Bienvenue sur mon blog!

Élue maire depuis 2 ans le 14 mars 2010, j'ai eu envie de raconter cette aventure sur un blog.
Certains autres Maires ont leur blog alors je me suis dit: Pourquoi pas moi? Voilà, c'est fait: j'attends vos commentaires, vos impressions et tout et tout...

En effet, c'est une véritable aventure que je vis depuis 2008! Une aventure humaine incroyable et une aventure personnelle passionnante!

vendredi 14 avril 2017

Mon intervetion sur le vote du budget d'Alès Agglomération

Chers vous tous,

J'interviens ce soir au nom du CM de M-A et de Ghislaine Soulet dont je porte le mandat.

Ce soir, j'ai envie de vous dépeindre le tableau bien obscur des collectivités et EPCI français : Baisse des dotations de l’État décidée et continuée autant par la Droite que par la Gauche ; pour les prochaines échéances présidentielles,  accélération  de cette baisse pour la majorité des candidats, stagnation pour d'autres et quelques rares annoncent l'arrêt des coupes sombres pour les collectivités. Ils ne sont pas très nombreux vous les trouverez facilement!
Au moment de la fusion qu'on appelle communément fusion à 50, on m'a renvoyé dans mes  buts quand je parlais de bons élèves à qui, une nouvelle fois, on ferait payer. Peut être que ces personnes avaient raison de me répondre ainsi,  en arguant le fait que ma population aurait plus de services. Sur ce point là je doute parfois et je pense que ma population aussi. Mais je me demande aussi souvent ce qu'aujourd'hui, en 2017, serait advenue la 2c2a que je défendais à l'époque avec d'autres mais que l’État voulait asphyxier.
Alors je ne vais pas juger s'il y a des bons ou des mauvais élèves, il y a juste juste des territoires avec des spécificités que chaque élu porte et soutient dans cette assemblée et aujourd'hui nous sommes tous dans le même bateau.
Par contre ce que je vais continuer à défendre c'est la commune, toutes les communes et à travers elles, celle que je connais le mieux la mienne, échelon de proximité que beaucoup veulent étouffer afin de dire que les élus n'ont pas été en capacité ou en compétence de bien la gérer. Quand on veut tuer son chien on dit qu il a la rage !

Le budget présenté ce soir est contraint et nous avons dû faire certains choix politiques, peut être pas assez mais les choix que nous avons fait, nous les avons faits ensemble : ne pas augmenter les impôts en particulier.
Ghislaine Soulet et moi même voterons pour ce budget car cette année est une année particulière dû à la fusion, à la réorganisation des services et la gestion de ses ressources humaines et je tiens à remercier l'ensemble du personnel et les cadres. Par contre, nous sommes de plus en plus certaines que nous devons mettre de nouvelles méthodes de travail en place pour que le budget de 2018 soit co-construit avec la volonté que chacun nous avons, nous pouvons y parvenir. Diminuer la Dotation de Solidarité aux Communes n'est pas une solution pérenne car ce sont les budgets communaux encore plus contraints qui trinquent. ll faut trouver de nouvelles façons de réfléchir et agir entre Alès Agglomération et ses communes membres pour ne pas rentrer dans un cycle infernal où ce seront les EPCI qui mettront fin  à nos communes comme cela est et vous en conviendrez malheureusement l'objectif à moyen terme mis en place et voulu par certains technocrates dans des bureaux ministériels.

samedi 7 janvier 2017

Belle et heureuse année 2017!

Chers vous tous !

Tout d'abord, je tiens à vous remercier d'avoir répondu à l'invitation du conseil municipal pour cette soirée. La carte de vœux qui vous a conviée à cette cérémonie a été réalisée par Véronique Marchand, photomontage de poteries fabriquées par les enfants des temps périscolaires et offertes aux Messieurs lors du repas des aînés de décembre dernier. Merci aux enfants qui participent ainsi à tous les grands événements de l'année sur le village et merci aux animatrices Véronique et Sonia Boissin. J'ai tenu à vous accueillir avec cette citation de Vaclal Havel « L'espoir ce n'est pas de croire que tout ira bien mais de croire que les choses auront un sens » Dans le contexte actuel et suite aux deux années que nous venons de vivre avec ces dramatiques attentats, cette citation prend un sens fort et ouvre l'année 2017 sur une note d'espoir prenant en compte l'ensemble des éléments. En ce 7 janvier 2017, je ne peux débuter ce discours sans avoir une pensée pour la journée du 7 janvier 2015, qui changera à jamais nos vies. Ce soir, nous avons une pensée pour toutes les victimes des attentats en France, en Belgique, en Allemagne, en Turquie et dans le Monde.

Cette année, je me suis rendue compte, et sans doute plus encore que les autres années qu'en effet, la chance de nos villages, c'était la proximité et qu'un village était comme une famille, un village c'est fait de divers cris, de pleurs, de fous rires, de joies et de peines et un village çà se relève. Un village c'est comme une famille, chacun de ses membres est là pour l'autre, il l'encourage, le soutient, le calme et parfois l'énerve aussi.  L'année 2016 qui vient de s'écouler a été pour notre village faite de joies diverses et variées et malheureusement de tristesse. Je pense alors aux familles endeuillées de la commune, aux épouses, au mari, aux papas, aux grands parents, au frère et à la sœur qui ont eu la douleur de perdre un être cher. Je pense particulièrement à Christiane et Gérard, mes amis qui ont vécu une année terrible. Je pense à vous et surtout à votre regard et à votre volonté d'avancer.

L'année 2016 a vu disparaître Claude Foubert, Maire de Massillargues-Atuech de 1983 à 1995, 12 années au service de la collectivité. Claude Foubert, dans son engagement citoyen et professionnel, a été consciencieux, au service des autres et dans l'intérêt général. Les deux mandants de Claude Foubert ont été marqués par des réalisations importantes pour une commune comme la nôtre : la réalisation de l'assainissement qui combinée à la création de la halte garderie a emmené une population plus forte sur le village avec en particulier l'installation de jeunes couples qui ont réhabilité pour certains des mas anciens, non habités. Lors de ses deux mandats, la Plan d'Occupation des Sols appelé POS, document d'urbanisme décidant des grandes lignes de l'avenir pour la commune pour les années à venir a été réalisé. Et puis, il a été celui qui a lancé l'aménagement du Gardon avec la réalisation de ce qu'on appelle communément aujourd'hui le Plan d'Eau d'Atuech. Il était risqué de se lancer sur un tel projet, qui à l'époque attirait peu les financeurs. C'était sans compter sur le travail et la persévérance de Claude Foubert qui a permis que ce bel endroit puisse exister et la plus belle reconnaissance du travail accompli, il peut l'avoir le dimanche avec la fréquentation diversifiée et importante autour du site.
Alors, c'est vrai que les projets ne se réalisent pas forcément de manière aisée dans tous les domaines, il faut savoir dialoguer, écouter, revenir sur son propre travail et parfois ses propres positions. C'est tout cela le sens de l'engagement. On peut avoir à redire sur les décisions d'un élu, et comme tout élu, je pense que les gens ont du et su dire à Claude Foubert ce qu'ils pensaient de ses décisions. C'est cela la vie d'un élu mais j'aime à rappeler à tout moment que toute contestation de décision d'un élu, d'un Maire, doit se faire dans le respect dû à sa personne et à sa fonction, c'est le sens même de la République et c'est l'essence et l'énergie de tout engagement citoyen.
Certes, je lui ai rendu l'hommage que le village lui devait lors de ses obsèques mais il était important pour moi de le faire aussi ce soir malgré les différends qu'il y a pu y avoir entre ma famille et lui, important de le faire aussi pour vous montrer l'évolution d'une commune, l'évolution des lois mais aussi les valeurs, les actions qui guident des élus aux personnalités pourtant différentes mais qui tentent au quotidien de faire briller leur village, notre village.
Presque 30 ans après, où en sommes nous ? La halte garderie associative, à la limite « sauvage » mais qui a le mérite exister pour les populations comme disait la conseillère CAF est devenu Jardin d'enfants intercommunal. Il n'y a que Magali Messerer qui est toujours là ! Malgré les changements juridiques, cette structure reste toujours un attrait incontestable pour le territoire. Non, Mr le Sous Préfet, on ne le reverra plus çà !
L'assainissement et j'y associerai l'eau sont gérées avec efficacité et attention en régie par la commune et le syndicat intercommunal des eaux. J'en profite pour saluer l'ensemble des membres de ce syndicat qu'ils soient de Tornac ou de Massillargues-Atuech, son Président Jean Paul Roumajon et son Vice Président Jacky Rodière et je tiens à remercier Angel Pietropinto qui, cette année, a dû faire face de main de maître à des coupures soudaines ou à des fuites importantes. Une régie publique, c'est cela une rapidité d'intervention et d'exécution, un service public de proximité. Sur ces compétences, pour réussir le transfert obligatoire de l'eau et l’assainissement des communes vers Ales Agglomération à compter du 1er janvier 2020 comme la Loi l'exige, un travail important pour les élus commence dès l'année 2017 pour continuer à garder l'efficience qui a été la nôtre dans l’intérêt des usagers.

Autre compétence communale importante pour l'aménagement territorial de notre village, l'urbanisme. 30 ans après le POS, nous nous sommes engagés dans l'élaboration d'un Plan Local d'Urbanisme Gard Durable. Je tiens à rassurer l'ensemble des acteurs partenaires de ce PLU, le prochain atelier citoyen aura lieu le lundi 23 janvier à 18h30. Ces derniers mois ont été complexes à gérer tant les contraintes réglementaires et juridiques ainsi que les risques naturels justifiés ou pas sont nombreux sur ce dossier. Je tiens à remercier les citoyens engagés dans cette démarche, qui doit rester une démarche dans l'intérêt général, à remercier les services de l’État (même si parfois les réponses ne sont pas tout à fait identiques d'un service à l'autre, de Nîmes à Alès et parfois même d'un bureau à l'autre), les services du conseil départemental en particulier Christophe Dumas, le CAUE, le SMAGE et ceux que je pourrais oublier.
Ce dossier nous oblige à faire des choix, à prendre des décisions dans l'immédiat, des décisions que l'on peut approuver ou pas mais qu'en tant qu'élus républicains, nous sommes tenus d'appliquer dans l'intérêt général. Cela peut amener à des situations rocambolesques mais c'est ainsi et nous n'y pouvons rien sinon défendre les intérêts de la commune devant les tribunaux compétents.

Comme je vous le disais tout à l'heure, Claude Foubert a été à l'origine de l'aménagement du plan d'eau. Durant l'année, l'équipe municipale gère ce lieu de villégiature apprécié par tous et pour beaucoup de personnes. Lors de l'année 2016, le CM a tenu à le mettre en lumière avec un spectacle proposé par le Cratère dans le cadre de l'événement Cratère Surfaces. Magnifique moment de poésie et de charme, malgré les nombreux psittts des moustiques mais c'est cela aussi la biodiversité, cette biodiversité que depuis de nombreuses années, en précurseurs même les équipes municipales de Massillargues-Atuech défendent au quotidien.
Précurseurs, nous tentons de l'être car pour nous c'est notre engagement citoyen que nous souhaitons généraliser dans la mesure du possible à l'échelle communale. Ainsi, Massillargues-Atuech a été commune pilote en 2012 dans les démarche 0 phytocide et la mise en place d'un PAPPH (Plan d'Amélioration des Pratiques Phytosanitaires Horticoles) alors que depuis le 1° janvier 2017, plus aucun produit phytosanitaire ne devra être utilisé sur les espaces communaux en France. Je remercie à cette occasion Philippe Passitchouk et Jérôme Guerinoni qui, même si ce n'est pas toujours aisé, ont pris à cœur de modifier leurs pratiques pour réussir ce challenge et qui nous a permis de recevoir le Label national Terre Saine, plus haute distinction de la part du Ministère de l'Environnement.
Il en était ainsi aussi pour l'introduction de produits biologiques dans la restauration scolaire. A compter du 1° janvier 2020, au terme d’une procédure parlementaire pleine de rebondissements, un seuil de 20% d’aliments issus de l’agriculture biologique ou en conversion en restauration collective publique est introduit. A Massillargues-Atuech, depuis de nombreuses années, le seuil de 20% et plus de produits biologiques dans notre cantine est effectif et ce, malgré des difficultés au quotidien que les élus en charge de ce dossier et le personnel de la cantine gèrent avec brio. Merci à Serge Prioux et Danielle Fontugnes pour les bons repas qu'ils concoctent à nos enfants.
Et oui, être précurseurs c'est aussi une motivation pour un conseil municipal, cela donne une énergie décuplée. Parfois, cela peut être fatigant surtout quand les financeurs traînent un peu les pieds ou ne comprennent pas forcément l’intérêt de tel projet. C’est souvent le lot de personnes qui arrivent un peu en avance par rapport aux lois ou même au contexte sociétal. Un autre projet qui s'est requinqué en 2016 et qui se développera, et j'en ai la ferme intention en 2017, celui de l'extension du cimetière en cimetière paysager . Pas facile de défendre un projet de cimetière fusse t-il paysager ! Alors, à ceux qui sont dubitatifs, je peux montrer l'esthétique d'un tel projet avec de nombreuses photos de cimetières paysagers au Québec, parler de l’importance de ce type d'équipement pour une commune labellisée terre saine, dans un contexte légal d'aucune utilisation de produits phyto sur les espaces publics, d'enjeu important pour la biodiversité, pour la ressource en eau pour une commune comme Massillargues-Atuech classée en captage prioritaire. Après avoir fait des demandes de subventions à différents financeurs, nous commencions début 2016 à nous demander si une collectivité accepterait de nous accompagner. Et puis, tout à coup, après l'été, le Conseil Départemental du Gard a annoncé qu'il allait débloquer des crédits d'équipement pour les communes. Ni une ni deux, le dossier prêt depuis trois ans était envoyé. Une première vague d'octroi de subventions a été accordée, nous n'étions pas dans cette vague. Alors, je me dis qu'avec la présence d'autant d'élus départementaux et l'absence excusée du Président, Denis Bouad, nous avons une petite chance pour la prochaine vague ! En tout cas, comme nous l'avons fait pour la géothermie, nous serons tout aussi persévérants pour ce projet de cimetière paysager, qui sera projet pilote dans sa conception.

Je ne vais pas terminer sans parler de l'événement du début d'année 2016 qui aura des répercussions sur 2017 et les années suivantes, la consultation citoyenne que nous avons effectué autour du choix d'intercommunalité pour la commune de Massillargues-Atuech. D'ailleurs, Mr Le Sous Préfet, il me semble que c'était notre première rencontre pour parler de ce sujet. On ne peut pas dire que nous ne soyons pas constants dans notre volonté de vous consulter sur l'aménagement du territoire. Avec l'application de la loi NOTRe, nous avions la possibilité de réfléchir aux diverses propositions s'offrant à la commune en terme d’intercommunalité. Alors, pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi ne pas informer, pourquoi ne pas faire de bilan de l'existant ? Nous l'avons fait et cela a été pour nous et j'espère pour vous aussi très enrichissants. Il y a un résultat, une légère majorité d'habitants a souhaité rester à Alès Agglomération. Comme à chaque fois que nous nous y étions engagés, le conseil municipal a suivi le vote majoritaire de la commune sans aucun état d'âme si ce n'est celui d'avoir été élu pour vous représenter et représenter les intérêts de la commune.
Je réaffirme ce soir, puisqu'on me dit, encore jeudi soir, que ce ne serait pas clair. Je suis une élue de la République qui a été élue par vous, sur un programme et quand je suis face aux conséquences d'une Loi votée à la majorité, que j'approuve ou pas (je suis citoyenne aussi!), j'applique cette Loi et je fais tout pour que ma commune, ses habitants aient un maximum de résultats positifs. Je travaille au sein d'Alès Agglomération (AA), les élus municipaux travaillent au sein d'AA, les agents communaux travaillent et parfois avec de nombreuses difficultés mais ils travaillent aux côtés des agents d'AA pour limiter ces problématiques. Par contre, il y a une chose que personne ne peut demander aux élus municipaux ou ne peut me demander, et d'ailleurs personne ne l'a jamais fait, c'est de se taire ! Je me tairai, au niveau vie publique on entend bien, oui je me tairai quand je ne serai plus l'élue du peuple, quand je ne serai plus votre élue.
Donc, les choses dites, la commune de Massillargues-Atuech est en ordre de marche dans cette nouvelle intercommunalité qui vient de naître le 1° janvier 2017. Ales Agglomération compte désormais 73 communes (au lieu de 50) et plus de 130000 habitants, une intercommunalité où le défi de demain est d'écrire ensemble, main dans la main, un nouveau projet de territoire, alliant ceux des intercommunalités fusionnées, entremêlant la ville, la campagne et la montagne, alliant des richesses et positivant des contraintes. Ce défi, nous ne le relèverons qu'avec des nouvelles méthodes qui créeront un réel intérêt pour les délégués communautaires, les élus communaux mais aussi pour les agents d'Alès Agglomération et les agents communaux. Le conseil municipal de Massillargues-Atuech restera vigilant comme il l'a toujours été et travaillera positivement dans ce sens -là, aux côtés du Président d'AA, Max Roustan et du conseil communautaire.

J'ai sans doute oublié de nombreuses réalisations de 2016 (travaux suite aux intempéries, installation des panneaux d'information municipaux et associatifs par exemple) et des projets de 2017 (déplacement doux sur le chemin de la Draille, création d'un nouvel aménagement paysager au parking du temple entre autre aussi) mais on m'avait demandé de faire court ! Et même en essayant de faire court, j'ai peut être été trop longue.

L'ensemble de ces projets et de ses actions ne peut pas se faire certes sans des élus mais aussi sans une équipe d'agents territoriaux consciencieux, compétents et qui acquiert de nouvelles compétences au fil de l'année, polyvalents, dynamiques et possédant les belles valeurs du service public. Merci à vous tous, à ceux que j'ai déjà cités et à Sophie Rouvière, Sabine Privat et merci à notre nouvelle secrétaire générale qui, depuis le début de l'année 2016, mène ce collectif de la plus belle manière, une collaboratrice au quotidien à mes côtés Brigitte Vauthier.

Pour formuler mes vœux pour cette nouvelle année, je voudrais en premier lieu, m'adresser aux conjoints et aux familles des élus municipaux, pour leur dire ma reconnaissance et mon admiration d'être à nos côtés, de supporter les réunions parfois tardives, les appels téléphoniques ou les sonnettes de porte intempestifs, les moments de doute ou d'angoisse. Que 2017 soit une année rayonnante pour vous et que vous gardiez ce même regard sur notre engagement au service des autres !
Je voudrais ensuite remercier l'ensemble des acteurs associatifs, culturels, artistiques et économiques qui font briller très haut le nom de Massillargues-Atuech. Que l'année 2017 vous apporte imagination, création et réussite dans tous vos projets !
A vous, chers élus municipaux de Massillargues-Atuech, à vous mes adjoints, à toi Gérard qui a pris la lourde tâche de remplacer Pierre à la fonction de premier adjoint, je vous souhaite une année remplie d'espoirs, de belles réalisations pour la commune, pour ses habitants. Pensez à vous protéger un maximum et à profiter de chaque instant ! Prenez à vous cette citation de Pierre Rabhi arrivée en troisième position dans le classement des citations pour la carte de vœux de Massillargues-Atuech: "La vraie révolution est celle qui nous amène à nous transformer nous même pour transformer le monde."
Permettez moi de m'adresser aux miens, à mes enfants, à mon chéri, à mes parents, merci de votre soutien total et indéfectible, de votre compréhension et de vos paroles pour relativiser certaines situations plus ou moins difficiles. Belle année à vous et à nous !

L'année 2016 a été terrible en drames humains et sociaux, elle a été faite de ruptures diverses et variées. Soyons plus forts, plus grands que cela et c'est ensemble que nous arriverons à surpasser ces événements. On ne combat pas la violence par la violence. On ne combat pas un système économique en le rejetant et en se repliant sur soi même, on ne ferme pas les yeux sur des drames humains, sur des bombardements atroces commis par des tortionnaires, on ne ferme pas et on ne baisse pas les yeux sur la misère quotidienne, sur des exilés fuyant leur pays car ils n'ont pas d'autre solution s'ils veulent survivre. Je sais que dans notre village comme dans beaucoup d'autres communes, il y a de nombreux doutes, des peurs mais encore plus sur une terre de résistance comme la nôtre, sachons réagir et affrontons l'avenir avec lucidité, réalisme, ouverture, tolérance et respect de l'Autre dans sa diversité. Sachons défendre au maximum notre devise républicaine Liberté, égalité, fraternité ! Soyons vigilants aux extrémismes apportant des solutions toutes prêtes à des situations complexes à gérer à tout niveau, soyons vigilants à des idées soi disantes modernes et pas encore essayées ! Soyons vigilants au populisme de toute sorte !

A vous, citoyens de Massillargues-Atuech, à ceux présents ici dans cette salle, à ceux fatigués, tristes ou malades chez eux, aux voisins, aux amis, je vous souhaite une année 2017 remplie d'espoir de croire que les choses auront un sens, de construire le sens des choses les uns avec les autres, pas à pas, en apprenant à se connaître et en apprenant chacun de notre diversité. Sachons profiter de chaque instant de bonheur ou simplement de petits plaisirs. Gardons ou essayons de récupérer les petites étincelles de joie que l'on peut voir dans les yeux des enfants... Regardez bien, moi je les vois tous les matins dans les yeux de mes enfants au réveil et c'est cela qui me fait vous dire comme le disait Sœur Emmanuelle: « On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s’agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l’oublions pas : Souris au monde et le monde te sourira. »
Belle, heureuse année à vous tous, à vos proches, à vos familles et à vos amis !

vendredi 11 novembre 2016

Commémoration du 11 novembre 2016... Mon discours...

Extrait d'un carnet de bord de la Grande Guerre
Samedi 11 novembre 1916
Au nord de la Somme, nous nous sommes emparés de plusieurs éléments de tranchées ennemies au nord-est de Lesboeufs et dans la région de Saillisel. Une contre-attaque ennemie dirigée sur ce dernier point, a été aisément repoussée. Nous avons fait des prisonniers. Au sud de la Somme, bombardement continu des secteurs de Pressoir et d'Ablaincourt. Sur la rive droite de la Meuse, grande activité des deux artilleries entre les carrières d'Haudromont et Damloup. En Orient, de nouvelles attaques bulgares ont échoué sur les positions serbes, dans la boucle de la Cerna. Les avions anglais ont bombardé les gares de Porna et de Pulgovo. Sur le front du Carso, les Italiens ont avancé en faisant des prisonniers. Les Roumains ont livré de violents combats dans la vallée de la Prahova. Action d'artillerie dans la région de Dragoslovele. La bataille continue sur l'Olt. En Dobroudja, les Russes sont arrivés à proximité de Cernavodo, ayant gagné 60 kilomètres en cinq jours. Dans la région de Dorna-Vatra (vallée de la Dysterse), ils ont dû évacuer quelques collines qu'ils avaient précédemment occupées.
Samedi 11 novembre 1916 : M. Wilson est réélu président des Etats-Unis.

Samedi 11 novembre 1916- Vendredi 11 novembre 2016 : 100 ans ! Cela semble si loin et pourtant 100 ans, c'était hier à l'échelle de l'Histoire avec un grand H.
Le hasard fait quand même étrangement les événements. Samedi 11 novembre 1916, au milieu de l'atrocité de cette Grande Guerre qui devait être la Der des Der, Thomas Wilson, 28° Président des États Unis est réélu pour son deuxième mandat. Alors, certains peuvent s'étonner que je parle de ce 28° Président des États Unis ainsi dans un discours. Or, aujourd'hui, dans le contexte mondial que nous vivons, il était nécessaire pour moi d'être dans le devoir de mémoire et d'indiquer ce qu'avait fait Thomas Wilson.

Thomas Wilson, Président des États Unis lors de la Première Guerre Mondiale, pacifiste a souhaité que les États-Unis restent neutres dans la guerre entre l’Allemagne et les autres puissances européennes Cependant, trois ans après le début du conflit, les États-Unis interviennent massivement dans la guerre. La mobilisation de l'économie et de l'industrie est totale et les volontaires s'engagent pour rejoindre les conscrits dans l'armée. Le bilan humain sera terrible pour ce pays.
En janvier 1918, le Président Wilson prononce un discours au Congrès donnant la liste des 14 points nécessaires à l’obtention de la paix. Ce discours prononcé au nom du droit des peuples à disposer d'eux mêmes réclame notamment la création d'une Société des Nations. Les autres points serviront de base au traité de Versailles de 1919. Le 11 novembre 1918, après la signature de l'Armistice, le gouvernement allemand accepte d’ouvrir les négociations de paix à partir des « 14 points » développés par le président Wilson. En décembre 1918, Wilson embarque pour la France afin d’assister à la Conférence de paix de Paris où il présentera la Charte de la Société des Nations. C'est la première fois qu'un président américain en exercice se rend dans un pays étranger durant son mandat. En 1919, Wilson va parcourir les États Unis pour défendre le Traité de Versailles et son idée de Société des Nations mais il sera incapable de les faire ratifier. Malade, il n'aura pas la force de continuer. En 1920, Wilson reçoit le Prix Nobel de la paix pour son action pendant la Première Guerre mondiale alors que sa popularité est pourtant au plus bas.
Le devoir de mémoire c'est se rappeler les événements positifs mais aussi négatifs donc je ne ferai pas abstraction du fait que Wilson est à l'origine de l'illégalité du Parti Communiste mais aussi qu'il possédait une idéologie ségrégationniste. A contrario, en 1916, il désigne à la Cour suprême des États-Unis (les juges sont nommés à vie), un juge appartenant à la minorité juive et il met en place le droit des femmes.
Les principes wilsoniens peuvent être résumés en trois termes : autodétermination des peuples, liberté et paix.
Vous devez vous demander pour quelle raison j'insiste aujourd'hui si fort sur le Président Wilson. En fait, quelque jours après l'élection présidentielle aux États Unis et son résultat complètement déroutant, j'avais besoin de parler d'un Président qui, dans une guerre terrible et meurtrière a toujours tenté d'être le médiateur voire le modérateur, d'un Président qui a toujours espéré modifier radicalement l'ordre mondial, promouvoir les démocraties et la paix.
L'histoire est complexe, elle restera complexe parce qu'elle touche à l'humain. Pour que l'histoire ne soit pas qu'une résurrection comme disait Michelet, ayons à l'esprit ces leçons du passé, ces parcours glorieux et exemplaires qui, dans l'épreuve, n'ont jamais flanché.
Comme le disait Jean Jaurès, « maintenir la tradition, c'est garder la flamme, non les cendres ». En France et plus particulièrement ici, à Massillargues-Atuech, nous devons travailler ensemble pour garder la Flamme et pour que le "plus jamais ça" puisse avoir un sens partagé et approprié par tous, un sens véritablement républicain.

En ce 11 novembre 2016, nous sommes réunis pour rendre un hommage appuyé aux hommes et aux femmes, tombés au champ d’honneur entre 1914 et 1918 et qui ont sacrifié leurs « 20 ans » pour que nous soyons libres aujourd’hui. C’était il y a un siècle, mais les images demeurent et doivent demeurer omniprésentes.
Avec la première guerre mondiale, la France, l'Europe ont basculé dans un autre monde dont l'héritage est encore vivace, ce monde ne s’est finalement jamais remis des atrocités des deux conflits mondiaux du XX° siècle.
65 millions d'hommes mobilisés. Des destins brisés: 8 millions et demi de morts. 21 millions de blessés, 4 millions de veuves, 8 millions d'orphelins. Voilà ce que fut le bilan de cette guerre abominable. Suite au 11 novembre 1918, les puissances qui venaient de mettre ce monde en charpie, se sont mis à parler de paix.
« Plus jamais ça ! » ont-ils crié… Mais la mémoire des Hommes est courte, laissant à nouveau libre cours à l’appétit du pouvoir et du gain. Laissant la place à des meneurs qui brillent bien moins par leur sagesse et leur empathie que par leur disposition à créer le conflit, à répandre la peur et la haine, les rumeurs et la propagande. Contrairement à une idée que certains propagent, une guerre est-elle vraiment nécessaire pour préserver la paix ? Face à de telles tragédies humaines, à l’image de la Première Guerre Mondiale, on est en droit de se le demander. Chaque arme produite a le pouvoir de se retourner contre son fabricant. Oui, la mémoire des Hommes est courte !
C’est pour cette raison essentielle et considérable, que la mémoire de ces événements est un devoir. Que le souvenir et l’Hommage qui est rendu envers les victimes de cette Grande Guerre, comme de toutes les guerres, qu’importent le camp et les origines, doivent être à la fois maintenus et reconnus.
En ce 11 novembre 2016, jour de l’armistice, dont la définition est un accord de suspension des hostilités entre deux armées, afin de préparer la paix, que ce jour soit un écho du passé, pour honorer la mémoire de nos « poilus », et placer leur espoir de paix parmi nos plus grandes aspirations et motivations.

Commémorer, c’est faire de l’éducation civique, de la pédagogie citoyenne. La France n’est rien sans ce que les Français ont en commun. L’histoire d’un pays, c’est le ciment de son unité. Et la première guerre mondiale est l’instant le plus fort de l’unité d’un peuple. Durant ces quatre années, les Français se sont appliqués à rester unis.
Le 11 Novembre, c’est le souvenir de l’immense souffrance de nos aïeuls qu’on a envoyés par milliers conquérir des morceaux de collines, des bouts de paysage, des lopins de terre éventrés. Pour pas grand-chose et parfois pour rien, au nom d’une gloire que chaque communiqué des états-majors se doit d’illustrer. Comment ne pas évoquer Verdun, bataille la plus gourmande en hommes de toutes celles de l’histoire ? Qu’est-ce qu’une victoire lorsqu’elle se solde par la mort de 360 000 de nos compatriotes ?
La Première Guerre mondiale, c’est l’histoire d’une des plus grandes souffrances humaines. Et c’est au nom de l’homme, de tous les hommes, qu’il s’agit, par simple amour de la vie, d’en garder la mémoire. Et tous les ans, un jour n’est pas de trop pour faire vivre un souvenir comme celui-là.

Je voudrais terminer mon discours sur les paroles traduites de la chanson « Fragiles » qui débutera le concert de Sting au Bataclan demain, un an après le drame dans la salle parisienne.
« Si le sang s'écoule quand la chair et l'acier ne font qu'un en séchant dans la couleur du crépuscule alors la pluie de demain lavera toutes les taches. Mais une chose restera toujours présente dans nos esprits, Peut-être que cette action finale était faite pour mettre fin à la dispute d'une vie entière... Mais rien ne naît de la violence et ne pourra jamais en naître pour tout ceux, nés sous une étoile en colère de peur que nous oublions à quel point nous sommes fragiles.
Sans relâche, la pluie tombera comme des larmes d'une étoile, comme des larmes d'une
étoile. Sans relâche, la pluie répétera à quel point nous sommes fragiles, oui à quel point nous sommes fragile.

Depuis quelques années, tous les « morts pour la France » hier dans la Grande Guerre, dans la Seconde Guerre Mondiale, dans les guerres de décolonisation, aujourd'hui, dans les opérations extérieures sont désormais réunis dans le souvenir et l'hommage de la Nation. Face à la montée des intolérances, la multiplication des actes racistes et antisémites en France, la menace terroriste qui est réelle, les défis sont absolument majeurs et nous devons, au-delà de nos différences cultuelles, culturelles, sociales et politiques, mettre toutes nos forces pour combattre la haine de l’autre.

En mémoire de nos morts pour la France, en mémoire de tous nos aïeuls, en mémoire de nos Poilus, en soutien à nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde et en France, en pensées émues aux citoyens de Syrie sous les coups, les bombes et l'horreur de tortionnaires, en mémoire aux victimes des attentats terroristes, je vous demande de respecter une minute de silence.

Sans relâche, la pluie tombera comme des larmes d'une étoile, comme des larmes d'une
étoile. Sans relâche, la pluie répétera à quel point nous sommes fragiles, oui à quel point nous sommes fragiles.



dimanche 16 octobre 2016

Mon éditorial de rentrée scolaire...

La cloche a sonné... Les vacances sont terminées... Tout le monde retrouve son quotidien plus ou moins agréable...

Chaque rentrée scolaire remémore des souvenirs, bons ou mauvais. Et vous, prenez un instant pour vous souvenir... Pour moi, je me rappelle du petit mal au ventre de veille de rentrée au moment d'aller me coucher en me demandant si mes copains seraient toujours mes copains, si le nouveau maître ou la nouvelle maîtresse serait gentil(le) et me donnerait des bons points, si le jeu de la marelle aurait été repeint durant l'été... Cette année, avec la rentrée de mon fils en petite section de maternelle tous ces souvenirs me sont revenus en mémoire encore plus fort qu’aux autres rentrées. Ces mêmes doutes, ces mêmes peurs, ces mêmes bonheurs étaient là avec une force différente car je me demandais si mon fils éprouvait ces mêmes émotions. 

Les rentrées scolaires sont synonymes de nouveauté. Quelle activité vais-je pratiquer cette année ? Quelles activités mes enfants vont vouloir expérimenter ? Est-ce que le planning va correspondre à celui de mon travail? Qui emmènera Timoté à la musique? Qui ira chercher Sélène au sport? Est-ce que j'aurai un peu de temps pour penser à moi? C'est ma vie mais je suis sûre que c'est un peu la vôtre aussi en ce début de rentrée scolaire! 

Les rentrées scolaires sont synonyme aussi de bonnes résolutions comme les débuts d'année civile, bonnes résolutions qui sont souvent malheureusement abandonnées. Et si seulement celles de la rentrée scolaire pouvaient être tenues...

Vous savez les bonnes résolutions du type :
  • Je n'irai pas trop vite en voiture ou en moto sur le chemin de la Fargèze, de la Draille ou de Bellevue entre autre car plutôt que de risquer un drame, il vaut mieux toujours partir 10 minutes plus tôt !
  • Je ne doublerai pas dans la traversée d'Atuech car il y a des passages piétons et s'il y a des passages piétons c'est qu'il y a... des piétons qui traversent !
  • Je marquerai bien le stop du chemin du bassin car s'il y a un stop c'est qu'il est sans doute nécessaire!
  • Je ne me garerai pas aux poubelles de ce même bassin pour aller jouer sur le plateau multisports car je gêne la visibilité ; or sachant que la distance du parking au plateau multisports est pratiquement la même et que ainsi, je vais faire peut être un peu de marche donc de sport et que cela ne me fera pas de mal…
  • J'irai moins vite sur la départementale aux abords de l'école et en particulier au virage vers le point d'apport volontaire au cas où un piéton sorte du parc de jeux ou qu'un enfant cherche à rattraper un ballon ayant « sauté » le grillage, ou qu'une personne redémarre après avoir déposé ses poubelles.
  • Je ne me garerai plus devant le portail pour les secours devant la place de la Mairie car ce n'est pas un endroit pour stationner vu que je suis sur la chaussée et que, en plus, il y a des places sur le parking... C’est bien le seul avantage d'avoir une classe en moins à l'école du village!
  • Si une poubelle est déjà pleine à déborder, je vais vérifier qu'il n'y en ait pas une de vide avant de mettre à côté et/ou de laisser le couvercle ouvert pour que les odeurs se dispersent mieux !!!

Avec toutes ces bonnes résolutions et toutes ces nouveautés, je vous souhaite à tous de passer une bonne année scolaire et de ne pas laisser tomber les bonnes résolutions dans deux mois car c'est cela qui fait que nous pouvons tous bien vivre ensemble au village en se respectant l'un l'autre...


Bonne rentrée !

lundi 18 juillet 2016

HOMMAGE...

Chers vous tous,

Une nouvelle fois se réunir dans des circonstances aussi dramatiques est terrible pour le conseil municipal de Massillargues-Atuech et moi-même. Il était de notre devoir, de notre souffrance, de notre anéantissement de vous réunir, de nous réunir pour un temps de partage et de recueillement.
Une nouvelle fois, l’horreur a frappé, l'horreur a pris les traits d'un camion blanc comme si nous préférions avoir pour assassin un bien matériel plutôt qu'un homme. Et pourtant, on peut lui donner tous les noms que l'on souhaite, tous les noms que l'on éructe, tous les noms que l'on abjecte, tous les noms que l'on souhaite oublier, c'était un homme qui conduisait ce camion blanc, un homme emporté dans une folie pleine de sang et d'horreur mais un homme et c'est cela qui fait peur.

Alors, je pourrais vous dire aujourd'hui comme précédemment que c'est en continuant à vivre qu'on déjouera leurs horreurs, les horreurs de tous ces hommes de folie qui n'ont dans leur bouche et leurs gestes soi disant qu'un dieu ou qu'un prophète. Mais ne nous trompons pas, jamais aucun dieu, jamais aucun prophète, n'a ordonné de tels gestes d'horreur et ceux qui le disent ne sont que des menteurs, des barbares et des monstres!
Alors oui je pourrais vous dire que c'est en continuant à vivre qu'on déjouera leurs horreurs, j'ai envie de le croire mais aujourd'hui, j'ai aussi envie de vous dire que j'ai peur comme vous avez, vous aussi peut être peur. Oui, j'ai peur, j'ai peur de vivre en état d'urgence permanent, j'ai peur des grands rassemblements, j'ai peur pour mes enfants, pour ma famille, pour mes amis à Paris, à Marseille, à Montpellier et même ailleurs, j'ai peur, j'ai peur de me méfier alors qu'il y a plus d'un an et demi, je ne me serais jamais méfié. Alors oui, comme vous peut être, j'ai peur mais j'ai aussi l'espoir que tous ensemble, par les valeurs qui sont les nôtres, on arrivera à combattre cette horreur et ceux qui ont fait une horreur et un drame d'un feu d'artifice.

C'est pourquoi j'ai souhaité pour conclure ce discours vous lire les paroles de la chanson de Calogero « Les feux d'artifices »

J'étais hissé sur des épaules sous ces galaxies gigantesques, je rêvais en tendant les paumes de pouvoir les effleurer presque. Ça explosait en fleurs superbes en arabesques sidérales pour faire des bouquets d'univers... Et moi, je voulais cueillir ces étoiles

On allait aux feux d'artifice voir ces étoiles de pas longtemps qui naissent, qui brillent et puis qui glissent en retombant vers l'océan et ça fait des étoiles de mer et ça met dans les yeux des enfants des constellations éphémères et on s'en souvient quand on est grand.

Dans le ciel vibrant de musique, je voyais naître des planètes , jaillir des lumières fantastiques et tomber des pluies de comètes. Je m'imaginais amiral regardant voler mes flottilles, j'ai fait des rêves admirables sous ces fusées de pacotille.

On allait aux feux d'artifice voir ces étoiles de pas longtemps qui naissent, qui brillent et puis qui glissent en retombant vers l'océan et ça fait des étoiles de mer et ça met dans les yeux des enfants des constellations éphémères et on s'en souvient quand on est grand.

Puis sous les cieux incandescents quelqu'un refaisait mes lacets je voyais des adolescents au loin, là-bas, qui s'enlaçaient. Ça laissait dans mes yeux longtemps des traînées de rose et de vert, je voyais dans mon lit d'enfant des univers sur mes paupières.

Nous sommes comme les feux d'artifice, vu qu'on est là pour pas longtemps faisons en sorte, tant qu'on existe de briller dans les yeux des gens et de leur offrir de la lumière comme un météore en passant... Car, même si tout est éphémère, on s'en souvient pendant longtemps.

Alors, oui, comme vous peut être, j'ai peur mais comme le dit Calogero, j'ai envie aussi « de faire en sorte, tant qu'on existe de briller dans les yeux des gens et de leur offrir de la lumière comme un météore en passant car même si tout est éphémère, on s'en souvient pendant longtemps »

En hommage aux 84 lumières qui se sont éteintes le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice, en hommage aux personnes se battant pour la lumière, se battant pour la vie, par respect et remerciements éternels au personnel soignant, aux pompiers, aux gendarmes, aux policiers, aux différents experts sur les lieux du drame, aux forces de l'ordre en général, aux citoyens ayant ouvert tout simplement leurs portes le soir de l'horreur, je vous demande de respecter une minute de silence.

Liberté, Égalité, Fraternité, Vive la Paix, vive la République, vive la France !

dimanche 8 mai 2016

Mon discours du 8 mai 2016

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie d'exprimer en ce 8 mai 2016, ma fibre féministe issue des formidables femmes de ma vie et de la vie en général, ces femmes qui sont des exemples pour des femmes d'aujourd'hui, en France, en Europe et dans le Monde.

Je voudrais qu'on pense à toutes ces femmes qui ont connu la deuxième guerre mondiale directement ou indirectement, celles qui étaient en plein cœur de ces atrocités, celles qui attendaient ou qui attendraient toujours, éternellement un enfant, un amour qui ne reviendrait jamais.

Je voudrais penser à celles qui ont fait des actions qu'elles regretteront à jamais mais qu'elles étaient obligées de faire pour vivre, juste pour vivre.

Je voudrais avoir une pensée pour ces femmes rusant pour obtenir des bons alimentaires pour leurs enfants ou leurs aînés.

Je voudrais penser à ces images de femmes juives tondues juste parce que leur religion ne convenait pas à certains

Je voudrais penser à ces femmes ou ses filles emportées dans des trains de nuit, wagons de l’horreur vers des camps de concentration qui seraient leur dernier lieu de vie et les plus grandes victimes ce sont ces mères juives contraintes d'assister dans les camps de la mort, à la torture et à l’assassinat de leurs jeunes enfants

Je voudrais me souvenir de ces jeunes femmes sélectionnées sur des critères raciaux précis (les cheveux blonds et les yeux bleus) entraînaient dans des centres de reproduction forcée et donnant naissance à des bébés qui seraient par la suite envoyés dans des familles allemandes ou des centres de contrôle aux conditions d'éducation strictes et orientés.

Je voudrais avoir une pensée pour Edmonde Charles Roux, décédée le 20 janvier dernier et qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, fut infirmière ambulancière volontaire dans une unité de la Légion étrangère. En 1940, pendant l’invasion de la France, elle est blessée à Verdun en portant secours à un légionnaire. Ensuite, elle intègre la Résistance, toujours comme infirmière. Après le débarquement de Provence d’août 1944, elle est rattachée à la 5e division blindée où elle exerce encore comme infirmière mais aussi comme assistante sociale divisionnaire. Elle a sous sa tutelle le 1er régiment étranger de cavalerie et le régiment de marche de la Légion étrangère. Décorée de la Croix de Guerre, avec plusieurs citations, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur en 1945.

Je voudrais me souvenir, plus personnellement de deux des femmes de ma vie qui, chacune ont vécu, à quelques kilomètres de distance, des moments difficiles lors de la seconde guerre mondiale.

Andrée Genolher, 21 ans au début de cette guerre, était placée dans une demeure d'Atuech qui fut réquisitionnée par les Allemands. Quand elle me parlait rarement de cette période, c'était toujours en discrétion, à voix basse de peur que des voisins ou mon grand-père n'entendent et revivent ces mauvais souvenirs. Elle me disait toujours, sans doute pour me rassurer qu'ils, sans jamais les nommer, qu'ils avaient été gentils avec elle et toujours elle me parlait d'un soldat allemand qui, un jour, avait sorti une photo pour lui montrer sa femme et son enfant dont il n'avait pas de nouvelles. C'était un peu comme si ma grand mère voulait me dire que tout le monde avait été malheureux dans cette guerre, c'était comme si, comme à son habitude, elle pensait aux autres avant de penser à elle et à ce qu'elle avait pu vivre.

Lucie Estienne, 23 ans, le jour où elle a croisé l'horreur. Ce drame se situe au lieu dit Bézut, vers Euzet les Bains. Le mercredi 23 août 1944, vers midi, le village d’ Euzet les Bains est en liesse car il reçoit un groupe de maquisards qui sentant une victoire proche pavoisent d’un drapeau tricolore le premier étage de la mairie. La joie est générale, c’est la fin de l’occupation, de la guerre et des privations.
Hélas, le rêve passe très vite, vers 15h, un détachement de cyclistes allemands est signalé vers Montaren se dirigeant vers Euzet les bains. Les maquisards et quelques Euzétiens se portent aux limites ouest de la commune, s’embusquent et livrent un court combat. Il y a des pertes chez l’ennemi surpris, mais le docteur Chabaud, le chef des camisards est blessé et deux résistants sont tués.
60 ans plus tard, je conduisais ma grand mère vers Uzès et tout naturellement, les yeux dans le vague, elle m'a déclaré : « j'ai failli mourir ici le 23 août 1944 » Et elle m'a raconté en quelques mots sa version de l'Histoire. Elle était en vélo et a croisé le détachement de cyclistes allemands qui lui ont dit poliment « Bonjour Mademoiselle » Elle leur a répondu poliment aussi mais avec un cœur battant à 200 à l'heure. Les jambes flageolant, elle était décidée à aller prévenir les habitants d'Euzet, elle n'a pas eu le temps c'est alors qu'elle a entendu les coups de fusil cinq minutes après avoir croisé les Allemands.

Comment s'imaginer que les personnes qu'on aime du fond du cœur et qui sont, là, juste à côté de soi, puissent avoir vécu ces horreurs ?
Voilà, pourquoi il est essentiel de se souvenir, de raviver ses souvenirs quand on sent que c'est le moment et surtout de transmettre cette mémoire, la mémoire de ceux qui ont vécu et qui ne sont plus là, transmettre pour ne pas reproduire...

Aujourd'hui, 71 ans après, j'ai souhaité raviver un peu le souvenir de toutes ces femmes, celles que j'ai citées et toutes les autres, non pas pour vous montrer l'émotion qui est la mienne mais juste pour se remémorer ces atrocités, ces horreurs mais aussi ces magnifiques élans de solidarité, de respect, de tolérance et de fraternité.

Pour conclure, je voudrais penser à une autre grande résistante, Lucie Aubrac qui, à la libération, créa la revue féministe « La Femme » dans lequel figure entre autre un reportage sur le camp des femmes de Ravensbrück, reportage écrit par Simone Saint Clair également déportée dans ce camp. C'est sans doute l'un des tout premiers témoignages parus sur les camps de concentration. Elle inséra dans sa revue cette conclusion : « Cette paix sanglante et heureuse comme une nouvelle accouchée, nous allons bien la soigner, la fortifier et l'aimer. Tellement l'aimer avec notre labeur et nos désirs joyeux que jamais les petits enfants de Londres, Rouen, Berlin, Leningrad ou Shangaï ou même Massillargues-Atuech ne reconnaîtront l'horreur des caves sous les bombardements, les parents assassinées, la faim, la saleté, toute la fureur guerrière et imbécile du fascisme »
J'avais besoin en ce 8 mai 2016 de vous exprimer tout cela et de terminer sur ces paroles de Simone Saint Clair : «  cette paix sanglante et heureuse... nous allons bien la soigner, la fortifier et l'aimer. » En effet, j'ai l'impression que dans les jours que nous vivons de nombreux pans de notre Histoire avec un grand H s'oublient, il me semble que cette paix nous ne la soignons pas suffisamment, que nous oublions dans nos rapports avec l'Autre de la fortifier et malheureusement le fait d'oublier notre mémoire collective, notre mémoire individuelle engendre que nous n'aimons plus cette paix et surtout que nous ne l'aimons plus suffisamment pour la rendre moins fragile et moins délicate.

En mémoire à toutes les femmes d'ici et d'ailleurs, à celles d'aujourd'hui, à celles d'hier qui se sont battus et se battent pour notre liberté à nous tous, femmes et hommes, êtres humains
En mémoires aux victimes du terrorisme, aux victimes des attentats en Belgique, en mémoire aux malheureux et aux morts en Syrie, en soutien aux migrants qui vivent des moments tragiques qui font résonance à des situations de la 2° guerre mondiale, en soutien à eux qui sont appelés migrants juste car ils ont dû quitter leur pays car ils étaient poursuivis, exterminés et qu'ils n'avaient plus de liberté ;
A la mémoire de nos résistants, à la mémoire de nos soldats de la guerre 1939-1945, à la mémoire de nos morts pour la France, à la mémoire de ceux qui sont morts et meurent encore aujourd'hui sous les coups de l'intolérance, de la folie, à la mémoire de tous ceux qui se sont engagés et qui s'engagent de nos jours pour notre liberté, je vous demande de respecter une minute de silence.



vendredi 18 mars 2016

Edito du Maire de Mars 2016...

Lettre à Massillargues-Atuech et à ses habitants

Certains l'écrivent à Élise, d'autres à leur France ou à la jeunesse, pour ma part, à ces quelques jours de Printemps, j'ai envie d’écrire une lettre à Massillargues-Atuech et à ses habitants, tous ses habitants sans aucune exception.
Il est parfois important, dans la vie, de se poser et d'écrire ses pensées. C'est ce que j'ai envie de faire aujourd'hui.
Envie d'écrire l'amour qui est le mien pour ce village, Massillargues-Atuech, un village qui représente tellement de belles choses pour moi : des souvenirs d'enfance, d'adolescence et puis des anecdotes de femme et d'élue!
Massillargues-Atuech, un village traversé par certains en vitesse, parfois même très importante la vitesse !
Massillargues-Atuech, un village qui peut sembler si simple, si classique si on ne se perd pas dans ses rues et ses recoins !
Massillargues-Atuech, avec ses grands pans d'histoire détenus par certains et emportés dans la tombe par d'autres !
Massillargues-Atuech, avec ses acteurs économiques, associatifs qui font briller son nom très haut voire très loin pour certains !
Massillargues-Atuech, avec son petit temple, seul édifice religieux, perdu au milieu de nulle part et qui symbolise, juste par sa présence, la notion de résistance et de lutte pour la liberté !
Massillargues-Atuech, avec son plan d'eau sauvage qui réunit des usages et des publics divers !
Massillargues-Atuech, avec ses habitants, tous divers mais qui font simplement la richesse d'un village auquel chacun tient comme un peu de sa famille !

Aujourd'hui, j'ai eu envie d'écrire cela, juste pour affirmer, à ceux qui pourraient penser le contraire, que chaque jour, je suis fière de me lever dans mon village de Massillargues-Atuech et que même, quand je pars loin - pas non plus très loin!- j'ai toujours une pensée ou une histoire à raconter sur mon village.

Mon village, sans ses habitants, il ne serait rien ! Alors cette lettre est aussi pour vous, pour vous dire, peut être solennellement et parce que je n'en ai pas eu forcément la possibilité ces derniers mois, vous dire que les choix que j'ai pris, que je prendrai, sont toujours dictés par l'amour et l'intérêt pour mon village et ses habitants. Rester liée voire reliée à sa terre, à son village, c'est mon objectif personnel primordial. Démontrer que toute politique ne peut être pertinente que si elle est comprise par les citoyens et facilement mise en application sur le territoire est mon ambition pour chacun. Alors, non, je ne fais pas d'électoralisme, je fais juste de la franchise, la franchise qui est en moi depuis toujours et qui ne changera jamais. Ainsi, que je sois, à Toulouse, à Montpellier, à Alès ou dans les rues ou les chemins de Massillargues-Atuech, je suis la même, je porte toujours les convictions qui sont les miennes et que vous me connaissez ou même que vous me reconnaissez pour certains.

Comme au mois de janvier, vous avez reçu plein de bons vœux (même les miens pour ceux qui étaient présents le 8 janvier) et parce qu'il vaut mieux tard que jamais, je viens vous souhaiter une bonne et heureuse année 2016 riche d'humanité, riche de cohérence, riche d'engagements à tous niveaux, riche de respect envers les autres, riche de choix qu'il faut assumer, riches de reconnaissance, riches d'un simple merci, riche d'un simple je t'aime, riche de petits riens et de grands touts, riche de nous tous et riches de petits plaisirs, riche de la vie quoi !
Je voudrais avoir une pensée pour les habitants de Massillargues-Atuech qui vivent des moments difficiles et en particulier à ceux qui, malgré la douleur, ont été et sont présents pour l'intérêt général.

Pour conclure, bises à toi, mon village et bises à tous ses habitants...

Votre Aurélie... tout simplement