Bienvenue sur mon blog!

Élue maire depuis 2 ans le 14 mars 2010, j'ai eu envie de raconter cette aventure sur un blog.
Certains autres Maires ont leur blog alors je me suis dit: Pourquoi pas moi? Voilà, c'est fait: j'attends vos commentaires, vos impressions et tout et tout...

En effet, c'est une véritable aventure que je vis depuis 2008! Une aventure humaine incroyable et une aventure personnelle passionnante!

dimanche 11 novembre 2018

11 novembre 1918 - 11 novembre 2018:100 ans

COMMEMORATION 11 NOVEMBRE 2018

« Je veux offrir ces quelques rimes à tous ces hommes anonymes, tous ces héros sans patronyme, tous ceux qui n'auront jamais d'hymne... Ceux que l'Histoire a vu passer, que la mémoire a effacés... A tous ceux qui se damnent, à tous ceux qui se donnent, hommage aux femmes, hommage aux âmes, hommage aux hommes...» Patrick Bruel

Chers vous tous,

    11 novembre 1918 11h – 11 novembre 2018 11h : 100 ans, le centenaire de la Grande Guerre, conflit au bilan humain terrible pour le monde entier : 12 millions de morts et la France quant à elle déplore 1 400 000 morts , 740 000 invalides, 3 000 000 de blessés, des centaines de milliers de veuves et d'orphelins.
100 ans, un centenaire, cela est synonyme d'événements plus symboliques, de commémorations plus fortes et d'une présence citoyenne plus importante. 100 ans, c'est tenter de rassembler encore plus largement que ce que les élus tentent de réunir dans les commémorations officielles. Je remercie aujourd'hui les instituteurs de l'école Jacqui Privat, Cathy Desplan et Eric Bastide d'avoir travaillé avec leurs élèves sur cet événement historique et d'avoir porté leurs voix en ce jour pour se souvenir.
Commémorer aujourd'hui ce centenaire a une portée très puissante mais aussi est synonyme d'éloignement, du temps qui passe et de la mémoire qui s'efface, de la mémoire qui ne devrait jamais s'effacer et pourtant qui s'efface et on le voit, inéluctablement à chaque nouvelle commémoration mais aussi à chaque terrible image de guerre (même si elles ne sont nullement celles des deux conflits mondiaux), qu'on voit aussi à chaque avènement de populisme dans les pays d'Europe et du Monde. 
100 ans, cela fait énormément d'années. Cela fait de nombreuses années pour moi qui n'ai que 40 ans et je me dis qu'aujourd'hui, 1918 est tellement loin, loin pour vous, élèves de notre école primaire... Alors, il y a le devoir de mémoire, celui que chaque pédagogue tente de raviver, celui que chaque parent ou grand parent peut et veut faire perdurer et celui que chaque élu de la République, au niveau où il est, avec les moyens qu'il a, veut réactiver dans l'esprit et les valeurs de ces citoyens. Mais c'est compliqué, de plus en plus compliqué face aux difficultés quotidiennes vécues par tous. Alors, dans un monde où l'individualisme, malheureusement et on peut le regretter, a pris le pas sur le collectif, on pourrait penser que pour se souvenir, il suffit de se rappeler de notre histoire personnelle si l'Histoire avec un grand H est trop éloignée ou étrangère. J'ai fait ce petit retour en arrière et vous pourrez essayer de le faire pour en parler à ces enfants, à vos enfants et aux générations futures. Le 7 novembre dernier, le grand père de mon compagnon aurait eu 100 ans et le 3 mai 2018, ma grand mère paternelle aurait eu 100 ans aussi. Et je me suis alors rappelée que le 11 novembre 2008, je vous en avais déjà parlé et que justement, vu la chance de l'avoir à ce moment -là, encore à mes côtés, je lui avais exprimé mon étonnement de sa naissance et donc de sa conception dans ces terribles années. Elle m'avait répondu alors, attendrie et émue, « j'ai été l'espoir, l'espoir pour mon père de me voir grandir ». C'était la première fois que je parlais de cette période avec ma Mamé et elle m'a raconté qu'elle était née d'une période d'amour lors d'une permission, que son père, avant de repartir au front, avait dit à son aimée de donner un prénom à cet enfant qui arriverait et que ce prénom, il le choisirait ensemble et pouvant se donner autant à un garçon qu'à une fille. Comme cela si un drame arrivait, cet enfant aurait un prénom choisi par son père et sa mère. Ainsi, quand le père de ma grand mère a reçu le télégramme annonçant la naissance, il n'a pas eu à demander le prénom, il le savait déjà, c'était Andrée au féminin et quelques mois plus tard, sain et sauf, il a retrouvé son espoir, l'espoir qu'il gardait, au fond du cœur, dans les tranchées. Vous voyez, je me dis que dans chaque famille, même 100 ans après, il doit et il devrait perdurer des souvenirs comme celui que je viens de vous narrer alors n'hésitez pas, même 100 ans après, avec l'âge que vous avez soit de rappeler des souvenirs familiaux liés à la Grande Guerre soit de poser la question à vos parents, à vos grands parents ou même arrière grand parent. C'est cela le devoir de mémoire et c'est cela aussi l'itinérance mémorielle dont nous avons entendu parler toute cette semaine avec le Président de la République Emmanuel Macron, itinérance mémorielle de chacun d'entre nous, de chacune de notre histoire familiale, itinérance mémorielle par la lectures de textes et de poèmes par vous, jeunes citoyens en formation, Ycare, Tom, Zoé, Numa, Angie et Lou, Romane et Lilou, par les chants de jeunes enfants, Eva,ma filleule, Juliette, Clélia, Timoté et Sélène comme vous l'entendrez avec Bella Ciao à la fin de cette cérémonie.

Liste des MORTS POUR LA FRANCE de 14-18 + 39-45 + les 3 soldats décédés en opération en 2018

    Aujourd'hui, en ce 11 novembre 2018, rappelons-nous combien il est important de nous souvenir. Cela sert à rappeler à chacun, aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Dans une guerre, au fond, il n'y a que des perdants.
Soyons conscients de la fragilité de notre société française, européennes et mondiale qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme (plus de 69% d'augmentation d'actes antisémites sur les neuf premiers mois de l'année 2018, une honte!), de l'exclusion et du rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous.
L'actualité nous rappelle chaque jour, avec ses images tragiques, combien les armes, les conflits, les guerres n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde.
Ce Monument aux Morts devant lequel nous nous inclinerons pour la minute de silence grave le souvenir de nos valeureux Aînés tombés. En mémoire de leurs épreuves et de leur glorieux comportement, conservons à cette commémoration du 11 novembre 1918, la réelle dimension que nul n'a le droit d'effacer, d'amoindrir ou d'ignorer. Ils se sont battus pour un idéal de paix, de liberté et de fraternité. Ils sont morts pour la France !

Liste des MORTS POUR LA FRANCE de 14-18 + 39-45 + les 3 soldats décédés en opération en 2018

Souvenons nous de ce 3 août 1914 et de ce tocsin qui retentit dans toutes les communes de France et de la mobilisation qu'il a entraîné...
Souvenons nous en tant qu'habitants d'une commune rurale du Sud de la France, de ces paysans, de nos paysans mobilisés et arrachés à la terre qui les avaient vus naître pour se retrouver dans la terre des tranchées dans le Nord de la France et du mal du pays qu'ils traînaient chaque jour, inlassablement en plus de la peur qui jaillissait des tranchées
Souvenons nous de ceux qui en ont échappés et de ceux qui y sont restés
Souvenons nous de ceux qui n'ont pu raconter, jamais, l'effroi et l'horreur d'une guerre
Aujourd'hui, il nous appartient à toutes et à tous de nous souvenir de ce 11 novembre 1918, de cette paix que chacun croyait alors éternelle, ce devait être la Der des Ders
Souvenons nous de tout cela et plus encore, souvenons nous afin de préserver la paix, cette paix que nos ancêtres ont obtenu au prix de leur vie, souvenons nous afin de défendre les fondements de notre République et de l'Europe
Souvenons nous tout simplement malgré le temps qui passe pour ne jamais reproduire les erreurs et les horreurs du passé
Souvenons nous pour accepter la diversité, pour comprendre les différences
Souvenons nous pour être tolérants, pour avoir du respect pour l'autre et le prendre tel qu'il est
Souvenons nous...

En mémoire de nos morts pour la France, en mémoire de tous nos ancêtres, des miens et des vôtres, en mémoire de ceux qui sont revenus sans jamais en parler et sans jamais oublier, en souvenir de ceux qui sont morts, en mémoire de nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde, je vous demande de respecter une minute de silence.

mardi 8 mai 2018

8 mai 2018

La commune de Massillargues-Atuech vient de subir ces derniers temps des décès de figures du village, des femmes et des hommes au destin intéressant, des femmes et des hommes aux souvenirs incroyables et des citoyennes et citoyens engagés présents aux événements sur la commune et en particulier aux cérémonies commémoratives. Présence sans doute accentuée et effective par rapport aux événements que ces personnes ont dû vivre ou dont on leur parlait depuis leur enfance, ils ont grandi avec les anecdotes du père ou de la mère sur la Grande Guerre, ils avaient souvenance de leurs propres anecdotes de la deuxième guerre mondiale et puis le temps avance... Ceci me fait revenir sur le constat que je fais et que nombre d'entre vous doivent faire aussi sur la présence peu importante d'enfants, d'adolescents ou de jeunes adultes aux cérémonies commémoratives.

J'ai donc voulu que mon discours de ce 8 mai 2018 ait pour fil conducteur la transmission et le devoir de mémoire. Transmettre, c'est raconter une histoire, c''est raconter l'Histoire. Je vais donc vous raconter une histoire. Alors, j'aurais pu vous raconter l'histoire d'un des 55 millions de morts, d'un des 3 millions de disparus, d'un blessé parmi les 35 millions qu'a compté ce conflit meurtrier. J'aurai pu vous narrer l'histoire de jeunes femmes Andrée et Lucie lors de la deuxième guerre mondiale, Andrée et Lucie qui, chacune à leur manière ont frôlé la mort au contact d'allemands, à Massillargues-Atuech et à Euzet les Bains mais ces deux histoires, je vous les ai déjà racontées. J'aurai pu vous parler de mes parents nés quelques mois après la fin de la guerre 39-45, j'aurai pu vous parler d'histoires de résistance comme celles que mon grand père Franou me dévoiler à demi mots voilés ou par bribes dans nos échanges, j'aurai pu vous parler du déroulement de la bataille de la Madeleine comme Guy Pompairac peut m'en parler mais là, je vous laisse le plaisir d'en discuter avec lui.

Je vais juste vous narrer quelques instants de vie d'une enfant juive sous l'occupation et qui deviendra une belle dame. Elle se prénomme Mireille. L'histoire de Mireille est d'abord celle d'un grand nombre d'enfants du quartier juif du Marais alors voué aux ateliers textile. Cet enfant-là comme sans doute d'autres de cette époque ne comprend pas bien pourquoi dans la cour de récréation, on lui assène parfois des « sale juive », elle dont la religion est discrète dans sa famille. Mireille a 9 ans et porte l'étoile jaune le mercredi 15 juillet 1942 quand le secrétaire général de la police du gouvernement de Vichy, René Bousquet lance la chasse qui aboutira à l'arrestation de 13000 juifs, dont plus de 4000 enfants, qui seront rassemblés au vélodrome d'hiver puis envoyés dans les camps de la mort.
Ce mercredi 15 juillet 1942, c'est un matin d'été étonnamment froid : Mireille et sa mère sont parties faire la queue devant les rares magasins où elles ont encore le droit de s'approvisionner. Ce même jour est publié le décret interdisant les lieux publics aux juifs. Des voisins alertent Mireille et sa maman que des rafles sont en cours. Lors de la tristement célèbre rafle du Vel d'Hiv, le papa de Mireille n'échappera pas aux gendarmes de René Bousquet, il sera déporté au Camp de Gurs dans les Pyrénées. Mireille et sa maman réussiront à passer la ligne de démarcation. Des policiers les arrêteront mais le passeport brésilien de la mère de Mireille les sauvera, les policiers les laisseront passer. Ce même passeport sauvera le papa de Mireille qui libéré, retrouvera son épouse et ses enfants à Lisbonne. Après de nombreux déplacements, la famille retrouvera Paris en juin 1947. Persuadés que la famille de Mireille ne survivrait jamais à la guerre, les gardiens de l'immeuble avait pris possession de leur appartement.
Mireille est donc une survivante tout comme celui qui deviendra son époux en 1951, Kurt, rescapé d'Auschwitz. Mireille sera toute sa vie une voyageuse, elle voudra faire découvrir tous les pays à ses enfants en leur inculquant l'amour des différentes cultures. Mireille était ouverte, encore plus tolérante, elle parlait allemand, yiddish, anglais. Elle avait horreur d'un monde reclus sur soi. Elle voulait transmettre la générosité, la bienveillance, l'amour des autres et tant encore. Mireille était une épicurienne, bonne vivante, romantique, amoureuse. Dans son appartement parisien, elle aimait écouter la voix chaude de Mike Brant, son idole, la gouaille d'Edith Piaf et les mélodies de Cloclo. Mireille continue sa vie jusqu'à ce 23 mars 2018 où un petit garçon qu'elle connaît depuis l'âge de 7 ans devenu grand et pas très recommandable éteindra sa vie. Sans doute, par à rapport à son histoire, à ses souvenirs, Mireille ne supportait pas la violence, elle la comprenait encore moins. Elle n'était pas méfiante et les épreuves de la vie ne lui avaient pas enlevé le goût du bonheur jusqu'à ce terrible jour. Tout cela, tous ces événements, toutes ces valeurs, Mireille les a transmis à ses enfants et petits enfants. Pour en témoigner, pour son dernier Adieu, ses enfants avaient invités toutes les religions avec ces mots « si nos amis chrétiens, musulmans, noirs, protestants, si tout le monde vient, ce sera montrer qu'on n'est pas prêts à se résigner » et c'est ainsi que le 28 mars 2018, le peuple français était réuni main dans la main pour exprimer son émotion lors de la marche blanche hommage rendue à Mireille Knoll. Mireille Knoll, cette dame tuée chez elle quelques heures après l'attaque terroriste de Carcassonne et de Trèbes.
Mireille Knoll était de ces passeuses de mémoire, de ces citoyens anonymes qui racontaient les épreuves du passé, dures, éprouvantes et tristes, qui racontaient pour tenter de comprendre l'incompréhensible, pour tenter d'affronter les causes de ces drames et surtout pour tenter d'expliquer l'inexplicable pour qu'il ne se reproduise jamais.

« Je connais par bonheur un passeur de lumière amoureux des étoiles et curieux de la Terre...
Ça m'a fait tant de bien de savoir qu'il existe des hommes tels que lui qui souffrent et qui résistent.
Son regard bleu s'éclaire de sage et de marin posé sur l'univers, il m'a montré le chemin, sa passion pour hier mais à croire en demain... Défricheur de l'azur, l’œil toujours en alerte il marche à l'aventure, part à la découverte devant l'immensité qu'il nous reste à connaître.
A quoi sert de rêver si ce n'est pour transmettre. Lorsque l'élève est prêt arrive alors le maître...
A travers sa mémoire il m'a ouvert les cieux et m'a confié un soir : quand je serai trop vieux un jour j'y verrai moins et tu seras mes yeux. Jamais il ne s'endort sans saluer la nuit. Je bénis ce trésor partager avec lui mon passeur de lumière. Il éclaire ma vie »

Passeurs de lumière comme l'écrit si bien Yves Duteil, passeurs de mémoire... Je souhaite aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes d'aujourd'hui, de croiser des passeurs de lumières, des passeurs de mémoire, à vous tous aussi, à nous tous, je nous invite à être à l'écoute de ces passeurs de mémoire pour ne pas reproduire les erreurs et les tragédies du passé. Passeurs de mémoire, c'est aussi ne pas banaliser le rejet de l'Autre, c'est stopper les blagues à la limite du supportable, c'est dire NON à des propos racistes, extrémistes dans des lieux qu'ils soient privés et encore plus publics, c'est ne pas accepter qu'un Président, fusse t-il, celui de la première puissance mondiale déborde par ses paroles, ses tweets ou ses gestes, c'est condamner fermement les propos racistes d'un chef d'escadron, c'est oser s'élever contre des cris d'animaux et des sifflets dans un stade de football et c'est tant d'autres gestes, mots et horreurs que l'on vit aujourd'hui malheureusement quotidiennement.
Soyez vous mêmes, par votre histoire, par votre patrimoine, par vos souvenirs, par vos aïeuls, par votre humanité, par votre solidarité des passeurs de lumières, des passeurs de mémoires pour nos générations futures.

En mémoire de nos morts pour la France, en mémoire de tous nos ancêtres, en mémoire de nos passeurs de lumière, en mémoire de ceux qui sont revenus sans jamais en parler et sans jamais oublier, en souvenir de ceux qui sont morts, en mémoire de nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde, en mémoire des victimes de l'antisémitisme, du racisme et du terrorisme en France et dans le monde entier, en mémoire de Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna, Arnaud Beltrame, Mireille Knoll mais aussi Sarah Halimi, Brahim Bouarram et trop d'autres, je vous demande de respecter une minute de silence.

samedi 6 janvier 2018

Mon discours pour les voeux de l'année 2018

Dans les discours de vœux, je me pose toujours la question de savoir si un discours pour une telle occasion doit être politique ou pas. Mon discours ce soir parlera de vous, de nous, de notre commune, de notre cité, en ce sens il sera politique. Il ne parlera nullement d'élections présidentielles ou législatives, elles ont eu lieu en 2017 et elles ont donné le résultat que l'on connaît. Mon discours parlera juste de la vie, de votre vie, de notre vie, de la vie d'un conseil municipal, de la vie d'un Maire de petite commune et non pas de la vie d'une petite élue, fusse t-elle pas bien grande. Je sais que chacun d'entre vous comprend bien là, la différence et la signification entre ces deux expressions contrairement peut être à des personnes haut placées dans certains ministères comme celui de la cohésion des territoires par exemple, magnifique terme dont on discutera plus tard autour d'un verre de vin !
La seule parenthèse un peu plus politique que je vais me permettre est pour vous dire le désarroi, l'inquiétude et la colère des élus locaux et ces sentiments-là ne seront pas atténuées par une annonce de hausse d'indemnités de fonction pour les élus des communes de plus de 100 000 habitants, hausse qui, d'ailleurs n'est pas un cadeau de l’État mais est, tout simplement une hausse des dépenses de fonctionnement dans les budgets communaux au moment où l’État, le même qui annonce, demande de réduire ses dépenses !
Les élus locaux sont désespérés quand ils voient ce qui leur retombe dessus sans contrepartie de l’État. Pour exemple, depuis le 1° novembre 2017, la Mairie est en charge de procéder à l'enregistrement des PACS. Certes, un bel acte dont j'aurais le plaisir de m'acquitter mais qui engendrera un coût pour la commune avec la réactualisation du logiciel d'acte d'état civil. Certes, il n'y aura pas beaucoup de PACS sur la commune de M-A mais le prix du logiciel, lui, ne sera pas proportionnel ! Alors, oui, les élus locaux sont désespérés, sont inquiets surtout à l'approche du vote du budget où d'un côté, le gouvernement annonce une stabilité des dotations de l’État (j'attends de voir pour vous dire) et d'un autre annonce la suppression de la taxe d'habitation avec l'annonce aussi d'une contrepartie à l'euro près. Alors, oui, tout cela est fait d'annonces mais il faut comprendre qu'à quelques semaines de voter les budgets communaux, cela n'aide guère à la sérénité, à la zénitude face à des budgets déjà très contraints pour des communes rurales. Alors, si Monsieur le Représentant du Député Olivier Gaillard, mon ami défenseur des communes rurales et des élus locaux depuis très longtemps peut être le porteur de ses inquiétudes auprès de l’État ce serait déjà une bonne chose pour l'année 2018 qui s'ouvre à nous. Les annonces ne peuvent pas être faites sans savoir en amont, pertinemment et de façon réaliste comment elles vont se décliner sur les territoires et dans les budgets des communes.

Chaque année, je fais un sondage auprès des adjoints et des secrétaires de Mairie pour trouver la citation qui vous invitera à la traditionnelle cérémonie des vœux. Cette année, le choix a été très serré et comme il a été difficile aussi pour moi de départager, je vais tenter d'incorporer les citations candidates tout au long de mon discours.


"Penser, écouter, agir,... Libre." Hubert Mouly, Maire de Narbonne de 1971 à 1999. Voici la citation par excellence d'un élu local.  Parfois voire souvent, les habitants d'une commune, pensent que les actions de leurs élus peuvent être mauvaises, injustes, incompréhensibles et pourtant quand elles sont régies par l'intérêt général, elles sont indiscutables. Voici le sens qui me guide, qui nous guident, élus municipaux de M-A dans nos décisions et en particulier dans l'élaboration du PLU, ce document à construire dans un cadre très limité, strict, discutable parfois et pourtant légal donc pour nous forcément applicable, ce document à construire avec un timing serré. Comme nous avons eu l'occasion de le rappeler publiquement à plusieurs reprises, nous avons contesté certaines règles qu'on nous impose car pour nous, ces règles sont incompréhensibles voire contradictoires avec la réalité. Alors, certes, à force d'insistance, de travail, de contre proposition, toujours argumentées, nous avons gagné certains arbitrages et malgré tout, nous en avons perdu d'autres. C'est la règle d'une loi. Ici, dans cette commune, depuis de nombreuses années et mandats municipaux, les élus ne sont pas forcément reconnus pour leur docilité. Par contre, ils sont connus et reconnus pour leur consistance et leur respect de la démocratie et des règles de la République. Quand la Loi est votée, elle est votée et elle doit être respectée ! J'ai souhaité débuter mon discours par ce thème-là car je sais, car j'entends que c'est un thème fort, complexe et majeur de cette mandature municipale. Je ne suis pas du genre, vous le savez, à me dérober, il en est de même pour les élus municipaux, nos choix, comme tous les autres que nous avons eus à faire, que nous aurons à faire d'ici 3 ans, nous vous les présenterons, nous vous les expliquerons, plusieurs fois, même s'il le faut et il le faudra mais au final, nous les assumerons car être élu, c'est aussi çà, assumer, en toute transparence mais assumer. "Penser, écouter, agir,... Libre."

Shimon Pères disait "Je ne regrette aucun de mes rêves, mon seul regret est de ne pas avoir rêvé davantage." Cette citation arrive à ce moment de mon discours pour vous parler d'un ancien Maire de la commune, Claude Foubert. En effet, alors que peu de personnes le soutenaient, alors que la question d'environnement n'était pas autant présente et appréhendable qu'aujourd'hui, il a eu un rêve et ne l'a jamais lâché, celui de créer un plan d'eau à Atuech, près du Gardon. Projet devenu réalité, avec le succès que l'on n'y connaît. Ce plan d'eau, nous en fêterons en 2018 les 25 ans de création. Durant toute l'année 2018, cette structure sera fêtée comme il se doit, par l'ensemble de ses usagers, autour d'événements festifs, culturels, pédagogiques, sportifs et plus encore. Cette série de manifestations a débuté fin 2017 autour de la Ste Catherine avec la plantation d'arbres au plan d'eau par l'association Soroptimist que je profite pour remercier à nouveau et débutera en 2018 avec le championnat du Gard de cross dimanche prochain au plan d'eau organisé par l'ACNA. Je vous invite à suivre l'affichage et les diverses annonces de ces beaux moments qui vont constituer La Fête du Lac !

L'écrivain Paolo Coelho méditait ainsi "Personne ne doit avoir peur de l'inconnu parce que tout Homme est capable de conquérir ce qu'il veut et qui lui est nécessaire" A notre plus petite échelle, je prends cette citation comme le fait de penser qu'en persévérant, avec beaucoup de volonté et malgré de nombreuses embûches, on arrivera au but que l'on s'était fixé, au projet que l'on imaginait.
La fonction d'élu et plus particulièrement celle d'élu local est parfaitement symbolisé par cette citation.
Sans commune mesure mais parce que c'est un projet qui nous tient à cœur, malgré sa thématique, nous avons fait nôtre cette citation dans la mise en place de l'extension du cimetière en cimetière paysager qui sera enfin mis en action en 2018 suite à l'obtention de subventions que nous sommes allés chercher à la force de nos convictions et ce ne fut pas facile. Combien de portes de financeurs fermées parce qu'on demandait des subventions pour un cimetière ? C'est sûr, c'est moins glamour qu'une école qu'on a déjà, qu'une salle polyvalente qu'on a déjà, qu'une Mairie qu'on a déjà, il nous fallait un cimetière, c'est tout ! Alors, on a étoffé le projet, on a rebaptisé certaines lignes budgétaires pour au final obtenir des subventions d'Alès Agglomération, du Département du Gard et dernièrement, gagnée de haute lutte, une subvention de la Région Occitanie. Ce projet pilote dans le département est en cohérence totale avec les valeurs des équipes municipales successives de M-A et avec l'obtention du label Terre Saine, plus haute distinction environnementale sur les espaces publics. La vie d'une petite commune, c'est aussi cela, de beaux projets qui mettent du temps à se réaliser car très souvent, il faut du temps mais il faut aussi de l'argent et il faut du liant entre les éléments et entre les personnes.
Pour certains habitants, les actions ne vont peut être pas assez vite mais il est nécessaire que tous les éléments soient en place pour que le projet fonctionne ! Le temps dans notre société contemporaine est une notion très discutable mais tellement précieuse.

Quelqu'un a dit « Oublie ton passé, qu'il soit simple ou composé, participe au présent et ton futur sera plus-que-parfait !" Cette citation anonyme déclinée sur le carton d'invitation de cette soirée prend tout son sens à M-A. Il n'y a qu'un terme que j'aurai changé dans cette citation choisie à la majorité, c'est « oublie ton passé » Pour ma part, je reste persuadée qu'il ne faut jamais oublier son passé, il faut s'appuyer sur ce passé qui n'a certainement pas été simple et en tirer le meilleur parti pour participer et agir au présent pour notre avenir. J'en profite pour avoir une pensée pour les habitants et les personnes qui ont marqué le village et qui nous ont quitté en 2017. Je pense à leurs familles, à leurs proches. Je sais la peine et la douleur qui est les leurs dans de telle épreuve malgré le nombre des années, malgré la maladie ou la souffrance. L'absence est toujours difficile à combler.

Avant de terminer, je ne peux pas éluder le drame qui a eu lieu sur la commune de Reines-marguerites en début d'année 2017. Je ne peux pas l'éluder car cela fut une épreuve pour certains habitants voisins du drame et cela fut une épreuve aussi titre personnel. Je vous remercie d'avoir été autant respectueux du travail d'enquête et de ne pas avoir mis de l'huile sur le feu malgré la présence de nombreux médias, prêts à nous faire dire tout, même ce que l'on n'avait pas dit. Pour ma part, je remercie très chaleureusement les pompiers, les gendarmes, les inspecteurs de police et les policiers scientifiques pour leur soutien total et chaleureux envers une élue pas du tout préparée à un tel drame.


Je vous le dis souvent et je le pense réellement très fort, la fonction de Maire est une formidable expérience enrichissante mais c'est aussi parfois une terrible épreuve et heureusement qu'il y a des professionnels comme ceux que j'ai eu la chance de côtoyer pour vous aider mais aussi des habitants, des agents communaux, des amis et ma famille. Merci.

Pour présenter mes vœux, je voudrais m'adresser en premier à la formidable équipe d'agents communaux que nous avons la chance de compter sur la commune de M-A, à ceux qui sont là, à ceux qui ont été retenus, à ceux qui ont été de passage et qui ont laissé de très belles traces, je tiens à vous souhaiter une année autant prolifique que 2017 au service des citoyens, au quotidien et dans l'intérêt général. Souvent, les humoristiques, c'est logique c'est leur art, parfois ce sont des personnes plus sérieuses, là, c'est plus grave, critiquent les fonctionnaires et tirent à boulée rouge sur eux. A leur fiel, je ne réponds qu'une chose, qu'ils viennent dans nos communes rurales voir le travail et l'engagement de ces personnels. Merci à vous.

Au conseil municipal de M-A, tout simplement merci d'être là, présents dans les bons et les mauvais moments, merci de me lire tardivement quand certains événements sont trop lourds à porter et que j'ai besoin de vous les écrire ou de vous les dire. Bonne année à vous et à vos proches qui supportent votre engagement total et indéfectible à la commune !

Aux dirigeants d'entreprises, petites ou plus grandes, aux dirigeants et bénévoles d'associations, aux artistes et artisans pour l'année 2018, continuez à faire rayonner notre commune, ses valeurs, ses richesses, ses talents et son état d'esprit par delà les frontières communales, départementales et régionales.

Pour conclure, je vais m'adresse à vous tous et à chacun d'entre vous. Noël 1980, je vais avoir trois ans et sous le sapin, je trouve un magnifique jouet dans un carton. Je vais alors m'amuser qu'avec ce carton qui, à tour de rôle, devient ma voiture, mon tracteur ou mon camion. Noël 1980, à l'autre bout de la France, un petit garçon va avoir trois ans et reçoit comme cadeau une navette en carton. Avec ce cadeau, ses rêves vont commencer et vont l'emmener jusqu'en 2017 à bord de la Station Spatiale Internationale. Ce petit garçon qui a travaillé pour réaliser ses rêves, il s'appelait Thomas Pesquet. Alors, ce soir, pour terminer mon discours, je vais vous demander de travailler et de réfléchir à vous, à votre Noël de vos trois ans (c'était le cas de ma fille cette année) et aux rêves que vous aviez à ce moment-là... Pour cette année 2018, je vais vous souhaiter de continuer à travailler pour vos rêves, de vivre chaque instant de bonheur à fond tout en les savourant, de montrer à vos proches combien ils comptent pour vous et ce qu'ils vous apportent chaque jour. Que votre année soit remplie de bonheur, de santé, de tas de projets qui aident à s'exprimer, de petits tout et de grands riens qui font l'équilibre d'un être ! Heureuse année 2018 et vivez, revivez, partagez et exprimez vos rêves pour que votre futur soit plus-que-parfait... Quoi qu'il arrive, croyez en la vie, croyez en demain, croyez en ce que vous faites, mais surtout, croyez en vous...
Merci...

mardi 2 janvier 2018

Mes voeux

" Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horlog
e; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise." Charles Baudelaire

Alors, enivrez-vous de plaisir, de bonheur, d'amour, de santé, de joie, d'amitié, de petits tout et de grands riens, de paysages, de rencontres, d'envie, de frissons, de baisers, de caresses, de tumultes... et d'un bon verre de vin bio aussi!

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2018!!!

mercredi 20 décembre 2017

Egalité Femmes Hommes / Mon intervention à la plénière régionale du 20 décembre 2017

Être femme de son siècle et permettre à chacune de briser les barrières: voilà ce qui doit nous guider dans nos actions en faveur de l’égalité femmes – hommes.

Aujourd’hui encore les femmes sont sous-représentées dans les fonctions dirigeantes, au sein des assemblées élues, dans l'administration publique ou encore dans le secteur privé ou le monde universitaire. Et ceci malgré leurs compétences maintes fois démontrées. Trop nombreuses sont encore les barrières structurelles et les obstacles machistes qui nous écartent des lieux de décision, d’élaboration. Les mentalités changent, les comportements évoluent mais les chiffres parlent malheureusement. Aucune action n’est donc anodine et la signature de cette Charte par notre Région, ainsi que la déclinaison du Plan d’action régionale sont des éléments qui comptent.
 
Pour ma part, je m’attacherai à deux points. Tout d’abord, nous devons lever les barrières qui classent encore certains métiers dits masculins ou féminins. Notre collectivité doit agir (et le fait) dans le cadre de sa compétence formation pour que les femmes (et les hommes également) accèdent à n’importe quelle formation. Assez que des jeunes hommes comme ceux que nous avons rencontrés avec Kamel Chibli, la semaine dernière, dans le Gard, se retrouvent en formation de tourneur fraiseur alors qu'ils ne souhaitent qu'être en formation d'auxiliaire de vie! Pour cela, il faut également multiplier les actions de sensibilisation des jeunes et moins jeunes. C’est avec la jeunesse que nous pourrons briser les barrières.
 Enfin, je voudrais souhaiter un joyeux Noël à toutes les petites filles qui auront sous le sapin ceux qu'elles ont souhaité même le tracteur dernière génération Massey Fergusson ou Case, pourvu qu'il soit rouge pour elles!!!

Pour conclure, je me permets un clin d’œil sportif. Tout d’abord pour féliciter l’équipe de France de Handball et enfin pour me réjouir de l’accueil entre autres à Montpellier de match lors de la  Coupe du Monde féminine de football en 2019. La place des femmes dans notre société passe aussi par la reconnaissance du sport féminin.

Je vous remercie.

samedi 11 novembre 2017

« Je suis un village, comme quelques autres en France... Bien avant les pansements, je n'avais que des paysans. J'en ai vu qui butinaient, flânaient ou glanaient des pelletés de mirabelles vers la fin de l'été. Je crois que l'unique chose qui a changé ma vie fut l'arrivée des taxis. Ils sont plein selon les regroupements. Il y a les gueules cassés et pour les blessés prothèses et pansements. Face à face ils se font front dans les tranchés. Avant tout ce manège, j'étais un village enchanté !
On ne me croit pas, ça semble irréel et pourtant avant tout ce manège j'étais un village enchanté. Les seuls témoins sont les mirabelles d'avant tout ce manège.
Ils se sont préparés pour la bataille et dans l'artère principale c'est la pagaille ! Ils portent des uniformes bleus rouges voyants avec montre à gousset, couvre-chef flamboyant. La grosse Bertha fait face au Crapouillot. Le flot de feu est continu, soutenu par les artiflots. Comme à Valmy nous répétait l’académie, une bataille, des acclamations et c'est l'accalmie !
Les murs ont des oreilles, c'est la fête au village, le théâtre aux armées nous fait découvrir le jazz. Il y a des fanions, des litrons, du tapage et cette odeur maudite... Le vent nous ramène les gaz !
Il y a de la joie, des pleurs, des fleurs et... la peur : tout à l'heure on a fusillé un déserteur. Il avait juste ce poème dans sa vareuse... Adieu, Meuse endormeuse ! 
»

Chers vous tous,
J'ai souhaité débuter mon discours de ce 11 novembre par les paroles de la chanson « Les mirabelles » de Mc Solaar. Ce texte parle de la première guerre mondiale et pour moi qui, régulièrement, vous parle de transmission et de devoir de mémoire, ces mots posés sur le papier, pesés, choisis précisément ont une résonance moderne sur cet événement dramatique et reprennent bien ces valeurs de transmission et de devoir de mémoire. J'ose espérer que les jeunes qui écouteront le grand artiste qu'est Mc Solaar pourront ainsi, réfléchir, analyser, tenter de comprendre cette période peut être en allant chercher de l'aide ou des explications. C'est cela le poids des textes, le poids des mots et l'importance de la culture dans sa diversité.
A la veille du centenaire de la commémoration du 11 novembre 1918, il est important aujourd'hui de se pencher sur l'année 1917. En effet, cette première guerre mondiale est un conflit meurtrier sans nom et l'année 1917 sera l'année la plus terrible de la Grande Guerre.

Depuis la fin de 1914, la guerre a pris une tournure qu’aucun gouvernement n’aurait imaginé aux premiers jours du conflit. Une nouvelle vie s’installe pour les soldats, obligés de vivre entre une mort hasardeuse à l’assaut ou au détour d’une tranchée et dans un univers d’acier et de boue. S’ajoutent encore la médiocrité de la nourriture et la rareté des permissions ce qui accentue la morosité générale. Au printemps 1917 cette morosité passe subitement au refus catégorique d’aller à l’assaut : la désobéissance gagne rapidement les deux tiers des divisions françaises et certains soldats tentent même d’aller à Paris rencontrer les députés pour les informer de leur sort.
Les soldats français ne refusent pas la guerre mais un certain type de guerre : une guerre inutilement sanglante, un assaut dont on sait à l'avance qu'il ne mènera à aucune possession supplémentaire. A cette première revendication, s’ajoute la volonté de voir s'améliorer leurs conditions d’hygiène et de bénéficier de permissions plus nombreuses. A long terme, ces mutineries auraient pu être néfastes si quelques officiers n’avaient pas compris la situation inédite que cette nouvelle guerre engendre.
L'année 1917 est aussi celle d'une crise politique russe. Si l’on donnait à la Russie le surnom de " colosse aux pieds d’argiles ", c’est bien pour souligner à la fois la force de son armée en nombre et la faiblesse de celle-ci et de la société Russe encore archaïque dans son équipement général. La Russie ne peut pas soutenir une guerre contre un ennemi plus fort, mieux équipé et mieux organisé. Les défaites se succédant, la lassitude et le désespoir gagnent l’ensemble de la population. Au début de l’année 1917, la Russie est épuisée, les désertions se multiplient et les villes connaissent des troubles d’approvisionnement qui rendent la situation explosive. En mars 1917, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix. Mais la Russie n’est plus une force d’attaque et les Alliés craignent une intensification de l’effort allemand à l’ouest. En octobre 1917, Lénine et Trotski organisent une seconde révolution ; les bolcheviks prennent le pouvoir et, le nouveau régime n'étant pas en situation de continuer la guerre, lancent des pourparlers de paix avec les Empires centraux.
En 1917, l’entrée en guerre des États-Unis engendre de grands avantages pour les alliés. Les échanges commerciaux et financiers se multiplient, la mise en place de 35 torpilleurs permet de combattre la guerre sous-marine et instaure une sécurité maritime. L'année 1917, par les événements qu'elle contient, est le tournant de la guerre.
Une guerre avec un bilan humain terrible pour le monde entier : 12 millions de morts et la France quant à elle déplore 1 400 000 morts , 740 000 invalides, 3 000 000 de blessés, des centaines de milliers de veuves et d'orphelins.

Lors du premier conflit mondial, alors que les frontières nationales s’effacent et que s’installe le front, plus de 12 millions d'Européens se trouvent à un moment donné amenés à fuir la guerre, à devenir des « réfugiés ».
Ceux qui quittent la zone des combats, les évacués par les autorités militaires, les internés, les rapatriés en France non occupée, au-delà d’itinéraires très divers, ont en commun des départs plus ou moins forcés et un exil durable. En 1918, en France, ce sont encore 2 millions de réfugiés, essentiellement originaires du Nord et de l’Est, qui vivent loin de chez eux.
En 1914-1918, le déplacé de guerre devient un acteur central de ce conflit d’un genre nouveau et est un enjeu pour tous les belligérants qui doivent organiser, orienter et contrôler ces mouvements de population.
Suivre ces chemins de civils en guerre sur le front ouest nous invite à redécouvrir combien la Première Guerre mondiale a bouleversé les horizons des populations européennes.
Il me semblait important aujourd'hui de préciser cela et de rappeler que les guerres dans l'histoire ont malheureusement engendré des déplacements de civils. Dernièrement, j'écoutais le rappeur Damso qui a fui avec sa famille la République démocratique du Congo à cause du conflit armé les menaçant. Il répondait à un journaliste qui lui posait la question de la difficulté de certains pays à accueillir les réfugiés et il répondait ainsi : « Quand il y a la guerre, il faut savoir que ce n'est pas évident. Quand on quitte un pays, c'est pas parce qu'on n'aime plus le nôtre, c'est juste parce qu'on ne peut plus y vivre. Le jour où il y aura, j'espère que çà n'existera jamais mais s'il y a une guerre, les gens comprendront la notion de réfugiés. »

Le devoir de mémoire est là, nous ne devons pas avoir besoin d'une nouvelle guerre pour comprendre certains notions comme celles des réfugiés. Les guerres ont trop faits de dégâts pour ne pas en tirer les leçons et ne pas reproduire ces situations tragiques !
Aujourd'hui, en ce 11 novembre 2017, rappelons-nous combien il est important de nous souvenir. Cela sert à rappeler à chacun, aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Dans une guerre, au fond, il n'y a que des perdants.
Soyons conscients de la fragilité de notre société qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme, de l'exclusion et du rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous.
L'actualité nous rappelle chaque jour, avec ses images tragiques, combien les armes, les conflits, les guerres n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde.

En mémoire à ces citoyens libres et qui se sont battus pour rester libres, en mémoire à tous ces poilus, en mémoire aux fusillés pour l'exemple, en mémoire à tous les civils pris dans des conflits qui les dépassent, en mémoire aux soldats dans le Monde, en Europe et en France protégeant au quotidien nos libertés, en mémoire aux victimes de ces trop nombreux attentats partout dans le Monde, commémorons aujourd'hui, ensemble, la fin de la première guerre mondiale soi disante la Der des Ders, célébrons le retour de la Paix, protégeons par notre souvenir cette Paix et rendons hommage à tous les combattants morts pour la France.

Je vous demande de respecter une minute de silence

mercredi 10 mai 2017

Les propositions du nouveau Président de la République pour les collectivités territoriales

Voici les projets du président de la République élu dimanche, Emmanuel Macron, tels qu’il les avait dévoilés le 22 mars devant les maires de France.

Réforme territoriale
Partisan d’une « pause institutionnelle », Emmanuel Macron ne souhaite pas engager une nouvelle réforme territoriale. « La commune doit rester l’échelon de référence de notre organisation institutionnelle », a-t-il affirmé devant les maires, le 22 mars. Il s’est également déclaré « favorable au maintien du fléchage pour l’élection des élus intercommunaux » dans la perspective des élections municipales de 2020, exception faite des métropoles.
Il suggère cependant de « réduire de 25 % le nombre de départements d’ici à 2022, principalement là où de grandes métropoles ont été créées », les conseils départementaux « demeurant un échelon pertinent aux côtés des villes moyennes et en milieu rural » où ils seront préservés. En milieu rural, Emmanuel Macron estime qu’il convient « de développer l’intercommunalité. Suivant le même principe, nous inciterons à la création des communes nouvelles. » Il souhaite donner « aux préfets la capacité d’adapter l’organisation des services de l’État aux besoins de chaque région et département ».

Relations financières État-collectivités
Emmanuel Macron propose un « pacte de responsabilité » qui consisterait pour les élus locaux à s’engager à réaliser « 10 milliards d’économies sur cinq ans », leur quote-part sur les 60 milliards d’euros d’économies que prévoit son plan national pour réduire la dépense publique. Pour les collectivités, « il ne s’agira pas d’une baisse unilatérale des dotations. Je souhaite que vous vous engagiez à baisser vos dépenses et que vos efforts portent sur les dépenses de fonctionnement », avait expliqué le candidat d’En Marche le 22 mars. Pour leur redonner « la capacité de choix », il propose aux mairesde leur permettre de revenir sur la réforme des rythmes scolaires ou encore de leur laisser la main sur la gestion salariale de leurs agents territoriaux.
« À l’automne 2017, je présenterai une trajectoire quinquennale de maîtrise de la dépense publique pour l’État et les collectivités », a-t-il indiqué. Les mesures concernant les collectivités pour l’an prochain (dotations, fiscalité…) pourraient figurer dans une loi de financement spécifique, distincte de la loi de finances pour 2018, les textes budgétaires étant traditionnellement présentés par le gouvernement en septembre. Les dispositions impactant les collectivités seront en tout cas dévoilées devant le Comité des finances locales avant leur présentation en Conseil des ministres. Une « conférence des territoires qui se réunira tous les six mois », associant tous les niveaux de collectivités et des magistrats de la Cour des comptes, sera chargée de « faire le suivi des efforts » des collectivités en matière de dépense publique. L’État et les collectivités devront convenir d’ici là d’une grille d’indicateurs sur lesquels reposera l’évaluation des efforts des collectivités, et des conséquences du non-respect des engagements.

Fiscalité locale
Emmanuel Macron veut exonérer, d’ici à 2020, 80 % des ménages de la taxe d’habitation, un impôt qu’il juge « injuste socialement et sur le plan territorial ». « L’État remboursera directement les collectivités locales, à l’euro près, de ces dégrèvements », a-t-il assuré le 22 mars, en indiquant que « les maires conserveront les pleins pouvoirs en matière de fixation des taux ». Mais, a-t-il ajouté, l’État ne remboursera qu’au taux actuel, une dépense qu’Emmanuel Macron chiffre à 10 milliards d’euros pour l’État. Les éventuelles augmentations de taux devront être prises en charge par les contribuables, a-t-il précisé le 22 mars. « Un comité de suivi indépendant, qui associera largement les maires, pour mesurer la réalité de la compensation par l’Etat et la prise en compte de l’évolution des bases », sera mis en place, a-t-il assuré aux élus.

Investissements publics
Emmanuel Macron a prévu un plan de relance sur cinq ans doté de 50 milliards d’euros, dont dix milliards destinés aux collectivités (numérique, transports, rénovation urbaine, modernisation des services publics, transition écologique…). Cette enveloppe de dix milliards d’euros serait prise sur les 60 milliards d’euros d’économies réalisées. Elle s’élèverait à deux milliards d’euros par an, soit le double du fonds de soutien à l’investissement local (FSIL), dont le montant atteint 1,2 milliard d’euros en 2017.

Statut de l’élu
Emmanuel Macron veut l’adoption d’une « grande loi de moralisation de la vie publique ». Parmi les principales mesures figureront l’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d’intérêt. Toutes leurs indemnités seront soumises à l’impôt. Toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille serait interdite, tout comme le cumul de plus de trois mandats identiques successifs. Les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) ne pourraient plus se présenter à une élection.
Cette réforme devrait être l’un des premiers textes déposés au Parlement, dont la XVe législature débutera le 27 juin.

Fonction publique
Le nouveau président de la République souhaite préserver le statut de la fonction publique tout en le « modernisant ». Promotion des mobilités entre public et privé, souplesse « dans la gestion des carrières avec des rémunérations plus individualisées », recours aux contractuels facilité…, autant de mesures destinées à gommer les contraintes statutaires. Concernant les rémunérations, Emmanuel Macron veut délier les collectivités de l’obligation de suivre les évolutions du point d’indice qui s’imposent aujourd’hui à toutes les branches de la fonction publique.
Cependant, dans le cadre du plan d’économie et du pacte de responsabilité avec les collectivités, il propose l’instauration d’un jour de carence en cas d’arrêt maladie et la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur cinq ans en ne remplaçant pas, notamment, 70 000 postes dans la FPT. À charge pour les collectivités de compenser ces départs non remplacés « grâce aux gains d’efficacité et d’autonomie ». Partisan de conserver la durée légale du travail à 35 heures, Emmanuel Macron souhaite que les collectivités se rapprochent des 1607 heures de travail annuel. Elles « devront, sous six mois, remettre à plat les dérogations au temps de travail aujourd’hui en œuvre ». Il entend construire un régime universel de retraite alignant les statuts du public et du privé.

Prévention-sécurité
Emmanuel Macron a annoncé le recrutement de « 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires ». Ces derniers se verront confier « un nouveau pouvoir : sous le contrôle du juge, ils pourront interdire à une personne délinquante de fréquenter le quartier où elle a commis ses délits ». Le chef de l'État veut créer « une police de sécurité quotidienne. Au plus près des Français, elle développera une connaissance approfondie des lieux et des habitants qu’elle sera chargée de protéger et d’entendre », indique son programme. « Nous ne tolèrerons plus les incivilités. Le harcèlement des femmes, les insultes, la dégradation du mobilier urbain, les crachats… Ces incivilités seront punies d’amendes immédiates et dissuasives. »