théorique. Les Conseils Municipaux ont besoin de vous comme d'aide à la décision et je souhaite vivement que vous soyez des acteurs de l'aménagement de votre territoire. Poursuivant sur ce point-là, acteur de l'aménagement du territoire, vous l'êtes aussi dans l'élaboration du PLU Gard Durable. Depuis le début de l'année 2015, des ateliers élus et citoyens ont eu lieu. Une réunion publique aura lieu ce mardi à 18h30 sur le diagnostic de la commune.
Sur ces deux questions en particulier, des choix vont et devront être faits. Choisir n'est jamais facile à faire « choisir c'est renoncer » c'est pourquoi pour ma part, je tente au maximum d'avoir des éléments concrets, des réponses à des problématiques au maximum cohérentes les unes avec les autres.
Pour terminer, mon discours va prendre une tournure plus personnelle, plus individuelle (moi qui défend le collectif) mais il semble important de le faire et je me dis que vous êtes aussi un peu là pour çà. Tout à l'heure, je vous parler de ma famille et vous savez tous l'importance que celle-ci a pour moi. Je vous disais que j'avais été élevée dans les valeurs de la République, de la laïcité et de la mixité sociale. Je viens et là aussi c'est important pour moi de le dire de l’Éducation Populaire. En 2015, nous avons vécu de terribles événements, il me semble que la communication autour de ces événements n'a pas été faite à sa juste hauteur. Voir en boucle sur les chaînes d'information en continu des images choquantes sans réelle analyse journalistique car il ne peut pas y en avoir dans des situations d'une telle ampleur. On veut toujours que tout aille vite, on voudrait connaître l'identité des coupables tout de suite mais il faut du temps. Il en est de même pour les réactions face à ces événements. Décréter un deuil national et un état d'urgence rapidement, cela est logique. Par contre, il faut faire attention de ne pas être en état d'urgence éternellement. Voter par exemple en état d'urgence et donner aux Maires les responsabilités pour gérer cette situation-là me semble dangereux. Il en de même sur le fait de faire valider le principe de déchéance de nationalité pour les coupables d'actes terroristes alors que tout le monde sait que ceci n'aura aucune conséquence sur la gestion des terroristes. C'est faire jeter de l'huile sur le feu là où on voit qu'il n'est pas nécessaire d'en jeter. Je suis consciente que la situation actuelle de la France est extrêmement délicate à gérer mais je comprends aussi qu'il n'est pas nécessaire, à cette période charnière, d'envenimer les situations et les relations humaines et politiques. Plus localement, je veux, à ce moment-là, faire une mise au point sur la situation que j'ai vécu lors du drame sur Massillargues. Je remercie les journalistiques qui ont fait leur boulot de journalistique, qui ont travaillé de concert avec les inspecteurs. Je défends et je défendrai toujours la liberté d'expression par contre, je dis que ce n'est pas beau, les rumeurs, les paroles dites ici et là, sur les réseaux sociaux par exemple mais qu'on laisse travailler les policiers, les gendarmes. Vouloir être forcément le premier qui dira ce qui s'est passé sans jamais savoir ce qui s'est réellement passé. Et là aussi, je dis peu importe les causes et les événements, la mort de cet adolescent de 14 ans est un drame et restera un drame.
Ensuite je voudrais remercier chaleureusement les électeurs qui m'ont fait confiance lors du 1° tour des élections départementales et ceux qui m'ont renouvelé leur confiance lors des élections régionales en votant pour les listes sur lesquelles j'étais candidate. Merci à vous ! A l'issue du 1° tour des élections départementales, avec ma suppléante, dans un communiqué de presse, nous avions indiqué que lors de cette campagne, grâce à notre présence sur le terrain et aux échanges avec les citoyens, nous avions entendu de la colère, de la détresse mais aussi de l'espoir. Il y a un temps pour réfléchir sur les échanges entendus lors de la campagne électorale, il y a un temps pour analyser les résultats et surtout les causes ayant engendré le très fort score du FN sur le canton de Quissac. Nous insistions sur l'obligation de cette analyse et notre présence pour le faire dès le lendemain du 2° tour. Rien n'a été fait et nous avons eu le résultat que nous pouvions prévoir lors des élections régionales sur le Gard. Pour ma part, je ne jette la pierre à personne, chacun assume les choix qu'il fait. Je dis juste que je ne comprends pas. Ce que je peux comprendre c'est le désespoir, la détresse. Après mettre un bulletin de vote d'extrême droite dans une urne, je ne le comprends pas. Je connais le discours « on a tout essayé alors pourquoi pas ? » et là, je réponds que c'est aux élus politiques de vous démontrer qu'on peut faire de la politique autrement avec humanité, avec respect en partenariat avec les populations et en toute transparence et moi, c'est l'objectif que je me suis donnée pour ce mandat régional. Pour conclure définitivement ce discours et pour les 15 ans de mon entrée de ma vie publique (çà fait beaucoup!!), je voudrais exprimer ma reconnaissance à toutes les personnes rencontrées au gré de mes aventures, à celles qui m'ont propulsé sur le devant de la scène publique, à celles avec qui nous avons, nous allons continuer à réfléchir, à travailler, à agir dans l’intérêt général, à celles qui ont fait des choix différents des miens et des choix que sans aucune animosité aujourd'hui je respecte. Je ne vais pas toutes les citer car je suis certaine que je pourrai en oublier, il y en a certaines et beaucoup dans la salle, soutiens de la première heure, il y en a qui n'ont pas pu être présentes ce soir et il y en a là-haut aussi penchées sur leur nuage et qui doivent bien sourire du chemin parcouru de la petite Aurélie dans son landau. Je ne renierai rien ni personne, je ne renierai jamais ces personnes qui m'ont permis d'accéder à cette noble fonction de Maire et qui m'ont permis lundi dernier de m'asseoir pour la première fois dans un fauteuil du Conseil Régional LRMP. Merci à elles.
Tout d'abord, je souhaite une bonne et heureuse année à vous ma famille, Timoté, Sélène, Clélia, mon chéri, mes parents, merci d'avoir été là dans cette éprouvante année et d'avoir su supporter jusqu'à aujourd'hui une épuisante Aurélie qui a des projets plein la tête et qui tente de les mener à bien jusqu'au bout. A vous tous, à vos familles et à ceux qui vous sont chers, au personnel et au conseil municipal de Massillargues-Atuech et plus généralement à notre commune, à ses acteurs associatifs et économiques, je souhaite une année 2016 riche d'humanité, riche de cohérence, riche d'engagements à tous niveaux, riche de respect envers les autres, riche de choix qu'il faut assumer, riches de reconnaissance, riches d'un simple merci, riche d'un simple je t'aime, riche de petits riens et de grands touts, riche de nous tous et riches de petits plaisirs, riche de la vie quoi !
Il y en a qui disent Vive la France, vive la République pour clôturer leur discours, pour ma part, j'ai juste envie de lire ces belles paroles de Jean Ferrat : « De plaines en forêts de vallons en collines / Du printemps qui va naître à tes mortes saisons / De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine / Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson... Ma France. Cet air de liberté au-delà des frontières / Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige / Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige / Elle répond toujours du nom de Robespierre... Ma France. Picasso tient le monde au bout de sa palette / Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes / Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes / De dire qu'il est temps que le malheur succombe... Ma France. Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une / Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs / En remplissant l'histoire et ses fosses communes / Que je chante à jamais celle des travailleurs... Ma France. Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches / Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien / Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche / A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain... Ma France. Qu'elle monte des mines descende des collines / Celle qui chante en moi la belle la rebelle / Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines / Celle de trente-six à soixante-huit chandelles et même 2016... Ma France »
Je vous invite à lever le verre de l'amitié pour l'avenir positif de notre commune et de ses habitants...
mardi 12 janvier 2016
lundi 16 novembre 2015
Simplement... HOMMAGE...
Aujourd'hui,
réunis devant la Mairie au fronton de laquelle est inscrit
« Liberté, Egalité, Fraternité », je vais emprunter
les mots d'un inconnu, Kamil Abderrahman, pour honorer les inconnus
qui ont perdu la vie, qui ont été blessés et les famille
endeuillées et perdues au moment où je vous parle :
Bonsoir
a toi le "terroriste",
À
toi l'homme mort déchiqueté par l'action de ton propre pouce et qui
nous laisse tous orphelin ce soir.. Orphelin de toutes ces personnes
qui sont mortes hier, orphelin de ceux qui vont mourir demain à
cause de tes frères d'ignorance. Orphelin de ma religion, que tu
nous voles un peu plus chaque jour, en introduisant par la terreur,
une image négative de l'islam dans les consciences des gens à
travers le monde. Orphelins de certains de mes amis que tu as réussi
à convertir au racisme, par tes actes barbares que tu justifies par
ton amour pour dieu, mon Dieu !
N'y
a t-il rien qui t'interpelle? Ton cerveau serait-il devenu si vide
aujourd'hui pour que tu traduises cet amour en assassinant des
innocents?
Que
se passe-t-il?
Il
y a encore peu de temps, tu étais ce petit enfant en lequel sa maman
croyait et rêvait de voir avec une robe d'avocat ou une blouse de
médecin pour la sortir du quartier et de la misère dans laquelle
elle vit. Ce soir, tu as détruis les rêves de ta mère et tu
détruis chaque jour un peu plus les miens et ceux de tous les
musulmans qui peuplent cette terre. N'aimes tu donc plus ta mère?
Tu
détournes égoïstement les principes de ma religion, en pensant que
rejoindre un groupe terroriste en Syrie te laverait de tous tes
péchés d'adolescent dealer et ignare qui cherche un sens à sa vie.
Penses
tu vraiment que Dieu t'attende les bras grands ouverts avec des
centaines de vierges dans des jardins plus que tout ce qui existe sur
terre pour t'être fait exploser au milieu de ces innocents?
Qu'ont-ils à voir avec tout cela? Qui es-tu vraiment?
Dans
quel verset Dieu t'appelle-t-il à devenir lâche et endosser les
cornes du diable pour féliciter ta reconversion facile de petit
délinquant rebelle en découpeur de tête?
Enfin
ce soir, je suis aussi Orphelin du mot "Djihad", qui à la
base parle de bataille contre soi-même pour devenir un homme
meilleur. Ce noble mot que tu as réussi à t'accaparer au su et à
la vue de tous et qui doit sûrement t'aider à te persuader que dans
le fond tu es vraiment un musulman en croisade vu qu'aujourd'hui la
terre entière te nomme de la sorte..
Finalement
je suis aussi triste pour toi ce soir, triste que tu n'aies jamais
vraiment lu le coran, que tu n'aies jamais su que le suicide ou le
fait de tuer des gens sont des actes plus que prohibés dans la
religion et que le mot "Islam" lui-même, vient de
l'étymologie du mot "Salaam" qui signifie "paix"
alors comment as-tu fait pour faire de la fin de ta vie un cocktail
de ces deux horribles mots pour devenir un kamikaze ?
Enfin
je sais qu'en ce moment même tu es en train de payer pour tes
innommables péchés. Pour ton ignorance et ton ego surdimensionné
qui t'ont laissé croire que tu pouvais te prendre pour dieu le temps
d'un soir, juger à sa place, décider de qui avait le droit de vivre
ou non ce vendredi 13 novembre 2015 à Paris et pire que tout,
justifier tes meurtres en son nom..
J'aurais
aimé te poser toutes ces questions avant que tu ne deviennes
l'horreur humaine incarné mais ce soir je ne te souhaite que le plus
sombre des enfers.
Un
stade, le Stade de France, une salle de spectacle, le Bataclan et puis
la rue, des rues comme celles qu'on a l'habitude d'emprunter.
Les
personnes qui ont perdu la vie vendredi soir étaient dans des lieux
de vie, de convivialité, de distraction, des lieux du vivre
ensemble. Alors, oui, il y a le moment du choc, du désappointement,
des larmes et puis de la peur. E c'est normal d'avoir peur mais après
il faut dépasser la peur, certains y arrivent plus facilement que
d'autres mais il faut dépasser la peur pour avancer, rester debout.
Il y a le temps du recueillement et nous le vivons aujourd'hui, il y
a le temps du deuil, un deuil national décrété par Le Président
de la République jusqu'à mardi inclus et puis il y a le temps de
repartir. Repartir sans oublier bien sûr mais repartir pour montrer
qu'on est là, debout. Reprendre les activités, celles du vivre
ensemble. Ne pas rester dans la peur, ne pas rester dans la peur de
vivre, dans la peur des autres, dans la peur de l'Autre. Ne pas
stigmatiser comme certains souhaiteraient que cela se produise.
Aujourd'hui, l'ensemble de la Terre est touché, peu importe sa
religion et peu importe sa nationalité.
J'ai
tenu à ce que les symboles de la République soient présents, la
devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité »,
le drapeau en berne et la Marianne qui, exceptionnellement
aujourd'hui, est sortie des murs de la Mairie et puis une simple
lumière, la lumière de l'espoir, la lumière de la vie.
En
hommage aux 132 morts dernier bilan, en hommage aux victimes se
battant pour la vie sur des lits d'hôpital, en hommage aux victimes
dans leur corps et dans leur cœur, en soutien aux familles
endeuillées, anéanties, en remerciement aux policiers, aux
pompiers, aux hospitaliers, à tous ceux qui ont mis leur vie et leur
abnégation au service de tous, je vous demande de respecter une
minute de silence
mercredi 11 novembre 2015
Commémoration du 11 novembre
En ce 11 novembre 2015, je
tiens tout d'abord à m'adresser à vous, Céleste Taillardat,
Alexandre Bocquet, Camila Munoz et Imanol Chatron pour vous remercier
de la lecture de ces textes, textes forts, poignants et qui prennent
une valeur symbolique intense lus par vous.
Céleste et Alexandre ont
lu une lettre de Poilu, Eugène.
Camila a énoncé les mots
de l'écrivain allemand Erich Remarque tirés de son roman « A
l'Ouest, rien de nouveau » paru en 1929 et qui décrit la
Première Guerre mondiale vue par un jeune soldat volontaire allemand
sur le front ouest. Symbole du pacifisme allemand, le roman devient
rapidement un best-seller et est suivi d'autres romans aussi
importants. En 1930, Erich Remarque sera pourchassé par les nazis en
raison de son pacifisme. Il émigrera alors en Suisse puis aux États
Unis. Lors des autodafés allemands de 1933, avec des dizaines de
milliers de livres, ceux d'Erich Remarque seront publiquement jetés
au bûcher par des étudiants, des enseignants et des membres des
instances du parti nazi.
Imanol a lu, quant à lui,
un texte de Roland Dorgelès tiré du roman « Les croix de
bois » paru en 1919 et qui narre le quotidien des soldats de
l'armée française pendant la Première Guerre mondiale. Le titre de
ce roman fait référence aux croix de bois qui se trouvaient le long
des chemins du front, croix de bois faites à la va-vite, et posées
au-dessus des cadavres de soldats allemands ou français. Soldats
inconnus, jeunes soldats, c’est en leur hommage que Roland Dorgelès
écrit ce livre, c’est pour leur souvenir, leur mémoire.
Merci à vous quatre de
m'avoir donné l'occasion de reparler de ces hommes, témoins ou
narrateurs de cet événement tragique que fut la première guerre
mondiale qu'on appelait la Der des Der. Merci à vos enseignants,
Kathy Desplan et Eric Bastide d'avoir mis à égalité en ce jour de
commémoration un simple inconnu, un Poilu, Eugène et deux écrivains
allemand et français, deux écrivains de nationalité différente et
pourtant deux écrivains combattant la même chose, la barbarie de la
guerre et témoignant pour le souvenir d'atrocités qu'on ne voudrait
jamais voir se reproduire.
Depuis que je suis Maire,
cela est la première année que des enfants de l'école participent
ainsi à cette commémoration et vous ne pouvez vous imaginer
l'émotion que cela revêt pour moi. 101 ans après, quel symbole que
vous rappeliez ces atrocités pour ne jamais oublier ?
Dimanche 28 mars 1915,
l'hebdomadaire illustré Le Miroir indique « Nouveau
bombardement d’Arras, capitale du Pas de Calais, avec des obus de
tout calibre. Un commencement d’incendie a été rapidement éteint.
Nos pionniers progressent à la Boisselle. En Argonne, jets de bombes
de part et d’autre. En Alsace, nos gains sont caractérisés... Les
pertes ennemies sont considérables. Nous avons abattu un avion
allemand qui survolait la région de Manonvillers et capturé le
pilote et l’observateur. »
Dimanche 28 mars 1915,
Auguste Mignot, directeur d'école durant les années de guerre à
Villers Marmery, commune viticole de la Marne, relate : « 28
mars 1915 / 8 heures Nous avons de nouveau établi notre dortoir dans
la cuisine. Espérons que ce sera seulement pour une nuit.
18 heures / Pour
échapper à un bombardement éventuel, nous partons promener dans la
forêt à 14 heures. Beaucoup de personnes ont fait comme nous et
tous se promettent de ne rentrer qu'après l'heure à peu près
habituelle de la cessation du feu. Nous entendons beaucoup de
canonnade. Il paraît que c'est Verzenay qui reçoit. On se demande
dans quel état sera ce pauvre bourg. »
Dimanche 28 mars 1915,
tout près d'ici, à Atuech, est en train de naître Franck GENOLHER
que certains d'entre vous ici connaissaient, mon grand père. Il y a
100 ans, cela peut sembler loin, très loin pour vous, Céleste,
Alexandre, Camila et Imanol. Pour moi, cela semble près. Mon grand
père est décédé à l'âge de 91 ans, un bel âge paraît-il et
moi, il m'a fallu faire ce discours aujourd'hui pour me rendre compte
qu'il y a 100 ans qu'il naissait. Quand on a des personnes chères à
son cœur à côté de soi, en pleine forme malgré un âge avancé,
on ne se rend pas compte des années qu'ils ont vécu souvent très
souvent des années dramatiques. C'était le cas pour mon grand père.
Je le voyais fort, indestructible et je n'ai pas forcément pris le
temps de lui parler des souvenirs de sa petite enfance, des souvenirs
de l'âge adulte, il avait 30 ans à la fin de la deuxième guerre
mondiale, de ces rappels de la résistance, du maquis.
Dimanche 28 mars 1915, des
bombardements à Arras, des risques d'obus à Villers Marmery, des
attaques à Verzenay et un bébé à Atuech. C'est cela la vie :
des joies et des peines, des rires et des larmes, c'est cela la vie !
J'ai tenu précisément
aujourd'hui, en vous parlant de la naissance de mon grand père dans
le courant de l'année 1915, année la plus meurtrière de la
Première Guerre Mondiale, donner un peu plus de relief, de concret à
cette cérémonie officielle. En effet, après les commémorations du
11 novembre, il n'est pas rare que les journalistes posent la
question de l'importance d'une commémoration quand le dernier Poilu
est mort et que certains ont la sensation que ces guerres ne se
reproduiront plus. J'ai donc voulu concrètement montrer que la
première guerre mondiale n'est pas non plus si loin d'aujourd'hui.
101 ans qu'est ce que cela représente à l'échelle de l'humanité ?
Pas grand chose. J'ai donc voulu concrètement vous dire de ne pas
hésiter à parler à vos Aînés, à vous rappeler avec eux de ceux
qu'ils ont vécu pour vous souvenir à votre tour et passer
l'histoire, la vôtre, l'histoire familiale et puis l'Histoire avec
un grand H. J'ai donc voulu concrètement vous inviter à être
vigilant. J'ai voulu concrètement vous proposer de vous souvenir, se
souvenir de ce passé pour qu'il ne se reproduise jamais. Je souhaite
montrer que les commémorations du 11 novembre sont nécessaires et
utiles à notre devoir de mémoire.
Quand je vois des images à
la télévision dénigrant l'Autre, quand j'entends des paroles
grossières, outrageantes d'hommes ou de femmes politiques, quand je
vois des élus Maires utiliser leur fonction pour fabriquer de toute
pièce un bulletin municipal de la honte, je me dis que ces journées
comme aujourd’hui doivent perdurer le plus longtemps possible pour
se souvenir de ce qui a engendré ces horreurs et ces barbaries.
1 400 000 morts, 740 000
invalides, 3 000 000 de blessés, des centaines de milliers de veuves
et d'orphelins. Ce Monument aux Morts devant lequel nous nous
inclinons aujourd'hui rappelle le souvenir de nos valeureux Aînés
tombés. Dans le souvenir de leurs épreuves et de leur glorieux
comportement, conservons à cette commémoration du 11 novembre 1918,
la réelle dimension que nul n'a le doit d'effacer, d'amoindrir ou
d'ignorer. Ils se sont battus pour un idéal de paix, de liberté et
de fraternité. Ils sont morts pour la France !
Pour conclure,
j'emprunterais les paroles de Robert Goldman pour parler de ce devoir
de mémoire et de nos villages comme le nôtre, touché, bombardé,
orphelin de ses enfants mais qui, plus fort que tout, s'est relevé
de ses cendres, gardant le souvenir de ses luttes et de ses
résistances...
Il ne me reste que des
larmes, ces quelques notes venues d'autrefois et le chant de nos
prières, nos cœurs qui espèrent et le vide sous mes pas.
Il ne me reste que les
cendres de mon village plongé dans le silence.
Je ne suis qu'une
blessure, un cœur sans armure. Comment survivre après ça ?
Mais je suis là, je
n'oublie pas dans mon village balayé par l'histoire...
Je me souviens du rire
des enfants, la voix des hommes quand ils partaient aux champs, les
fêtes des moissons, l'odeur dans les maisons, les éclats d'amour et
de joie.
Mais je suis là,
n'oubliez pas. Effacée des cartes et des mémoires.
Quand ils sont arrivés,
cachés derrière leurs armes, ils étaient des milliers, ils riaient
de nos larmes !
Ils ont voulu détruire
nos croyances et nos âmes avec des mots de haine que l'on ne
connaissait pas.
Je suis ici ce soir au
milieu de ces ruines pour vous parler d'espoir et vous chanter la
vie. Et je fais le serment quand séchera le sang de reconstruire ma
ville bien plus belle qu'avant
Mais n'oubliez pas !
Depuis quelques années,
tous les « morts pour la France » hier dans la Grande
Guerre, dans la Seconde Guerre Mondiale, dans les guerres de
décolonisation, aujourd'hui, dans les opérations extérieures sont
désormais réunis dans le souvenir et l'hommage de la Nation. Ne pas
les oublier et transmettre le message mémoriel aux jeunes
générations est notre devoir et relève de notre responsabilité
collective.
En mémoire de nos morts
pour la France, en mémoire de tous nos ancêtres, en mémoire de nos
Aînés, des miens et des vôtres, en mémoire de ceux qui sont
revenus sans jamais en parler et sans jamais oublier, en souvenir de
ceux qui y sont morts, en mémoire de nos soldats en combat au moment
où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde
et en France, en mémoire de ceux qui font tout au prix de leur vie
pour passer des frontières ou pour traverser des océans et des
mers, en mémoire d'Aylan et de tous les Aylan, en mémoire de ceux
qui fuient leur village pour leur survie, en mémoire d'André
Glucksmann, militant antitotalitariste et fervent défenseur des
Droits de l'Homme, en mémoire d'Helmut Schmidt, ex chancelier de
l'amitié franco allemande, je vous demande de respecter une minute
de silence.
mercredi 4 novembre 2015
Mon édito de l’automne 2015
Il y a parfois des moments où il est
difficile de trouver l'inspiration. On réfléchit, on tourne, on
vire et puis le blanc total. Souvent, cela vient du fait qu'on est
pris par autre chose, par d'autres événements.
Et puis, hop, l'inspiration arrive par
une image, par un souvenir, par un manque, par une absence.
Ce n'est pas la première fois que
l'inspiration ne me vient pas facilement mais jusqu'alors, j'avais
une petite voix qui me rassurait: « Ne t'inquiète pas,
Aurélie, tu vas trouver l'idée... Dis, tu me feras lire après? »
Aujourd'hui, cette petite voix n'est plus là et l’inspiration est
restée muette plus longtemps que d'habitude...
En quelques semaines, j'ai accompagné
à leur dernière demeure des personnes qui symbolisaient mon
enfance. Tout d'abord, une amie d'enfance et d'adolescence qui avait
mon âge et qui a été emportée subitement laissant un mari et un
fils esseulés. Et puis dernièrement ma grand mère. Vous savez, une
grand mère, celle à qui on ose tout dire sans crainte de
représailles, celle qu'on fait tourner en bourrique pour qu'elle
fasse ce que vous avez décidé de faire. Moi, en plus de tout ce que
symbolise une grand mère, la mienne était aussi une seconde Maman
avec laquelle j'avais grandi jour après jour, une seconde Maman qui
me soutenait quand mes premiers pas étaient encore fragiles, une
seconde Maman qui calmait mes angoisses et mes peurs, une seconde
Maman qui était là tout simplement.
Aujourd'hui, ces deux absences me font
réaliser que mon enfance s'envole, que les souvenirs d'insouciance
de cette époque se dissipent.
Alors, je ne vais pas être
nostalgique juste, peut être un peu philosophique.
J'ai envie dans cette édito en
m'appuyant sur ces pertes et ces absences m'exprimer pour les enfants
et pour les jeunes :
- en leur disant de ne pas vouloir grandir trop vite comme on peut en avoir envie dans ces années-là,
- en les invitant à profiter de chacun des instants de ces périodes même s'ils ont la sensation que tous les adultes ne les comprennent pas et même s'ils pensent être plus forts que tout
- en leur proposant de défendre leurs idées, de décider de leur avenir, d'oser et de parfois prendre des risques
En fait je voulais m'adresser aux
enfants et aux jeunes mais je me rends compte que ces préceptes
peuvent être appliqués à tous les âges.
Alors, moi, c'est décidé pour faire
honneur à mes grands parents qui ont vécu des moments douloureux,
atroces dans certaines périodes de l'Histoire, je vais avancer, oser
et parfois prendre des risques pour défendre les idées et les
valeurs qu'ils m'ont transmises.
Il ne faut rien regretter et tout
tenter !
Au revoir mon enfance...
dimanche 12 juillet 2015
vendredi 8 mai 2015
Mon discours du 8 mai
« La guerre est gagnée ! Voici
la Victoire ! C'est la victoire des Nations unies et c'est la
victoire de la France ! L'ennemi allemand vient de capituler devant
les armées alliées de l'Ouest et de l'Est...
Tandis que les rayons de la gloire
font, une fois de plus, resplendir nos drapeaux, la patrie porte sa
pensée et son amour d'abord vers ceux qui sont morts pour elle,
ensuite vers ceux qui ont, pour son service, tant combattu et tant
souffert ! Pas un effort de ses soldats, de ses marins, de ses
aviateurs, pas un acte de courage ou d'abnégation de ses fils et de
ses filles, pas une souffrance de ses hommes et de ses femmes
prisonniers, pas un deuil, pas un sacrifice, pas une larme, n'auront
donc été perdus ! »
Il est 15h le 8 mai 1945 lorsque le
Général de Gaulle sur les ondes fait cette déclaration. En même
temps, les cloches des églises retentissent dans toutes les communes
de France.
Lors d'une commémoration des 70 ans
de la libération du camp de concentration de Dachau, devant les
derniers déportés encore en vie, la chancelière allemande Angela
Merkel a appelé « à ne jamais fermer les yeux » en
insistant sur le devoir que nous avons de ne jamais fermer les yeux
ou les oreilles face à ceux qui injurient, menacent ou agressent
ceux qui disent qu'ils sont juifs »
Ne jamais fermer les yeux ni les
oreilles et garder bien intact les souvenirs d'histoire de notre
enfance : une crise importante, des gens qui ne croient plus en
rien ni en personne et Hitler qui, tranquillement, arrive au pouvoir.
Toute commémoration du 8 mai ou du 11
novembre est particulière. Cette année, 70 ans après, suite aux
attentats dans les locaux de Charlie Hebdo, suite aux événements
dans l'hypermarché Casher, suite à l'attentat raté envers une
église et suite au décès d'Aurélie à Villejuif, cette cérémonie
prend une connotation douloureuse et accablante. Je sais que vous ne
m'en voudrez pas d'insister sur l'ensemble de ces points. La peur de
l'autre est le point commun à ces tragédies. La peur de l'autre, la
peur de ses crayons, la peur de ses stylos, la peur de sa liberté
d'expression, la peur de sa religion, la peur de sa liberté de
conscience, les peurs en tout genre engendrent ces tragédies
humaines.
Je comprends que les gens aujourd'hui
soient perdus comme ils pouvaient être perdus avant la deuxième
guerre mondiale cependant il faut se souvenir toujours de ce que la
peur de l'autre, la peur de sa religion, la peur de sa couleur
peuvent engendrer si nous n'y prenons pas garde. Ici, près des
Cévennes, cette peur de l'autre, cette peur de religion rappelle là
aussi un autre événement historique dont nous célébrons en 2015
le tricentenaire de sa fin : la guerre des Camisards. Même
cause, même effet ! Cette guerre des religions, ses causes, ses
conséquences et l'air de liberté qu'elle a insufflé sont
essentiels pour notre territoire et surtout sont essentiels pour
notre liberté de conscience.
Un choc moral sans précédent, la
stratégie de la terreur, la découverte incessante de nouveaux
charniers, le désarroi face à l’étendue des souffrances,
l’incompréhension devant l’horreur de l’univers
concentrationnaire et le sentiment d’épouvante attaché à la
conscience progressive du génocide expliquent la violence, la
profondeur et les effets durables du choc moral provoqué par la
deuxième guerre mondiale.
Les années de guerre ont appris à
vivre dans un environnement quotidien de violences aveugles, de
traitements inhumains, de haine raciale, d’agressions, de
contournements de la règle et de comportements en marge de la loi
qui ne surprennent plus. La banalisation du pire appartient à
l’héritage tragique de la Seconde Guerre mondiale.
La guerre totale et sa dimension
planétaire bouleversent l’état du monde. L’hécatombe la plus
meurtrière de l’histoire provoque un traumatisme tel qu’il
conduit les Alliés à traduire les responsables de l’Axe devant
des tribunaux militaires internationaux. La volonté de construire un
nouvel ordre du monde, qui établirait les conditions d’une paix
durable, débouche sur la création de l’Organisation des nations
unies (ONU) en juin 1945. L’énormité des moyens de destruction à
l’œuvre sur plusieurs continents, les massacres restés inconnus,
le mélange, chez les victimes, de civils et de militaires aux
statuts parfois mal définis, sont quelques-unes des raisons qui
rendent impossible un décompte précis des morts. Cependant, on peut
annoncer 60 millions de morts dont 35 millions de civils. Des drames,
des morts, des blessés physiquement et psychologiquement marquent
donc la seconde guerre mondiale.
Ma question de ce jour qu'on dit de
victoire est le temps, la durée du pardon. 70 ans après la fin de
la deuxième guerre mondiale, on peut se demander combien de temps
faudra t-il pour que chacun puisse pardonner à l'autre. 70 ans
après, les protagonistes de ces terribles jours sont grands parents
et arrières grands parents. Qu'ils soient français, allemands,
combien de temps faudra t-il pour pardonner, accepter le pardon,
présenter des excuses ? Faut il qu'aujourd'hui les petits
enfants, les arrières petits enfants des acteurs de cette tragédie
portent en eux les stigmates de ces années de barbarie et de
revanche ? Je ne vais pas vous apporter de réponses à ces
questions. Je vous laisse juste la réflexion : « Et si
j'étais né en 17 à Leidenstadt sur les ruines d'un champ de
bataille, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens si j'avais
été allemand? Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance, nourri
de rêves de revanches, aurais-je été de ces improbables
consciences larmes au milieu d'un torrent? »
Pour conclure ce discours, je vais
emprunter les paroles d'Yves Duteil sur la chanson des Justes :
" Une gare au petit jour, dans le
froid et la peur et des soldats tout autour qui hurlent dans des haut
parleurs. Les wagons refermés comme un tombeau, des mains se tendent
à travers les barreaux mais leur appel est resté sans écho. On a
compris bien trop tard l'horreur qu'ils ont vécue, la blessure dans
les regards de ceux qui en sont revenus, les yeux couleur de cendre
et de brouillard, des barbelés gravés dans leurs mémoires mais
dans le cœur un indicible espoir.
Vivre un jour, une heure, là bas c'est
braver le silence, dépasser la mort d'un pas devant ceux qui
s'enivrent et dansent. Dans ce voyage infernal où tant d’âmes ont
sombré, celui qui sauve une étoile
éclaire l'univers tout entier. Des
lueurs que les justes ont allumé, la porte entrebâillé dans
l'escalier
sur le dernier refuge inespéré, au
jardin du souvenir des cailloux sont posés et les arbres ont beau
fleurir à chaque printemps retrouvé, peut-on un jour apprendre à
pardonner le désespoir, les larmes et les années que jamais rien ne
pourra effacer, que jamais rien ne pourra effacer."
En mémoire de nos morts pour la
France, en mémoire de tous nos ancêtres, des miens et des vôtres,
en mémoire de ceux qui sont revenus sans jamais en parler et sans
jamais oublier, en souvenir de ceux qui sont morts, en mémoire de
nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des
peuples opprimés à travers le monde, en mémoire des disparus
innocents lors des attentats des 7 et 9 janvier derniers à Paris, en
mémoire d'Aurélie Châtelain et en pensée à sa fillette, en
soutien à Serge Atlaoui, en mémoire de ceux qui ont perdu la vie au
Népal, je vous demande de respecter une minute de silence.
samedi 7 février 2015
Mon édito de janvier février 2015
Chers
vous tous,
Mercredi
7 janvier 2015, à 11h30, une fusillade a éclaté dans les locaux de
Charlie Hebdo à Paris. Douze personnes ont trouvé la mort, abattues
froidement par des barbares.
Pour
moi, Charlie Hebdo représente mon adolescence. Ce journal est celui
qui m'a appris à réfléchir, à penser par moi-même, à agir. Cet
acte odieux a voulu détruire tout cela en plus d'ôter la vie à des
personnes innocentes dont le seul but était de protéger, d'informer
et de défendre la laïcité.
Je
vais répéter les mots énoncés déjà à plusieurs reprises car
pour moi, il me semble indispensable de les dire et les redire pour
éviter les amalgames et garder la tête froide sur ces événements
terribles pour la France, pour le Monde et pour les valeurs
auxquelles on croit tous.
Soutenons
les familles des personnes décédées, les blessés à jamais dans
leur cœur et dans leur chair, soutenons en général la liberté de
la presse et de l'expression.
Affirmons
haut et fort notre solidarité nationale et notre unité
républicaine.
Clamons
que nous n'avons pas peur et surtout pas peur de l'Autre et de
l’étranger qu'il ne faut jamais confondre avec ces barbares
fanatiques.
Défendons
nos valeurs de justice, de tolérance, de laïcité, de liberté et
de fraternité entre les peuples.
« Ose...
Redonne à ta vie sa vraie valeur... Ose... Redonne à ce monde
toutes ses couleurs... »
Ce
sont par ces belles paroles de Yannick Noah qui prennent aujourd'hui
une force encore plus poignante que j'avais souhaité vous inviter à
la cérémonie de vœux de ce début d'année. Paroles d'optimisme
dans un monde ambiant morose, parfois désespéré et empreint de
pessimisme. J'ai souhaité adresser ces paroles pour vous insuffler
du courage, de l'entrain et un élan de bonheur dans certains
journées pénibles. Oser, aller de l'avant, prendre tous les petits
instants de bonheur comme des montagnes de joie.
Lors
de mon discours de vœux, j'ai souhaité revenir sur les remarques
que je peux entendre concernant ma nouvelle situation familiale.
« Comment pourra t-elle gérer son mandat et sa famille ? »
J'ai plaisir à dire qu'en étant Maire et Mère, je me nourris de
l'un et de l'autre. Je suis votre Maire à vous et je suis la maman
de deux petits anges. Malgré mes nouvelles responsabilités
personnelles, j'aime toujours autant ma commune, je vis au quotidien
avec elle ses joies et ses peines , à chaque instant je me
rends compte de l'importance de cet échelon de proximité qu'est la
commune. Ne vous inquiétez pas, ma nouvelle situation familiale ou
le fait d'être une composante d'Alès Agglomération ne me font pas
perdre de vue mes objectifs qui sont la défense de ma commune, la
défense de la commune en général, la défense de ses citoyens et
de ses contribuables, la défense de l'intérêt général. Ne doutez
jamais que chaque décision que je prends, que chaque prise de parole
que j'effectue, que chaque coup de nerfs que je peux éprouver (et il
y en a!) ne se font que pour Notre commune. N'ayez crainte que je
continuerai à oser fusse une élue de « petite commune »
et pas une petite élue dans le seul intérêt de
Massillargues-Atuech. N'ayez crainte que je sois mise à l'écart
pour certaines réactions, l'élue de « petite commune »
sait tenir tête à l'élu de plus grosse commune avec détermination
mais avec respect et assurance. Tous les choix que prend le conseil
municipal de Massillargues-Atuech ou moi même n'ont qu'un objectif
celui de notre commune à tous.
Malgré
les premiers jours de février, je profite de cet éditorial pour
vous présenter mes vœux. Tout d'abord je m'adresse aux élus et aux
agents communaux. Après un mandat de Maire, je peux dire que
celui-ci ne peut être réussi qu'avec une entente et un partenariat
fort entre élu et agent. Ainsi je tiens à vous remercier de votre
engagement et de votre disponibilité au service des autres.
A
vous, agents et élus municipaux, je vous souhaite une année 2015
remplie de projets communaux, personnels et de plaisir à travailler
en commun et en partenariat.
A
vous, artisans, artistes, chefs d'entreprise, bénévoles
d'associations, je souhaite que 2015 voit se réaliser vos envies et
que vos concrétisations fassent briller très haut la commune et le
territoire.
A
vous, citoyens de Massillargues-Atuech et d'ailleurs, je vous dis :
Osez pour redonner à la vie sa vraie valeur, osez pour redonner à
ce monde toutes ses couleurs, allez de l'avant, avancez, prenez des
risques, faites des épreuves de la vie un déclic pour
rebondir. Comme disait Épictète, « ne demande pas que
ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses
arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux. »
A
vous, citoyens, à vos proches, à ceux qui comptent pour vous, je
souhaite une bonne et heureuse année 2015 et surtout une santé
optimale. Que cette année 2015 vous apporte toutes les libertés que
l'on peut vouloir, qu'elle vous apporte l'optimisme d'affronter
toutes les situations, qu'elle vous apporte sérénité et le courage
d'oser sans avoir peur de rien ni de personne... Bonne année
2015 !
Inscription à :
Articles (Atom)