Bienvenue sur mon blog!

Élue maire depuis 2 ans le 14 mars 2010, j'ai eu envie de raconter cette aventure sur un blog.
Certains autres Maires ont leur blog alors je me suis dit: Pourquoi pas moi? Voilà, c'est fait: j'attends vos commentaires, vos impressions et tout et tout...

En effet, c'est une véritable aventure que je vis depuis 2008! Une aventure humaine incroyable et une aventure personnelle passionnante!

samedi 11 janvier 2020

Mes voeux pour l'année 2020, photographies sur 2019

Il est de tradition lors des cérémonies de vœux du village de faire un retour en arrière sur l'année écoulée, je ne vais donc pas déroger à la tradition. 
Par contre, je vais vous demander de participer, nous allons tenter de faire de l'interactif enfin du participatif. 
Cette rétrospective je vais la faire sous forme de photographies, photographies du quotidien, photographies de lieux, de personnes, de situations. La Vie n'est faite que de photographies, des instants plus ou moins longs qu'on vit et sur lesquels on garde un souvenir, une image, une photographie jusqu'au bout de sa vie, jusqu' à la fin de sa vie. Une année dans un village est faite d'instantanés. Armée de mon polaroid, je vais tenter de vous la refaire vivre et à chaque CLIC vous associerez à cet instantané la photographie que vous souhaitez. J'aurais pu vous faciliter le travail et faire défiler des photos mais cela aurait été les miennes et non les vôtres. Chacun à notre place vivons différemment une année alors pourquoi aurions-nous tous la même photographie de cet instantané ?! Et puis basta la communication moderne qui nous envoie souvent des rumeurs infondées, des fake news et qui nous montent les uns contre les autres lorsque nous avons juste besoin d'être solidaires les uns des autres.
Alors prêt pour ce jeu?! On y va...

L'année dans un village ce sont des émotions maîtrisées ou pas, des rires CLIC, des joies CLIC, pour l'instant c'est facile, non? Un peu plus compliqué des cris alors à choisir des cris d'enfants ravis de découvrir la nouvelle aire de jeux pensée par les élus et mise en place par les services municipaux ou alors des cris des grands qui pensent ne pas être suffisamment écoutés ou entendus par les autres grands ou les petits CLIC
Des pleurs, ceux provoqués par le départ choisi ou pas en tout cas subi, des pleurs de joie d'une surprise inattendue, l'arrivée d'un enfant par exemple CLIC
Encore plus difficile des peurs dûes à un accident évité par un automobiliste roulant trop vite à Boussot ou un autre ne laissant pas la priorité au chemin de Bellevue ou alors une machine à vendanger qui bascule dans un fossé car pour certains, c'est trop long d'attendre 5 minutes que l'engin passe CLIC
Des colères comme quand pour la énième fois, les câbles téléphoniques sont volés et qu'au lieu de les enterrer Orange préfère réparer une énième fois des câbles laissés à portée de mains ! Des colères quand les usagers croient que c'est la Mairie qui ne fait rien ou que les élus ne se battent pas pour que le téléphone et de fait Internet reviennent rapidement CLIC
Des réflexions sur les choix faits ou à faire CLIC
Des décisions qui doivent être expliquées, prises et ensuite assumées malgré l'adversité, malgré la complexité malgré le fait qu'elles ne plaisent pas à tout le monde CLIC
Des discussions qui parfois pourraient être sans fin comme celles sur la conception de l'intérêt général qui n'a pas la même définition selon les personnes et le lieu où l'on se place CLIC
Des déceptions comme quand on voit que la montée en haut débit que tout un village attend depuis fort longtemps prend du retard CLIC
Mais des espoirs aussi quand lors d'une dernière réunion avec la Vice Présidente du Département en charge du haut débit on apprend que cette montée en débit aura bien lieu en 2020 et qu'en 2021 la Fibre jusqu'à la maison sera effective pour tout le village de M-A même pour le Maire qui n'avait pas, contrairement aux rumeurs, la Fibre chez elle CLIC
Des émotions en fait positives ou négatives, des émotions qui doivent nous faire avancer à tous les niveaux, à toutes les fonctions et qui nous construisent jour après jour, malgré l'âge, qui continuent à nous construire et que nous devons transmettre à l'Autre, à celui qu'on aime, à celui qu'on veut faire grandir comme on nous a fait grandir CLIC

Une année dans un village ce sont des actions au quotidien, au service de tous, dans l'intérêt général voilà, le sens de l'action publique défendue par mon conseil municipal et les agents communaux
- le lancement de l'aménagement du cimetière paysager, pour lequel nous avons pu obtenir le taux de subvention le plus élevé alors qu'au départ, nous ne misions pas sur beaucoup, un cimetière ce n'est pas forcément un projet de communication fort pour nos partenaires financiers, voilà, ici, un projet dans lequel nous avons cru, un projet que nous avons su défendre à sa juste valeur, avec notre gnaque et notre engagement d'élus, voici de beaux projets qui donnent plaisir, malgré le thème, à voir se réaliser CLIC
- la deuxième phase du chemin piétonnier sur le chemin de la Draille CLIC
- la signalétique harmonieuse des acteurs touristiques, économiques et culturels du village CLIC
- le réaménagement de l'aire de jeux qui a vu la disparition du grand complexe présent depuis de très nombreuses années et qui avait fait, malgré la robustesse et la nostalgie, son temps. Un bel espace cette aire de jeux, un outil social, de convivialité comme il doit en exister dans toutes les communes, un équipement, et je n'ai pas peur de le dire, de fierté aussi quand j'y vois la fréquentation qu'il compte, de tous les villages, ouvert, chaleureux comme les élus municipaux souhaitent que soit perçu le village de Massillargues-Atuech, cet espace avec les différents bâtiments publics, de service public, avec les nombreuses activités du foyer est vraiment devenu le cœur du village de Massillargues-Atuech,
un cœur qui bat, un cœur qui réunit des hameaux pourtant dispersés, un cœur qui doit et devra continuer à vivre, avec sans doute de la rénovation pour le Foyer, de nouveaux aménagements pour l'aire de jeux (c'est une autre histoire qui reste à écrire peut être...) mais un cœur qui s'est aujourd'hui parfaitement intégré dans le paysage et qui a su sceller le village CLIC
- dans les actions, je ne peux pas ne pas citer l'arrêt et la validation du Plan Local d'Urbanisme. Je ne vais pas m'étendre trop longtemps sur le sujet, je pense m'être exprimé suffisamment dessus, sans doute pas assez pour certains, trop pour d'autres, bien pour certains et mal pour d'autres. En tout cas, et c'était un objectif, nous l'avons mené à son terme sur un mandat, en travaillant de manière participative dans le cadre des PLU Gard Durable du Département, en travaillant de manière globale, en œuvrant dans l'intérêt général, en sachant se mettre de côté quand des citoyens auraient pu reprocher à des élus d'avoir de l'intérêt face à des situations particulières et individuelles, en prenant aussi de la hauteur, en intégrant le village dans un contexte général en se référant et en appliquant les lois. Parce que oui, je le dis, je le redis et je le dirai tant que je serai en fonction d'élue républicaine, il y a un temps pour combattre des projets de lois et il y a un temps pour appliquer les lois, je pense et vous m'excuserez de voir bien avant 2019 mais je pense que les élus de M-A ont usé, comme il se devait de leurs possibilités de dire qu'un projet de loi n'était pas bon alors je n'accepterai pas des critiques de la sorte à l'encontre de mes élus et de moi-même. CLIC

Une année dans un village c'est aussi des projets attendus longtemps qui voient le jour comme la voie verte, beau projet qui malheureusement a manqué de concertation avec les riverains. CLIC J'en profite pour vous rappeler que les riverains ont la possibilité jusqu'à la fin du mois de rapporter le questionnaire à leur attention afin de synthétiser les problématiques au Département comme nous nous y sommes engagés auprès d'eux et de vous.

Une année dans un village ce sont aussi les activités proposées par la Mairie mais aussi et surtout par les partenaires associatifs ou économiques. Je vais tenter d'énumérer quelques temps forts, excusez-moi pour ceux que je risquerai d'oublier, c’est toujours un exercice délicat une rétrospective
- des fêtes tout d'abord parce que la Vie, parce que les émotions c'est cela c'est la fête, c'est partager avec l'Autre, c'est oublier son quotidien, c'est rencontrer son voisin qu'on n'a pas vu depuis quelques jours car la Vie, elle roule, elle avance, vite, trop vite, les fêtes c'est prendre ce temps, ce temps de plaisirs avec un grand S, je pense à la fête des vendanges organisée par la Cave coopérative CLIC, la traditionnelle fête du 13 juillet où la Mairie avec une belle échassière et un trublion magicien est venue agrémenter la belle soirée préparée par le Cofeculos, ce même Cofeculos qui a mis en place des cafés citoyens les derniers samedis du mois (d'ailleurs pub, 25 janvier notez bien qu'il y aura un café citoyen) CLIC et RECLIC,
- et puis des événements culturels, sportifs comme la soirée de l'association Arts Vivants en Cévennes CLIC, les championnats régionaux de cross au Plan d'eau organisés par l'ACNA CLIC, un Roméo et Juliette franco marocain crée par le Cratère d'Alès et décentralisé près de notre formidable plan d'eau CLIC, des spectacles de haute qualité à la Cour de Massillargues CLIC, un voyage avec Stevenson dans la salle du Foyer organisé par les Amis de la Bibliothèque en plus des permanences d'ouverture, des accueils de classe de l'école et des séances de cinéma (seconde pub La Reine des Neiges 2 dans le foyer mercredi à 17h30, il ne faut pas le manquer!) CLIC, le stage de taï Chi avec un maître de renom CLIC
- et puis le village qui bat au rythme de la sa vie associative, des réunions hebdomadaires de partage dans le foyer comme le club Lous Cigalous qui va fêter prochainement ses 30 ans, des assemblées générales, des bureaux d'association qui évoluent (je salue ici l'engagement d'Edmond Morgiel, Président de la société de pêche gestionnaire des baux de pêche durant de nombreuses années qui a cédé sa place à Damien Rousseaux), des vide greniers d'associations partenaires comme le Cofeculos et un chat pour la Vie, les activités de l'Association des Parents d’élèves pour offrir de belles activités et sorties à nos enfants des écoles de Tornac et Masssillargues-Atuech CLIC CLIC CLIC

Et enfin une année dans un village c'est aussi et surtout sa vie économique que l'équipe municipale tente de protéger, de favoriser de soutenir au maximum malgré, la perte de compétences dans ce domaine au fil des années. Là aussi, mes excuses à ceux que je ne pourrai pas citer
- je débuterai par la création d'une nouvelle entreprise avec Terre de Pierres et son gérant Romain Huot, page de pub, vous le trouverez dans la zone artisanale. Bienvenue à cette entreprise, à son gérant et bravo et bonne suite ! CLIC
- le nouvel aménagement mis en place par la poterie Terre Figuière qui ainsi, avec Terre de Pierres améliore esthétiquement l'entrée du village CLIC
- la labellisation Bee Friendly pour la Cave coopérative de Massillargues-Atuech et Lézan qui poursuit ainsi la dynamique collective en faveur de l'environnement débutée en 2008 avec la conversion en Agriculture Biologique (AB) de nombreux paysans et avec la labellisation pilote du village sur le zéro pesticides et le renouvellement de son Label Terre Saine en 2019 CLIC
- les améliorations des équipements de l'ensemble des acteurs touristiques qui ont bien compris ce que recherchaient aujourd'hui les touristes CLIC
- les projets de développement de tous les artistes et artisans de la commune, certains projets poursuivis depuis de nombreuses années et qui vont voir leur concrétisation en 2020 et j'en suis heureuse CLIC
- les projets de transmission, de reprise des acteurs économiques de la commune en leur disant qu'ils n'hésitent pas à venir annoncer leur arrivée à la Mairie CLIC

Enfin, je vais terminer par une photographie un peu particulière, une photographie en noir et blanc ou en sépia, une photo qui me permet de penser à mon grand père, adjoint durant 36 années sur Massillargues-Atuech et qui avait participé à la création du Syndicat Intercommunal des eaux Tornac et Massillargues-Atuech, syndicat dont nous venons de célébrer la fin à cause de la loi NoTRE et du transfert obligatoire de l'eau et de l'assainissement à Alès Agglomération. J'en profite à cet occasion pour remercier Jean-Paul Roumajon, Président de ce syndicat depuis 2014 et son conseil syndical pour avoir suivi, accompagné la fin du syndicat comme il se devait, sans à priori sur ce que serait la suite, avec compétence et savoir faire pour protéger à la fois les actions entreprises par le Syndicat et protéger aussi ses employés. Ainsi, depuis le 1° janvier 2020, Ida Humbert et Angel Pietropinto font parti de la REAAL, Régie des eaux de l'agglomération alésienne, service public de de l'eau potable. Il nous reste aujourd'hui à vivre la suite et à espérer que la proximité, le service public et le tarif de l'eau seront aussi pertinents à Alès Agglomération qu'ils l'étaient au Syndicat Intercommunal. Voici le dernier CLIC et surtout le CLAP de fin du SIE de Tornac et Massillargues-Atuech, un bel outil de mutualisation qui a montré toute la pertinence de travailler en partenariat sur des thèmes importants comme l'était l'eau.

Voici égrainés quelques instantanés d'une année dans un village, j'en ai sans doute oubliés, je vous laisse par vos clics intérieurs réparer mes oublis.

Pour présenter mes vœux, je voudrais m'adresser tout d'abord, aux personnes qui n'ont pas pu être présentes aujourd'hui, parce qu'elles sont empêchées, souffrantes. Meilleurs vœux de rétablissement, de santé, de courage et de ténacité. Je pense aussi aux personnes disparues cette année, à leurs familles, à celles qui ont accompagné un proche, à celles qui de manière inattendue ont perdu un être cher, je tiens à leur réaffirmer le soutien de la commune dans ses épreuves. Que des instantanés de Vie édulcorent vos chagrins !

Aux nouveaux habitants de la commune, je souhaite la bienvenue, je leur dis qu'ils ont choisi un super village et que chaque jour ils vont s'en apercevoir ! Bonne année dans ce beau village qu'est Massillargues-Atuech.

Au monde associatif, merci de votre engagement au service des autres. Comme dit la citation, «  si tu critiques un bénévole, sois capable de prendre sa place » Bonne année à vous tous et continuez à dynamiser nos vies et notre village !

Au monde économique local, que cette année soit bénéfique à vos outils de travail et que nous puissions longtemps encore travailler et faire travailler nos entreprises locales dans un monde malheureusement globalisé.

Au personnel communal de M-A, merci de votre dévouement au service public, de votre polyvalence, de vos remises en questions et de vos compétences. Bonne année à vous tous et quel plaisir de travailler à vos côtés!

Aux adjoints, aux conseillers municipaux, la tâche d'élu peut parfois être ingrate et c'est pourquoi chaque jour, il est du devoir d'un Maire de valoriser votre travail bénévole et j’essaie de le faire peut être pas suffisamment encore. Alors, je tiens à profiter de la tribune qui m'est donnée ce soir pour vous dire à vous, à vos conjoints, à vos familles, MERCI, merci d'être là, merci de me supporter, merci de votre engagement total au service des autres, dans l'intérêt général. C'est un joli but dans la vie...

A vous les enfants, aux miens, aux autres, parce que vous êtes notre avenir, celui qu'on prépare, qu'on défend avec notre engagement j'utiliserai les paroles de Soprano pour vous dire : « Maman m'a dit la vie n'est pas facile
Mais plus facile avec un grand sourire
Donc je souris quand j'ai mal à la vie
Car maman m'a dit qu'il y'a toujours plus maudit
Elle m'a dit donne sans attendre un merci
Vis ta vie comme une jeunesse infinie
Tends toujours la main aux plus démunis
Avant d'être important sois un homme et utile
Elle m'a dit aussi qu'ici tout est fragile
Si tout s'écroule tu reconstruis c'est comme ça la vie...
Laï laï laï laï laï laï laï
Danse danse, à la vie à l'amour »

A vous tous, citoyens de Massillargues-Atuech, petits et grands, je répéterai la citation de Jacques Chirac « Dans un environnement qui change, il n'y a pas de plus grand risque que de rester immobile » alors bougeons, dansons la vie, chantons l'espoir en un monde meilleur, osons de pas rester immobile devant les absurdités de certains grands dirigeants mondiaux.
Le contexte social, politique, environnemental que nous vivons n'est pas simple mais dans cet environnement, ne restons pas immobile, ne réagissons pas par l'isolement et le repli sur soi, allons vers l'Autre, trouvons dans ses différences, nos complémentarités. Je vous souhaite pour cette nouvelle année 2020, des nectars de joie, de petits et de grands plaisirs, des moments partagés en famille et entre amis, des petits tous et des grands riens qui font la VIE tout simplement!!!! Beau millésime 2020 et dégustez chaque instant à petites ou grandes gorgées sans modération et avec délectation!!!

Belle, lumineuse et engagée année 2020 !!!!

lundi 11 novembre 2019

Commémoration du 11 novembre

Une pupille noire entourée de blanc, le visage fatigué braqué sur un lieutenant,
L'ordre sera donné dans quelques instants : deuxième assaut de la journée et Marcel attend... Il a placé au bout de son fusil une baïonnette pour lutter contre une mitraillette de calibre 12.7. Près de sa tranchée, placés à 20 ou 30 mètres, la guerre des bouchers, nous sommes en 1917.
Tant de journées qu'il est là à voir tomber des âmes !
Tant de journées déjà passées sur le chemin des Dames !
Marcel sent que la fin a sonné au fond de sa tranchée. Ses mains se sont mises à trembler et l'odeur de la mort se fait sentir.
Il n'y aura pas de corps à corps, il sent qu'il va bientôt mourir...
Comment un homme peut-il accepter d'aller au combat ?
Et quand il sent au fond de lui qu'il ne reviendra pas, l'homme est-il un animal ?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal, la main du lieutenant doucement vers le ciel s'est levée... La suite ? L'avenir est un long passé...

Une pupille noire entourée de blanc, le visage ciré, son regard est terrifiant,
Placé à quelques pas de là des allemands, 1944 Jean-Marc est un résistant.
Il a eu pour mission de faire sauter un chemin de fer.
Lui qui n'est pas homme d'action est devenu maître de guerre après le cyclone qui frappa sa mère et son père d'une étoile jaune, idée venue droit de l'enfer.
Tant d'années passées à prendre la fuite !
Tant de journées consacrées à lutter contre l'antisémite !
Jean-Marc sait qu'il n'a plus de recours, le câble qu'il a placé pour faire sauter le train est bien trop court, la mort se fait sentir.
Mais il n'a pas de remords, comment le définir ?
C'est la nature de l'Homme qui l'a poussé à être comme ça : Se sacrifier pour une idée, je crois qu'on ne résiste pas
Le mal est maintenant général !
De toutes les forces armées occultes de la mauvaise époque de l'Allemagne, au loin le train s'approche et l'on peut distinguer sa fumée... La suite ? L'avenir est un long passé...

Une pupille noire entourée de blanc, c'est ce que je peux voir devant la glace à présent. Je viens de me lever, il y a quelques instants. C'est difficile à dire à fond ce que je ressens. Après la nuit que j'ai passé, dur à été mon réveil. A tout ce que j'ai pu penser avant de trouver le sommeil, à toutes ces idées qui n'ont causé que des problèmes, la réalité et toutes ces images de haine.
Tant d'années passées à essayer d'oublier !
Tant de journées cumulées et doucement il s'est installé...
Je me suis posé ce matin la question : Est ce que tout recommence ? Avons-nous perdu la raison ?
Car j'ai vu le mal qui doucement s'installe sans aucune morale. Passer à la télé pour lui est devenu normal, comme à chaque fois avec un nouveau nom.
Je vous demande maintenant ce que vous en pensez ?
Comme Marcel et Jean-Marc ma vie est-elle tracée ? La suite, l'avenir est-il un long passé ?

Je vous demande ce que vous en pensez : Verrais-je un jour le mal à l'Elysée?
La France est-elle en train de s'enliser? L'avenir est-il un long passé ?
Chers vous tous,

J'ai souhaité en ce 11 novembre 2019 débuter mon discours par les paroles d'une chanson du groupe Manau écrite en 1998 et qui s'intitule L'avenir est un long passé.
En effet, après avoir célébré le 9 novembre dernier, les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, combien de murs de la honte, symboliques ou pas, sont encore élevés et malheureusement, combien de murs de la honte sommes-nous en train de rebâtir? La peur de l'autre, la peur de l'inconnu, la peur de la contradiction font que nous érigeons des murs pour éviter le contact avec autrui. Évitons de mettre en place ces édifices sans se rappeler du passé! Eh oui, l'avenir est un long passé...

À 11 h, le 11 novembre 1918, les combats de la Première Guerre mondiale prennent fin à la suite d'un armistice avec l’Allemagne. Au cours des années 1919 et 1920, les puissances alliées signent avec les vaincus les traités de Versailles, de Saint-Germain-en-Laye, de Neuilly, du Trianon et de Sèvres mettant fin officiellement à la guerre.
Les lendemains de la Première Guerre mondiale voient des changements politiques, culturels et sociaux radicaux à travers l'Europe, l'Asie, l'Afrique, et même dans des zones qui n’avaient pas été directement impliquées. Quatre empires s’effondrent à cause de la guerre, d’anciens pays sont rayés de la carte, de nouveaux sont créés, des frontières sont redessinées, des organisations internationales sont mises sur pied, et beaucoup de nouvelles et d’anciennes idéologies s’ancrent fermement dans l'esprit des gens avec pour l'Allemagne un esprit de revanche qui s'accentuera d'année en année et qui découlera sur la deuxième guerre mondiale. Sur ces vestiges et ces ruines de grandeur, l'Allemagne va amener au pouvoir un dictateur en la personne d'Hitler. L'avenir est un long passé...

Nous connaissons tous le bilan effroyable de la première guerre Mondiale mais il est toujours bon de le rappeler car l'avenir est un long passé... 9 millions de morts, 6 millions de mutilés. La France est sortie meurtrie et ruinée de ce conflit : 1 400 000 morts, dont 600 000 victimes civiles ; 630 000 veuves et 700 000 orphelins de guerre. Plus de 32 millions de blessés, de mutilés, d'aveugles, de gazés, ceux que l'histoire a retenus sous l'appellation de " gueules cassées". Et n'oublions pas que, venant des quatre coins de l’Empire français, de l’Outre Mer, de l'Afrique Noire, de l'Afrique du Nord, de l'Indochine, de l’Océanie, des centaines de milliers d'hommes ont contribué à l'effort de victoire, pour beaucoup d’entre eux au sacrifice de leur vie. L'avenir est un long passé...

Et dire que l'armistice du 11 novembre 1918, dans la forêt de Compiègne redonnait l'espoir, l'espoir en la Paix, en une paix définitive. Cette guerre devait être et malheureusement ne sera pas « la der des ders » L'Avenir est un long passé...

Alors comme l'avenir est un long passé, souvenons nous que depuis le 11 novembre 1919, 100 après, dans presque chaque commune de France, une minute de silence clôt la commémoration, une façon de se recueillir collectivement, dans un esprit de laïcité et depuis quelques années une minute de recueillement les 11 novembre pour se souvenir des morts pour la France d'hier, d'aujourd'hui et malheureusement de demain. L'avenir est un long passé...

Pour terminer, je voudrais simplement vous rappeler les paroles de Georges Clémenceau dites à la Chambre et au Sénat après l'armistice : « J'ai dit, au nom du peuple français, au nom du Parlement, au nom du gouvernement de la République française, de la France une et indivisible, comme disaient nos pères : "Salut à l'Alsace et à la Lorraine enfin retrouvées." J'ai dit que c'était l'œuvre de nos grands morts qui nous ont fait cette admirable journée. Grâces leur soient rendues : ni eux, ni leurs familles ne seront oubliés et, si cela est en mon pouvoir, il faudra qu'un jour de commémoration soit institué en leur honneur dans la République française.
Quant aux vivants, j'ai dit que nous les attendions pour les regarder passer dans les cris, les larmes, les applaudissements enthousiastes sous l'arc triomphal et, enfin, j'ai ajouté que, par eux, la France retrouverait sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l'infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, toujours soldat de l'idéal. »
Parce que l'Avenir est un long passé, souvenons nous et rappelons nous qu'à l'issue de ce discours, Georges Clémenceau effectuera un minute de silence et les députés et sénateurs entonneront La Marseillaise.

Rendons hommage à toutes les victimes ô combien héroïques, de cette guerre qui ne doivent pas, les décennies passant, le monde ayant changé, les « poilus » et les témoins ayant tous disparus, devenir les oubliés de l’Histoire. Plus de 100 ans après, sachons pour ne pas reproduire les erreurs, tirer les leçons du passé afin de construire un avenir meilleur. Rappelons que le nationalisme, qu’il ne faut pas confondre avec le patriotisme, est un poison qui s'insinue lentement dans les consciences humaines et qui fait des ravages chez tous les peuples, dans toutes les nations.
Faisons en sorte que le souvenir de cette guerre de 14-18 nous aide à construire un monde de paix et de solidarité entre les peuples et entre les nations sans avoir peur de l'autre, de l'inconnu. Ne laissons pas banaliser la violence, ne laissons pas des drames arrivés dans des églises, des temples, des mosquées ou des synagogues, soyons laïcs et pour chacun, dans nos cœurs, gardons et cultivons nos valeurs, celles qui nous construisent chaque jour et sachons les mobiliser et mobiliser nos énergies communes pour imposer le seul et unique choix qui devrait être le nôtre: celui de l'Homme, celui de la Vie, celui de l'Avenir, notre avenir et celui de nos enfants.
Rappelons nous à jamais que la France est le paix de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, qu'elle porte des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de tolérance.

En souvenir de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes, qui ont payé de leur vie, notre liberté d'aujourd'hui et de demain, je vous demande de respecter une minute de silence...

mercredi 8 mai 2019

« Regarder l'autre, l'écouter, lui sourire, s'intéresser à lui, d'après moi c'est le commencement de l'être humain. » Soeur Emmanuelle


« Regarder l'autre, l'écouter, lui sourire, s'intéresser à lui, d'après moi c'est le commencement de l'être humain. » Soeur Emmanuelle

Vous connaissez mon attachement aux destins de vie, aux tranches de vie. Il me semble très important encore plus dans les discours officiels de commémoration de raconter des tranches de vie, des tronches de vie. Peut être parce que je me dis qu'ainsi, des personnes qui n'ont pas l'habitude de se déplacer pour les commémorations officielles parce qu'elles ont peur du rébarbatif auront plus à cœur d'être présent si le discours prononcé par un élu est vivant et lié à la vie et à l'actualité.
Aujourd'hui, ce n'est pas qu'une histoire que je vais vous conter, je vais vous remémorer l'Histoire avec un grand H en vous parlant de destins de femmes et d'hommes exceptionnels.

Tout d'abord, je vais vous narrer brièvement la vie d'une grande dame, Simone Veil, née le 13 juillet 1927 à Nice dans une famille juive non pratiquante. Sous l’occupation elle fait transformer son nom d’origine Jacob grâce à de faux papiers mais se fait malgré tout arrêtée avec sa famille par la Gestapo en 1944. Elle est alors transférée dans différents camps dont Auschwitz et Bergen-Belsen. Elle et ses deux sœurs sont les seules survivantes.
Après la guerre, elle entame des études de Droit et entre dans la Magistrature. En 1974, elle entre dans le gouvernement de Jacques Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing en tant que ministre de la Santé, fonction qui lui permet de faire voter la loi sur l'interruption volontaire de grossesse dépénalisant l’avortement. Simone Veil a dû faire face alors à de nombreuses menaces et intimidations. Son parcours politique continue au Parlement Européen dont elle occupe le poste de Présidente de 1979 à 1982. En dehors de la vie politique, elle a été également Présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et en 2010 Simone Veil entre à la prestigieuse Académie française. Elle est décédée le 30 juin 2017, à l'âge de 89 ans et elle est entrée au Panthéon avec son mari Antoine le 1er juillet 2018.

Autres destins : Tout débute dans l’entre-deux guerres. Deux femmes d’une petite trentaine d’années, Marinette Guy, une jeune Lyonnaise, et Juliette Vidal, une jeune Stéphanoise, fondent l’Aide aux mères, une structure d’accueil et de prise en charge de mères en difficultés et de leurs enfants. Tout se passe à Saint-Etienne. Ce dispensaire va devenir l'un des rouages de la résistance locale, l’un des foyers de mise en sécurité de nombreux enfants juifs notamment, réfugiés en zone libre. Parents et enfants sont alors placés dans des familles dans la région stéphanoise, en concertation avec l’association juive OSE qui intervient en faveur des enfants qui nécessitent d’être cachés et mis en sécurité. Marinette et Juliette n’hésiteront pas également à se lancer dans la production de faux papiers pour les mères et leurs enfants, tout comme pour les groupes de résistants éparpillés dans les collines du département de la Loire.

A partir de 1942, des enfants sont transférés à Chamonix, dans un ancien baraquement d’EDF qui va faire office de colonie de vacances. Un lieu où les enfants parviennent, bon an mal an, à oublier la guerre et à vivre une vie presque normale. « Ils allaient se promener, ils faisaient des concours de ceux qui ramassaient le plus de myrtilles, ils lisaient par terre sur le trottoir. Et puis ils chantaient pour les fêtes, aussi bien à Noël que pour toutes les fêtes juives. » Au total, ce sont pas loin de 200 personnes qui ont pu être sauvées dont une cinquantaine qui ont pu passer en Suisse. A l’issue de la guerre, Marinette et Juliette retournent créer à Saint-Étienne une maison de famille pour accueillir des enfants juifs dont les parents sont morts dans les camps d’extermination.
Deux ans plus tard, elles prennent la direction du sud et s’établissent à Nice où Pierre, leur fils adoptif, grandit dans une ambiance pacifiée. Engagées mais discrètes dans leur engagement, Juliette et Marinette vont être reconnues "Justes parmi les nations" à la fin des années 60, à la demande de leurs protégés désormais installés en Israël. Depuis de nombreuses années, leur fils adoptif habite avec son épouse dans un chalet à Chamonix (Haute-Savoie) qui avait été offert aux deux femmes, bien après la guerre, par certains ex-protégés qui avaient décidé de se cotiser pour ce cadeau mémoriel.

J'aurai pu vous parler aussi, plus près de nous, d'Hélène et René-Louis Fabaron qui ont reçu, à titre posthume, la médaille et le diplôme de Juste parmi les Nations pour avoir recueilli Emmanuel Stern, un enfant juif, pendant deux ans à la Rode, à Saint Félix de Pallières. J'aurai pu vous raconter le destin d'Esther Bergman, la sœur d'Emmanuel Stern sauvé par Odette Hofbauer, habitante de Saint-Jean-du-Gard. J'aurai pu vous dévoiler tant et tant de tranches de vie, de tronches de vie, de tronches de vie engagées et discrètes, militantes de l'Humanité et de l'humanisme, combattants pour la Paix, cette paix si belle, si forte, si puissante et pourtant si fragile...

Pour terminer, je voudrais vous faire redécouvrir voire découvrir le poème de Robert Desnos, là aussi un homme au destin exceptionnel. Dans ce poème intitulé « Demain », par des mots simples et universels, Robert Desnos
décrit son engagement personnel dans la résistance puis incite ses lecteurs à se joindre à ce mouvement. Ce discours est exprimé dans un style simple et une structure qui peut sembler très classique, afin de généraliser et d’universaliser son message.

Âgé de cent mille ans, j'aurais encor la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : la matin est neuf, neuf est le soir.

Mais depuis trop longtemps nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

Avant de se quitter, je voudrais vous préciser que demain sera célébrée la fête de l'Europe, à quelques jours des élections européennes très indécises quant à la participation et aux alliances qui risquent de se former au Parlement à Bruxelles avec le triste avènement des extrêmes droite européennes. N'oublions jamais qu'un simple et si important bulletin de vote dans une urne peut changer toute une vie, peut faire basculer toute une démocratie.
Le 9 mai 1950, Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères français, prononce sa déclaration considérée comme le texte fondateur de la construction européenne où il propose la création d’une organisation chargée de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d’acier. Ce texte débouche sur la signature, le 18 avril 1951 du traité de Paris, qui fonde la "Communauté européenne du charbon et de l’acier" entre six États européens.
La CECA est la première des institutions européennes qui donneront naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui "l’Union européenne".

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait » explique Robert Shuman dans sa déclaration.
« La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible (…). Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d’intérêts indispensable à l’établissement d’une communauté économique qui introduit le ferment d’une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes » ajoute-t-il.
C’est cette déclaration visionnaire que nous fêtons chaque année le 9 mai. C'est cette Europe de la Paix, c'est cette Paix, la Paix que nous souhaitons pour nos enfants que nous devons préserver. Ce sont les tragiques instants de la guerre 39-45, conflit le plus meurtrier de tous les temps en nombre de victimes (55 millions de morts, 3 millions de disparus, 35 millions de blessés, des veuves, des orphelins et des prisonniers par millions), ce sont ces dramatiques images, ce sont ces exceptionnelles tronches de vie que nous ne devons jamais oublier pour ne jamais reproduire les erreurs du passé.

Ne laissons jamais la peur de l'Autre, la peur de l'inconnu, la peur de l'avenir nous faire oublier que nous sommes tous des frères.
A l'ensemble des Justes, à ceux honorés, à ceux qui qui ont souhaité rester discrets, à tous ceux qui ne se sont jamais résignés, qui n'ont jamais abdiqué, qui espéraient la liberté ; aux Hommes qui se sont battus, à ceux qui sont tombés, aux autres qui ont enduré tant d'épreuves, combattu avec tant d'abnégation, nourri tant d'espoir, à toutes celles et ceux grâce auxquels l'humanité a pu de nouveau croire en son destin, je vous demande de respecter une minute de silence.

samedi 12 janvier 2019

Mon discours des voeux pour l'année 2019...

Chers vous tous,

Il n'est jamais facile de préparer un discours pour la cérémonie des vœux, il ne faut pas qu'il soit trop long, il ne faut pas qu'il soit trop court, il faut qu'il vous dise des choses, il faut qu'il porte des idées, des réalisations et des actions. Il faut qu'il tire un bilan de l'année et des perspectives pour celle qui s'ouvre. Il faut qu'il vous parle, il faut qu'il parle du contexte local tout en liant le contexte national et pour ma part, j'aime qu'il vous parle à vous, à votre cœur. Alors, pour plus de facilité, tout comme les discours de commémorations officielles, je pourrais recopier des modèles dans des livres de discours, cela doit exister. Mais je n'ai jamais fonctionné de la sorte alors parfois, c'est difficile, je mets du temps, j'écris, j'efface, je m'envole et puis j’atterris !

Dans le contexte compliqué du mouvement social des gilets jaunes que nous vivons depuis quelques semaines, à l'aube de l'ouverture d'un grand débat national que beaucoup espèrent et qui, je l'espère ne sera pas vain et pipé d'avance, face aux gestes extrêmes de violence inacceptables de toutes parts, face aux menaces, aux insultes haineuses, sexuelles et racistes dont sont victimes certains parlementaires du parti gouvernemental et que je dénonce ce soir et que je dénoncerai toujours, il n'a pas été facile d'écrire ce discours.
Alors, pour pallier à l'ensemble de ces difficultés, en filigrane de ce discours, vous ressentirez trois mots, trois mots symboles de l'année 2018 mais aussi et je l'espère de l'année 2019 : LIBERTÉ, COHÉRENCE et RESPECT.

Georges Pompidou parlait de cette liberté d'élu, liberté de penser, liberté de déranger, liberté de s'exprimer et liberté de rester fidèle à ses valeurs. Pour ceux qui me connaissent, pour ceux qui ont appris à me connaître, ces mots d'un homme de droite ne me sont pas étrangers, je les porte en moi, je vous l'ai décrit souvent, très souvent voire pour certains trop souvent, ils font parti de moi car ils font parti de l'histoire qui m'a construite, de l'éducation qu'il m'a été donné et des échanges et des rencontres que j'ai pu vivre jusqu'à aujourd'hui et que je continuerai à vivre, je l'espère autant dans la vie publique que la vie privée.
La cohérence est cette valeur que l'équipe municipale et moi-même, au niveau communal, au niveau intercommunal essayons de mettre en action au quotidien, dans chacune de nos réalisations et de nos engagements. Être cohérent avec ses valeurs, ses idées, ses sentiments, ne pas se laisser aveugler par de belles paroles d'un jour qui ne sont que fioritures le lendemain.
Enfin, défendre ses valeurs, ses idées dans un total respect envers l'Autre, qu'il soit différent, qu'il ne partage pas les mêmes idées. A la rentrée de septembre, quand nous passons dans les classes pour souhaiter la bienvenue aux élèves, Catherine Legrand et moi-même insistons sur ce respect. Être respectueux va dans les deux sens, être respectueux comme l'Autre doit être respectueux. Il me semble que le contexte compliqué du moment débute déjà par cette valeur. Est ce que nous serions arrivés à un tel degré d'incompréhension, de défiance voire de dégoût (comme un dernier sondage l'annonce) si chacun, même haut placé, à la tête d'un ministère ou de la France avait mesuré chacune de ses paroles, chacun de ses gestes, chacun de ses actes ?! Dans une société de communication aussi folle, aussi interactive, aussi continue, le mauvais mot, le mauvais geste, la mauvaise intention, le droit à l'erreur n'est pas possible encore plus par rapport à la place qu'on occupe.
L'année 2018, tant au plan national que local m'a fait découvrir ceci.

Faire un bilan de l'année écoulée ne peut débuter ce soir, malgré le moment de fête et de convivialité que nous allons vivre, sans avoir une pensée pour les personnes qui nous ont quitté en 2018, acteur économique, habitants de M-A ayant œuvré fermement et dynamiquement pour l'intérêt public et la vie du village, notre doyenne et plus récemment et plus subitement jeune homme qui avait choisi avec sa famille de s'installer et de participer activement à la vie de notre commune. Je pense aux familles endeuillées et je les assure, à nouveau, du soutien de la commune dans ces épreuves.
Et puis, au cœur de l'été 2018, alors que la Coupe du Monde battait son plein, notre ami, mon ami, mon premier adjoint disparaissait. Une épreuve humaine supplémentaire pour le conseil municipal qui avait déjà été endeuillé l'année précédente. D'ailleurs, l'absence, la disparition de l'être adorée ne sont sans doute pas étrangères au départ de notre Gégé. Le soutien de ses proches, notre soutien, sa plongée dans le service au quotidien pour les autres dans l'intérêt général n'ont pas gagné face à la tristesse, à la peine et à la maladie. Dure épreuve qu'il a fallu surmonter, parfois trop rapidement mais on nous a dit que c'était la Loi ! Au nom du conseil municipal, de l'ensemble du personnel communal et de vous, ceux qui avaient fréquenté ou croisé, même par un simple bonjour ou un simple sourire, la bonhomie de Gérard, je vous demande d'avoir une pensée pour lui car il est, à n'en pas douter, ce soir, au dessus de nous en se demandant si le buffet et les boissons seront, comme d'habitude, à la hauteur de l'événement !
Les départs nous construisent un peu plus, la Vie avance et doit avancer, je remercie Dominique Bocquet d'avoir accepté, alors que la souffrance était encore présente, d'assumer, et il l'assume bien la place de premier adjoint aux côtés de Catherine et de Jacky.
La fin de l'année 2018 aura vu deux décisions importantes être votées. La première est l'arrêt du Plan Local d'Urbanisme dit PLU débuté en 2014 et arrêté le 6 novembre 2018. Quatre années de travail autour de l'aménagement du territoire communal, travail basé sur un diagnostic de l'existant, du passé et surtout de l'avenir, de l'avenir que nous voulons tous pour notre commune, un avenir avec une évolution cohérente avec nos équipements, notre paysage et la vie sociale de notre village. Quatre années, cela peut sembler peu par rapport à d'autres communes voisines et quatre années peuvent sembler longues aussi. En quatre années, tant de lois évoluent, tant de normes s'appliquent, tant de règles parfois incongrues, règles qu'on arrive parfois mais si rarement le cas à discuter et à adapter à une situation. Quatre années de discussions, de projections et de décisions, car oui la fonction d'élu est de décider, dans l'intérêt général, dans l'intérêt communal et dans le respect de la Loi, Loi que vos élus ont pu, en phase de projet, combattre mais Loi qu'ils appliquent en tant qu'élus de la République. Ce sont ces éléments et aucun autre, surtout pas comme certains l'insinuent des intérêts personnels qui ont guidé vos élus dans leurs décisions et vous pouvez en être assurés pour hier, pour aujourd'hui, pour demain tant que je serai à la tête d'un exécutif municipal.
Liberté, cohérence et respect sont mes valeurs et celles que je partage avec le conseil municipal.

Seconde décision importante de l'aménagement territorial, qui est extrêmement lié à l'urbanisme communal, le transfert automatique au 1° janvier 2020 voulu par la Loi NoTRE qui n'est décidément pas la nôtre de la compétence Eau et Assainissement à notre communauté d'agglomération et de fait le vote majoritaire d'Alès Agglomération dans ce transfert automatique au 1° janvier 2019 pour être prêt au premier jour de l'année 2020, à la veille des élections municipales.
En premier lieu, cela signifie que l'ensemble du personnel syndical, Ida Humbert, secrétaire et Angel Pietropinto, technicien vont devenir agents intercommunaux (avec l'ensemble de leurs éléments ressources humaines conservées), le syndicat intercommunal des eaux Tornac M-A va être dissous. Beaucoup de questions reste en suspens sur ce transfert, c'est pourquoi la commune de M-A n'a pas voté favorablement. Concernant le mode de gestion de la compétence, la production (sources, forages...) sera géré en Délégation de Service Public, par qui, nous ne savons pas ? La distribution (l'eau au compteur) restera en régie intercommunale. Pourquoi de tels modes de gestion ? Par peur que le public ne soit pas en capacité d'assurer alors que depuis de très nombreuses années, le syndicat des eaux le faisait ? D'ailleurs, nous l'avons bien vu, encore, mardi et mercredi dernier où le service routes du département du Gard a cassé une canalisation réparée rapidement mais qui a engendré d'autres cassures sur le réseau certes vieillissant mais qui est en cours de réhabilitation. Espérons que ces travaux entamés par le Syndicat des Eaux ne connaîtront pas les mêmes difficultés d'exécution par l'agglomération que les travaux de réhabilitation de l'assainissement que nous avions acté communalement avant la fusion avec Alès Agglomération et qui n'ont pas encore vu le jour !!! Je remercie ici les agents du syndicat, Angel pour sa disponibilité, son efficacité. La proximité c'est cela et cela restera un grand avantage que, malheureusement , les cabinets ministériels et les grands postes de l'administration ne savent pas prendre en compte. La grande question qui reste en suspens sur cette thématique est le tarif de l'eau qui sera appliqué avec ce transfert face aux situations si diverses des communes membres d'AA. La commune de M-A a toujours été contre le transfert obligatoire, automatique et sans consultation, des compétences eau et assainissement aux intercommunalités au motif que les communes et nous en sommes l'exemple sont souvent les mieux placées pour apprécier l’échelle pertinente de mutualisation des services et pour organiser efficacement l’exercice de ces compétences en fonction notamment des caractéristiques de la ressource.
Alors que la carte des intercommunalités a connu une évolution sans précédent par la mise ne place de vastes territoires qui associent espaces ruraux, urbains et périurbains, une augmentation significative des compétences obligatoires telles que l’eau et/ou l’assainissement entraînent des complexités importantes (réorganisations des services, négociation de conventions très techniques). Les communautés ont dû procéder à des transformations déjà significatives de leurs statuts. Vos élus ont le sentiment que ces processus sont menés très rapidement et s’effectuent selon une vision administrative au détriment d’une logique plus pragmatique de gestion des compétences, de coopération et de mutualisation autour de projets communs. L’évaluation du coût global de ces transferts reste très limité.
La commune a toujours été fière de sa biodiversité, de son patrimoine et à la suite des équipes municipales précédentes, elle a continué à œuvrer dans ce sens. Ceci a été mis en évidence en 2018 avec les événements liés à la fête du Lac qui ont permis de redécouvrir l'objectif de base du plan d'eau avec son concepteur Monsieur Masson et l'ensemble des associations utilisant ce lieu si particulier de notre commune. Il est dommage que l'année 2018 se soit refermé sur l'abattage massif de la pinède, un bout de patrimoine certes privé qui disparaît et qui a suscité une très vive émotion dans la commune qui y était attaché.



Il est temps d'ouvrir l'année 2019. Soyons conscients, tous à notre échelle, de l'attente très forte qu'elle revêt tant en terme économique, sociale, écologique et démocratique ! Depuis maintenant de nombreuses années, à M-A, sur le territoire de bassin de vie d'Anduze, nous entendons cette urgence économique, sociale, écologique et démocratique.
Il est très dommageable d'avoir attendu si longtemps une réaction en particulier sur les territoires ruraux. Les inégalités territoriales sont présentes depuis si longtemps. Par exemple, depuis le début de mon mandat d'élue municipale avec Jacques Blanc, je me bats avec la Mairie pour que nous ayons un accès Internet de qualité et en adéquation avec les demandes des habitants. 18 ans après, la commune va enfin connaître la montée en débit qu'elle espère depuis si longtemps ! Ce sont des éléments comme ceci qui font que les citoyens ne comprennent plus l'action publique nationale. Depuis de nombreuses années, je m'inquiète et je vous en fais part à chacun de mes écrits et/ou de mes discours du désengagement de l’État et parfois du mépris de celui-ci. Ceci n'est pas nouveau et du fait seulement du Président actuel, ceci a commencé depuis longtemps. Il ne faut pas être étonné aujourd'hui qu'autant d'élus communaux, de Maires démissionnent. Il est dur, croyez-moi, de vivre le quotidien d'une commune en regardant chaque semaine si les dotations d’État ont été versées, si ce qui a été prévu par compensation a été effectuée et en lisant chaque nouvelle missive des ministères : vous avez moins d'argent mais on vous demande de célébrer des PACS, de mettre en place des profils baignade, d'organiser le traitement des déchets verts et comme cela n'est pas assez, on va vous demander d'informer et de suivre les Obligations Légales de Débroussaillement, prendre un protecteur des données informatiques pour que M-A ne subisse pas une cyber attaque et je vous fais grâce du reste. Heureusement, on peut trouver encore et c'est formidable des agents de l’État prêts à nous aider dans certaines actions malgré, chez eux aussi le manque de moyens et de personnel. Et puis, en haut de l’État, on nous répond que si on ne peut pas le faire techniquement, les cabinets d'études existent et qu'on a juste à les payer avec un budget qui est en baisse depuis de très nombreuses par une baisse des recettes de l’État. C'est le serpent qui se mord la queue et aujourd'hui, en haut de l’État, les édiles sont étonnés des sentiments éprouvés par les élus des communes et en particulier des petites communes. Alors, oui, comme beaucoup d'entre vous, ici et en France, j'attends beaucoup, énormément du grand débat national qui doit être mis en place. Peu m'importe de savoir qui sera le nom de la personne qui l'organisera, je veux juste qu'il aboutisse à des propositions de terrain concrètes, issues de vos vies, de nos vies, de nos attentes, de nos espérances. Oui, je ne crois pas à un cahier de doléances, je crois à un cahier d'espérance et dans ce sens-là, avec la certitude que le Gouvernement nous écoute, vous écoute, l’État peut être sûr et certain d'avoir la commune de M-A à ses côtés.
L'année 2019 va voir enfin l'extension du cimetière de M-A en cimetière paysager. Nous avons pu obtenir quelques subventions tant espérées sur ce projet innovant en terme de développement durable.
Du 17 janvier au 16 février prochains, le recensement communal va avoir lieu. Les deux agents recenseurs qui se partagent le village vont venir à votre rencontre. Gilbert Calcatelle et Alain Paulet ont été choisis pour effecteur cette enquête, je sais que vous allez leur réserver votre meilleur accueil. Le recensement est important pour des communes comme les nôtres car de ces chiffres découle la participation de l'État au budget des communes, du nombre d’habitants dépendent les services publics et les équipements collectifs nécessaires. Au niveau national, la connaissance de ces statistiques est un des éléments qui permettent de définir les politiques publiques nationales.
Enfin, le 26 mai prochains, auront lieu les élections européennes. Je me permets d'insister ce soir sur ces échéances si importantes. Oui, l'Europe est compliqué à appréhender, oui l'Europe n'est pas un signe officiel de transparence, oui l'Europe est régie par des lobbies mais oui, l'Europe est garante de la Paix, une Paix fragile et on le voit chaque jour en particulier avec la montée de l'Extrême Droite dans les pays européens.
Pour des communes agricoles comme M-A, l'Europe est importante avec sa Politique Agricole Commune communément appelée la PAC. Là aussi avec des éléments à faire évoluer ou même à faire connaître mais elle a le mérite d'exister ! Alors, ne nous laissons pas berner par des discours annonçant qu'une sortie de l'Europe serait bénéfique pour la France, il n'est qu'à regarder la position de la Grande Bretagne aujourd'hui. Ne nous laissons pas envahir par le rejet de l'Autre parce qu'il est différent ou divers. Notre pays s'est construit sur cette diversité !



Aurevoir 2018, bonjour 2019 ! Tout d'abord, je tiens à m'adresser à la totalité des agents de la fonction publique ( Mairie, Éducation Nationale, Alès Agglomération) qui œuvre sur la commune pour la population et je veux mettre en avant ce soir leurs compétences, leur engagement dans le service public. Bonne année à vous tous, à vos familles et je suis honorée de travailler à vos côtés !
Meilleurs vœux à l'ensemble des secours (Pompiers, Gendarmes) qui sont présents à nos côtés dans tous les moments qu'ils soient protecteurs pour le bien public et parfois dans des situations plus tragiques, merci de votre présence et de votre soutien chaleureux pour affronter ces épreuves de la Vie
Meilleurs vœux aux entreprises locales avec lesquelles nous avons appris à travailler au quotidien, en négociant parfois durement mais toujours respectueusement,
Meilleurs vœux aux acteurs économiques de la commune, aux artisans et artistes qui font briller M-A dans leur savoir faire et leurs actions
Meilleurs vœux à toutes les associations partenaires de la commune qui savent créer ce lien social si important sur nos territoires là aussi dans l'intérêt de tous sans contrepartie si ce n'est celle de passer un bon moment avec son voisin, avec son ami, avec l'Autre...
Enfin, je voudrais m'adresser plus particulièrement à ceux qui ont vaincu l'année 2018 à mes côtés, proches comme ils l'ont toujours été et comme ils le seront toujours. A l'aube de 2018, je savais que celle-ci serait particulière tant au niveau de la nouvelle décennie dans laquelle j'allais entrer et célébrer, particulière car cela faisait 10 ans que j'étais Maire mais elle l'a été encore plus,
  • de façon plus triste aussi mais une tristesse qui fait avancer, qui vous fait dire qu'il y a encore beaucoup de chemin à parcourir en souvenir des disparus
  • de façon magnifique par les événements vécus, les rencontres faites, les colères qui vous font mal au début et qui vous poussent à être meilleur par la suite



Alors à vous, mon équipe municipale, mes adjoints tout terrain, mes amis tout simplement, ceux du village, ceux d'à côté et ceux d'un peu plus loin, à ma famille qui me supporte, je leur laisse vous expliquer le sens qu'ils mettent derrière « supporter », à ceux qui sont là, à ceux qui sont là haut et à celle, toute discrète qui était là et que je n'avais pas vu, je vais juste emprunter les paroles de Patrick Fiori qui « collent » si bien à ce que pudiquement je ne pourrais dire avec mes mots à moi : « Ce soir, j'irai dire aux gens que j'aime comme ils comptent pour moi, qu'ils changent mes heures amères en poèmes et tous ces mots que nous taisons. Ce soir ici, je vais dire aux gens que j'aime Ô comme ils comptent pour moi chaque instant, des mots doux c'est mieux qu'un beau requiem et les dire c'est important, et surtout dire tant qu'il est temps. On veut toujours attendre la prochaine, remettre au lendemain.
C'est bien plus simple d'émettre des haines bien anonymes tapis dans son coin et coulent nos vies et l'eau des fontaines, la vie du quotidien et passent les jours et puis les semaines. Ce soir, je dis aux gens que j'aime, que je vous aime »



A vous tous, citoyens de Massillargues-Atuech, je vous souhaite une année 2019 lumineuse, faite d'espérances parce que rappelez vous que c'est à chacun d'entre nous, de mettre en lumière nos espérances, je vous souhaite une année 2019 où vous pourrez exercer votre liberté de penser, de déranger, de vous exprimer, de rester fidèle à vos valeurs tout en demeurant cohérent et respectueux.



Bonne et heureuse année 2019 !







dimanche 11 novembre 2018

11 novembre 1918 - 11 novembre 2018:100 ans

COMMEMORATION 11 NOVEMBRE 2018

« Je veux offrir ces quelques rimes à tous ces hommes anonymes, tous ces héros sans patronyme, tous ceux qui n'auront jamais d'hymne... Ceux que l'Histoire a vu passer, que la mémoire a effacés... A tous ceux qui se damnent, à tous ceux qui se donnent, hommage aux femmes, hommage aux âmes, hommage aux hommes...» Patrick Bruel

Chers vous tous,

    11 novembre 1918 11h – 11 novembre 2018 11h : 100 ans, le centenaire de la Grande Guerre, conflit au bilan humain terrible pour le monde entier : 12 millions de morts et la France quant à elle déplore 1 400 000 morts , 740 000 invalides, 3 000 000 de blessés, des centaines de milliers de veuves et d'orphelins.
100 ans, un centenaire, cela est synonyme d'événements plus symboliques, de commémorations plus fortes et d'une présence citoyenne plus importante. 100 ans, c'est tenter de rassembler encore plus largement que ce que les élus tentent de réunir dans les commémorations officielles. Je remercie aujourd'hui les instituteurs de l'école Jacqui Privat, Cathy Desplan et Eric Bastide d'avoir travaillé avec leurs élèves sur cet événement historique et d'avoir porté leurs voix en ce jour pour se souvenir.
Commémorer aujourd'hui ce centenaire a une portée très puissante mais aussi est synonyme d'éloignement, du temps qui passe et de la mémoire qui s'efface, de la mémoire qui ne devrait jamais s'effacer et pourtant qui s'efface et on le voit, inéluctablement à chaque nouvelle commémoration mais aussi à chaque terrible image de guerre (même si elles ne sont nullement celles des deux conflits mondiaux), qu'on voit aussi à chaque avènement de populisme dans les pays d'Europe et du Monde. 
100 ans, cela fait énormément d'années. Cela fait de nombreuses années pour moi qui n'ai que 40 ans et je me dis qu'aujourd'hui, 1918 est tellement loin, loin pour vous, élèves de notre école primaire... Alors, il y a le devoir de mémoire, celui que chaque pédagogue tente de raviver, celui que chaque parent ou grand parent peut et veut faire perdurer et celui que chaque élu de la République, au niveau où il est, avec les moyens qu'il a, veut réactiver dans l'esprit et les valeurs de ces citoyens. Mais c'est compliqué, de plus en plus compliqué face aux difficultés quotidiennes vécues par tous. Alors, dans un monde où l'individualisme, malheureusement et on peut le regretter, a pris le pas sur le collectif, on pourrait penser que pour se souvenir, il suffit de se rappeler de notre histoire personnelle si l'Histoire avec un grand H est trop éloignée ou étrangère. J'ai fait ce petit retour en arrière et vous pourrez essayer de le faire pour en parler à ces enfants, à vos enfants et aux générations futures. Le 7 novembre dernier, le grand père de mon compagnon aurait eu 100 ans et le 3 mai 2018, ma grand mère paternelle aurait eu 100 ans aussi. Et je me suis alors rappelée que le 11 novembre 2008, je vous en avais déjà parlé et que justement, vu la chance de l'avoir à ce moment -là, encore à mes côtés, je lui avais exprimé mon étonnement de sa naissance et donc de sa conception dans ces terribles années. Elle m'avait répondu alors, attendrie et émue, « j'ai été l'espoir, l'espoir pour mon père de me voir grandir ». C'était la première fois que je parlais de cette période avec ma Mamé et elle m'a raconté qu'elle était née d'une période d'amour lors d'une permission, que son père, avant de repartir au front, avait dit à son aimée de donner un prénom à cet enfant qui arriverait et que ce prénom, il le choisirait ensemble et pouvant se donner autant à un garçon qu'à une fille. Comme cela si un drame arrivait, cet enfant aurait un prénom choisi par son père et sa mère. Ainsi, quand le père de ma grand mère a reçu le télégramme annonçant la naissance, il n'a pas eu à demander le prénom, il le savait déjà, c'était Andrée au féminin et quelques mois plus tard, sain et sauf, il a retrouvé son espoir, l'espoir qu'il gardait, au fond du cœur, dans les tranchées. Vous voyez, je me dis que dans chaque famille, même 100 ans après, il doit et il devrait perdurer des souvenirs comme celui que je viens de vous narrer alors n'hésitez pas, même 100 ans après, avec l'âge que vous avez soit de rappeler des souvenirs familiaux liés à la Grande Guerre soit de poser la question à vos parents, à vos grands parents ou même arrière grand parent. C'est cela le devoir de mémoire et c'est cela aussi l'itinérance mémorielle dont nous avons entendu parler toute cette semaine avec le Président de la République Emmanuel Macron, itinérance mémorielle de chacun d'entre nous, de chacune de notre histoire familiale, itinérance mémorielle par la lectures de textes et de poèmes par vous, jeunes citoyens en formation, Ycare, Tom, Zoé, Numa, Angie et Lou, Romane et Lilou, par les chants de jeunes enfants, Eva,ma filleule, Juliette, Clélia, Timoté et Sélène comme vous l'entendrez avec Bella Ciao à la fin de cette cérémonie.

Liste des MORTS POUR LA FRANCE de 14-18 + 39-45 + les 3 soldats décédés en opération en 2018

    Aujourd'hui, en ce 11 novembre 2018, rappelons-nous combien il est important de nous souvenir. Cela sert à rappeler à chacun, aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Dans une guerre, au fond, il n'y a que des perdants.
Soyons conscients de la fragilité de notre société française, européennes et mondiale qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme (plus de 69% d'augmentation d'actes antisémites sur les neuf premiers mois de l'année 2018, une honte!), de l'exclusion et du rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous.
L'actualité nous rappelle chaque jour, avec ses images tragiques, combien les armes, les conflits, les guerres n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde.
Ce Monument aux Morts devant lequel nous nous inclinerons pour la minute de silence grave le souvenir de nos valeureux Aînés tombés. En mémoire de leurs épreuves et de leur glorieux comportement, conservons à cette commémoration du 11 novembre 1918, la réelle dimension que nul n'a le droit d'effacer, d'amoindrir ou d'ignorer. Ils se sont battus pour un idéal de paix, de liberté et de fraternité. Ils sont morts pour la France !

Liste des MORTS POUR LA FRANCE de 14-18 + 39-45 + les 3 soldats décédés en opération en 2018

Souvenons nous de ce 3 août 1914 et de ce tocsin qui retentit dans toutes les communes de France et de la mobilisation qu'il a entraîné...
Souvenons nous en tant qu'habitants d'une commune rurale du Sud de la France, de ces paysans, de nos paysans mobilisés et arrachés à la terre qui les avaient vus naître pour se retrouver dans la terre des tranchées dans le Nord de la France et du mal du pays qu'ils traînaient chaque jour, inlassablement en plus de la peur qui jaillissait des tranchées
Souvenons nous de ceux qui en ont échappés et de ceux qui y sont restés
Souvenons nous de ceux qui n'ont pu raconter, jamais, l'effroi et l'horreur d'une guerre
Aujourd'hui, il nous appartient à toutes et à tous de nous souvenir de ce 11 novembre 1918, de cette paix que chacun croyait alors éternelle, ce devait être la Der des Ders
Souvenons nous de tout cela et plus encore, souvenons nous afin de préserver la paix, cette paix que nos ancêtres ont obtenu au prix de leur vie, souvenons nous afin de défendre les fondements de notre République et de l'Europe
Souvenons nous tout simplement malgré le temps qui passe pour ne jamais reproduire les erreurs et les horreurs du passé
Souvenons nous pour accepter la diversité, pour comprendre les différences
Souvenons nous pour être tolérants, pour avoir du respect pour l'autre et le prendre tel qu'il est
Souvenons nous...

En mémoire de nos morts pour la France, en mémoire de tous nos ancêtres, des miens et des vôtres, en mémoire de ceux qui sont revenus sans jamais en parler et sans jamais oublier, en souvenir de ceux qui sont morts, en mémoire de nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde, je vous demande de respecter une minute de silence.

mardi 8 mai 2018

8 mai 2018

La commune de Massillargues-Atuech vient de subir ces derniers temps des décès de figures du village, des femmes et des hommes au destin intéressant, des femmes et des hommes aux souvenirs incroyables et des citoyennes et citoyens engagés présents aux événements sur la commune et en particulier aux cérémonies commémoratives. Présence sans doute accentuée et effective par rapport aux événements que ces personnes ont dû vivre ou dont on leur parlait depuis leur enfance, ils ont grandi avec les anecdotes du père ou de la mère sur la Grande Guerre, ils avaient souvenance de leurs propres anecdotes de la deuxième guerre mondiale et puis le temps avance... Ceci me fait revenir sur le constat que je fais et que nombre d'entre vous doivent faire aussi sur la présence peu importante d'enfants, d'adolescents ou de jeunes adultes aux cérémonies commémoratives.

J'ai donc voulu que mon discours de ce 8 mai 2018 ait pour fil conducteur la transmission et le devoir de mémoire. Transmettre, c'est raconter une histoire, c''est raconter l'Histoire. Je vais donc vous raconter une histoire. Alors, j'aurais pu vous raconter l'histoire d'un des 55 millions de morts, d'un des 3 millions de disparus, d'un blessé parmi les 35 millions qu'a compté ce conflit meurtrier. J'aurai pu vous narrer l'histoire de jeunes femmes Andrée et Lucie lors de la deuxième guerre mondiale, Andrée et Lucie qui, chacune à leur manière ont frôlé la mort au contact d'allemands, à Massillargues-Atuech et à Euzet les Bains mais ces deux histoires, je vous les ai déjà racontées. J'aurai pu vous parler de mes parents nés quelques mois après la fin de la guerre 39-45, j'aurai pu vous parler d'histoires de résistance comme celles que mon grand père Franou me dévoiler à demi mots voilés ou par bribes dans nos échanges, j'aurai pu vous parler du déroulement de la bataille de la Madeleine comme Guy Pompairac peut m'en parler mais là, je vous laisse le plaisir d'en discuter avec lui.

Je vais juste vous narrer quelques instants de vie d'une enfant juive sous l'occupation et qui deviendra une belle dame. Elle se prénomme Mireille. L'histoire de Mireille est d'abord celle d'un grand nombre d'enfants du quartier juif du Marais alors voué aux ateliers textile. Cet enfant-là comme sans doute d'autres de cette époque ne comprend pas bien pourquoi dans la cour de récréation, on lui assène parfois des « sale juive », elle dont la religion est discrète dans sa famille. Mireille a 9 ans et porte l'étoile jaune le mercredi 15 juillet 1942 quand le secrétaire général de la police du gouvernement de Vichy, René Bousquet lance la chasse qui aboutira à l'arrestation de 13000 juifs, dont plus de 4000 enfants, qui seront rassemblés au vélodrome d'hiver puis envoyés dans les camps de la mort.
Ce mercredi 15 juillet 1942, c'est un matin d'été étonnamment froid : Mireille et sa mère sont parties faire la queue devant les rares magasins où elles ont encore le droit de s'approvisionner. Ce même jour est publié le décret interdisant les lieux publics aux juifs. Des voisins alertent Mireille et sa maman que des rafles sont en cours. Lors de la tristement célèbre rafle du Vel d'Hiv, le papa de Mireille n'échappera pas aux gendarmes de René Bousquet, il sera déporté au Camp de Gurs dans les Pyrénées. Mireille et sa maman réussiront à passer la ligne de démarcation. Des policiers les arrêteront mais le passeport brésilien de la mère de Mireille les sauvera, les policiers les laisseront passer. Ce même passeport sauvera le papa de Mireille qui libéré, retrouvera son épouse et ses enfants à Lisbonne. Après de nombreux déplacements, la famille retrouvera Paris en juin 1947. Persuadés que la famille de Mireille ne survivrait jamais à la guerre, les gardiens de l'immeuble avait pris possession de leur appartement.
Mireille est donc une survivante tout comme celui qui deviendra son époux en 1951, Kurt, rescapé d'Auschwitz. Mireille sera toute sa vie une voyageuse, elle voudra faire découvrir tous les pays à ses enfants en leur inculquant l'amour des différentes cultures. Mireille était ouverte, encore plus tolérante, elle parlait allemand, yiddish, anglais. Elle avait horreur d'un monde reclus sur soi. Elle voulait transmettre la générosité, la bienveillance, l'amour des autres et tant encore. Mireille était une épicurienne, bonne vivante, romantique, amoureuse. Dans son appartement parisien, elle aimait écouter la voix chaude de Mike Brant, son idole, la gouaille d'Edith Piaf et les mélodies de Cloclo. Mireille continue sa vie jusqu'à ce 23 mars 2018 où un petit garçon qu'elle connaît depuis l'âge de 7 ans devenu grand et pas très recommandable éteindra sa vie. Sans doute, par à rapport à son histoire, à ses souvenirs, Mireille ne supportait pas la violence, elle la comprenait encore moins. Elle n'était pas méfiante et les épreuves de la vie ne lui avaient pas enlevé le goût du bonheur jusqu'à ce terrible jour. Tout cela, tous ces événements, toutes ces valeurs, Mireille les a transmis à ses enfants et petits enfants. Pour en témoigner, pour son dernier Adieu, ses enfants avaient invités toutes les religions avec ces mots « si nos amis chrétiens, musulmans, noirs, protestants, si tout le monde vient, ce sera montrer qu'on n'est pas prêts à se résigner » et c'est ainsi que le 28 mars 2018, le peuple français était réuni main dans la main pour exprimer son émotion lors de la marche blanche hommage rendue à Mireille Knoll. Mireille Knoll, cette dame tuée chez elle quelques heures après l'attaque terroriste de Carcassonne et de Trèbes.
Mireille Knoll était de ces passeuses de mémoire, de ces citoyens anonymes qui racontaient les épreuves du passé, dures, éprouvantes et tristes, qui racontaient pour tenter de comprendre l'incompréhensible, pour tenter d'affronter les causes de ces drames et surtout pour tenter d'expliquer l'inexplicable pour qu'il ne se reproduise jamais.

« Je connais par bonheur un passeur de lumière amoureux des étoiles et curieux de la Terre...
Ça m'a fait tant de bien de savoir qu'il existe des hommes tels que lui qui souffrent et qui résistent.
Son regard bleu s'éclaire de sage et de marin posé sur l'univers, il m'a montré le chemin, sa passion pour hier mais à croire en demain... Défricheur de l'azur, l’œil toujours en alerte il marche à l'aventure, part à la découverte devant l'immensité qu'il nous reste à connaître.
A quoi sert de rêver si ce n'est pour transmettre. Lorsque l'élève est prêt arrive alors le maître...
A travers sa mémoire il m'a ouvert les cieux et m'a confié un soir : quand je serai trop vieux un jour j'y verrai moins et tu seras mes yeux. Jamais il ne s'endort sans saluer la nuit. Je bénis ce trésor partager avec lui mon passeur de lumière. Il éclaire ma vie »

Passeurs de lumière comme l'écrit si bien Yves Duteil, passeurs de mémoire... Je souhaite aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes d'aujourd'hui, de croiser des passeurs de lumières, des passeurs de mémoire, à vous tous aussi, à nous tous, je nous invite à être à l'écoute de ces passeurs de mémoire pour ne pas reproduire les erreurs et les tragédies du passé. Passeurs de mémoire, c'est aussi ne pas banaliser le rejet de l'Autre, c'est stopper les blagues à la limite du supportable, c'est dire NON à des propos racistes, extrémistes dans des lieux qu'ils soient privés et encore plus publics, c'est ne pas accepter qu'un Président, fusse t-il, celui de la première puissance mondiale déborde par ses paroles, ses tweets ou ses gestes, c'est condamner fermement les propos racistes d'un chef d'escadron, c'est oser s'élever contre des cris d'animaux et des sifflets dans un stade de football et c'est tant d'autres gestes, mots et horreurs que l'on vit aujourd'hui malheureusement quotidiennement.
Soyez vous mêmes, par votre histoire, par votre patrimoine, par vos souvenirs, par vos aïeuls, par votre humanité, par votre solidarité des passeurs de lumières, des passeurs de mémoires pour nos générations futures.

En mémoire de nos morts pour la France, en mémoire de tous nos ancêtres, en mémoire de nos passeurs de lumière, en mémoire de ceux qui sont revenus sans jamais en parler et sans jamais oublier, en souvenir de ceux qui sont morts, en mémoire de nos soldats en combat au moment où je parle, en mémoire des peuples opprimés à travers le monde, en mémoire des victimes de l'antisémitisme, du racisme et du terrorisme en France et dans le monde entier, en mémoire de Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna, Arnaud Beltrame, Mireille Knoll mais aussi Sarah Halimi, Brahim Bouarram et trop d'autres, je vous demande de respecter une minute de silence.

samedi 6 janvier 2018

Mon discours pour les voeux de l'année 2018

Dans les discours de vœux, je me pose toujours la question de savoir si un discours pour une telle occasion doit être politique ou pas. Mon discours ce soir parlera de vous, de nous, de notre commune, de notre cité, en ce sens il sera politique. Il ne parlera nullement d'élections présidentielles ou législatives, elles ont eu lieu en 2017 et elles ont donné le résultat que l'on connaît. Mon discours parlera juste de la vie, de votre vie, de notre vie, de la vie d'un conseil municipal, de la vie d'un Maire de petite commune et non pas de la vie d'une petite élue, fusse t-elle pas bien grande. Je sais que chacun d'entre vous comprend bien là, la différence et la signification entre ces deux expressions contrairement peut être à des personnes haut placées dans certains ministères comme celui de la cohésion des territoires par exemple, magnifique terme dont on discutera plus tard autour d'un verre de vin !
La seule parenthèse un peu plus politique que je vais me permettre est pour vous dire le désarroi, l'inquiétude et la colère des élus locaux et ces sentiments-là ne seront pas atténuées par une annonce de hausse d'indemnités de fonction pour les élus des communes de plus de 100 000 habitants, hausse qui, d'ailleurs n'est pas un cadeau de l’État mais est, tout simplement une hausse des dépenses de fonctionnement dans les budgets communaux au moment où l’État, le même qui annonce, demande de réduire ses dépenses !
Les élus locaux sont désespérés quand ils voient ce qui leur retombe dessus sans contrepartie de l’État. Pour exemple, depuis le 1° novembre 2017, la Mairie est en charge de procéder à l'enregistrement des PACS. Certes, un bel acte dont j'aurais le plaisir de m'acquitter mais qui engendrera un coût pour la commune avec la réactualisation du logiciel d'acte d'état civil. Certes, il n'y aura pas beaucoup de PACS sur la commune de M-A mais le prix du logiciel, lui, ne sera pas proportionnel ! Alors, oui, les élus locaux sont désespérés, sont inquiets surtout à l'approche du vote du budget où d'un côté, le gouvernement annonce une stabilité des dotations de l’État (j'attends de voir pour vous dire) et d'un autre annonce la suppression de la taxe d'habitation avec l'annonce aussi d'une contrepartie à l'euro près. Alors, oui, tout cela est fait d'annonces mais il faut comprendre qu'à quelques semaines de voter les budgets communaux, cela n'aide guère à la sérénité, à la zénitude face à des budgets déjà très contraints pour des communes rurales. Alors, si Monsieur le Représentant du Député Olivier Gaillard, mon ami défenseur des communes rurales et des élus locaux depuis très longtemps peut être le porteur de ses inquiétudes auprès de l’État ce serait déjà une bonne chose pour l'année 2018 qui s'ouvre à nous. Les annonces ne peuvent pas être faites sans savoir en amont, pertinemment et de façon réaliste comment elles vont se décliner sur les territoires et dans les budgets des communes.

Chaque année, je fais un sondage auprès des adjoints et des secrétaires de Mairie pour trouver la citation qui vous invitera à la traditionnelle cérémonie des vœux. Cette année, le choix a été très serré et comme il a été difficile aussi pour moi de départager, je vais tenter d'incorporer les citations candidates tout au long de mon discours.


"Penser, écouter, agir,... Libre." Hubert Mouly, Maire de Narbonne de 1971 à 1999. Voici la citation par excellence d'un élu local.  Parfois voire souvent, les habitants d'une commune, pensent que les actions de leurs élus peuvent être mauvaises, injustes, incompréhensibles et pourtant quand elles sont régies par l'intérêt général, elles sont indiscutables. Voici le sens qui me guide, qui nous guident, élus municipaux de M-A dans nos décisions et en particulier dans l'élaboration du PLU, ce document à construire dans un cadre très limité, strict, discutable parfois et pourtant légal donc pour nous forcément applicable, ce document à construire avec un timing serré. Comme nous avons eu l'occasion de le rappeler publiquement à plusieurs reprises, nous avons contesté certaines règles qu'on nous impose car pour nous, ces règles sont incompréhensibles voire contradictoires avec la réalité. Alors, certes, à force d'insistance, de travail, de contre proposition, toujours argumentées, nous avons gagné certains arbitrages et malgré tout, nous en avons perdu d'autres. C'est la règle d'une loi. Ici, dans cette commune, depuis de nombreuses années et mandats municipaux, les élus ne sont pas forcément reconnus pour leur docilité. Par contre, ils sont connus et reconnus pour leur consistance et leur respect de la démocratie et des règles de la République. Quand la Loi est votée, elle est votée et elle doit être respectée ! J'ai souhaité débuter mon discours par ce thème-là car je sais, car j'entends que c'est un thème fort, complexe et majeur de cette mandature municipale. Je ne suis pas du genre, vous le savez, à me dérober, il en est de même pour les élus municipaux, nos choix, comme tous les autres que nous avons eus à faire, que nous aurons à faire d'ici 3 ans, nous vous les présenterons, nous vous les expliquerons, plusieurs fois, même s'il le faut et il le faudra mais au final, nous les assumerons car être élu, c'est aussi çà, assumer, en toute transparence mais assumer. "Penser, écouter, agir,... Libre."

Shimon Pères disait "Je ne regrette aucun de mes rêves, mon seul regret est de ne pas avoir rêvé davantage." Cette citation arrive à ce moment de mon discours pour vous parler d'un ancien Maire de la commune, Claude Foubert. En effet, alors que peu de personnes le soutenaient, alors que la question d'environnement n'était pas autant présente et appréhendable qu'aujourd'hui, il a eu un rêve et ne l'a jamais lâché, celui de créer un plan d'eau à Atuech, près du Gardon. Projet devenu réalité, avec le succès que l'on n'y connaît. Ce plan d'eau, nous en fêterons en 2018 les 25 ans de création. Durant toute l'année 2018, cette structure sera fêtée comme il se doit, par l'ensemble de ses usagers, autour d'événements festifs, culturels, pédagogiques, sportifs et plus encore. Cette série de manifestations a débuté fin 2017 autour de la Ste Catherine avec la plantation d'arbres au plan d'eau par l'association Soroptimist que je profite pour remercier à nouveau et débutera en 2018 avec le championnat du Gard de cross dimanche prochain au plan d'eau organisé par l'ACNA. Je vous invite à suivre l'affichage et les diverses annonces de ces beaux moments qui vont constituer La Fête du Lac !

L'écrivain Paolo Coelho méditait ainsi "Personne ne doit avoir peur de l'inconnu parce que tout Homme est capable de conquérir ce qu'il veut et qui lui est nécessaire" A notre plus petite échelle, je prends cette citation comme le fait de penser qu'en persévérant, avec beaucoup de volonté et malgré de nombreuses embûches, on arrivera au but que l'on s'était fixé, au projet que l'on imaginait.
La fonction d'élu et plus particulièrement celle d'élu local est parfaitement symbolisé par cette citation.
Sans commune mesure mais parce que c'est un projet qui nous tient à cœur, malgré sa thématique, nous avons fait nôtre cette citation dans la mise en place de l'extension du cimetière en cimetière paysager qui sera enfin mis en action en 2018 suite à l'obtention de subventions que nous sommes allés chercher à la force de nos convictions et ce ne fut pas facile. Combien de portes de financeurs fermées parce qu'on demandait des subventions pour un cimetière ? C'est sûr, c'est moins glamour qu'une école qu'on a déjà, qu'une salle polyvalente qu'on a déjà, qu'une Mairie qu'on a déjà, il nous fallait un cimetière, c'est tout ! Alors, on a étoffé le projet, on a rebaptisé certaines lignes budgétaires pour au final obtenir des subventions d'Alès Agglomération, du Département du Gard et dernièrement, gagnée de haute lutte, une subvention de la Région Occitanie. Ce projet pilote dans le département est en cohérence totale avec les valeurs des équipes municipales successives de M-A et avec l'obtention du label Terre Saine, plus haute distinction environnementale sur les espaces publics. La vie d'une petite commune, c'est aussi cela, de beaux projets qui mettent du temps à se réaliser car très souvent, il faut du temps mais il faut aussi de l'argent et il faut du liant entre les éléments et entre les personnes.
Pour certains habitants, les actions ne vont peut être pas assez vite mais il est nécessaire que tous les éléments soient en place pour que le projet fonctionne ! Le temps dans notre société contemporaine est une notion très discutable mais tellement précieuse.

Quelqu'un a dit « Oublie ton passé, qu'il soit simple ou composé, participe au présent et ton futur sera plus-que-parfait !" Cette citation anonyme déclinée sur le carton d'invitation de cette soirée prend tout son sens à M-A. Il n'y a qu'un terme que j'aurai changé dans cette citation choisie à la majorité, c'est « oublie ton passé » Pour ma part, je reste persuadée qu'il ne faut jamais oublier son passé, il faut s'appuyer sur ce passé qui n'a certainement pas été simple et en tirer le meilleur parti pour participer et agir au présent pour notre avenir. J'en profite pour avoir une pensée pour les habitants et les personnes qui ont marqué le village et qui nous ont quitté en 2017. Je pense à leurs familles, à leurs proches. Je sais la peine et la douleur qui est les leurs dans de telle épreuve malgré le nombre des années, malgré la maladie ou la souffrance. L'absence est toujours difficile à combler.

Avant de terminer, je ne peux pas éluder le drame qui a eu lieu sur la commune de Reines-marguerites en début d'année 2017. Je ne peux pas l'éluder car cela fut une épreuve pour certains habitants voisins du drame et cela fut une épreuve aussi titre personnel. Je vous remercie d'avoir été autant respectueux du travail d'enquête et de ne pas avoir mis de l'huile sur le feu malgré la présence de nombreux médias, prêts à nous faire dire tout, même ce que l'on n'avait pas dit. Pour ma part, je remercie très chaleureusement les pompiers, les gendarmes, les inspecteurs de police et les policiers scientifiques pour leur soutien total et chaleureux envers une élue pas du tout préparée à un tel drame.


Je vous le dis souvent et je le pense réellement très fort, la fonction de Maire est une formidable expérience enrichissante mais c'est aussi parfois une terrible épreuve et heureusement qu'il y a des professionnels comme ceux que j'ai eu la chance de côtoyer pour vous aider mais aussi des habitants, des agents communaux, des amis et ma famille. Merci.

Pour présenter mes vœux, je voudrais m'adresser en premier à la formidable équipe d'agents communaux que nous avons la chance de compter sur la commune de M-A, à ceux qui sont là, à ceux qui ont été retenus, à ceux qui ont été de passage et qui ont laissé de très belles traces, je tiens à vous souhaiter une année autant prolifique que 2017 au service des citoyens, au quotidien et dans l'intérêt général. Souvent, les humoristiques, c'est logique c'est leur art, parfois ce sont des personnes plus sérieuses, là, c'est plus grave, critiquent les fonctionnaires et tirent à boulée rouge sur eux. A leur fiel, je ne réponds qu'une chose, qu'ils viennent dans nos communes rurales voir le travail et l'engagement de ces personnels. Merci à vous.

Au conseil municipal de M-A, tout simplement merci d'être là, présents dans les bons et les mauvais moments, merci de me lire tardivement quand certains événements sont trop lourds à porter et que j'ai besoin de vous les écrire ou de vous les dire. Bonne année à vous et à vos proches qui supportent votre engagement total et indéfectible à la commune !

Aux dirigeants d'entreprises, petites ou plus grandes, aux dirigeants et bénévoles d'associations, aux artistes et artisans pour l'année 2018, continuez à faire rayonner notre commune, ses valeurs, ses richesses, ses talents et son état d'esprit par delà les frontières communales, départementales et régionales.

Pour conclure, je vais m'adresse à vous tous et à chacun d'entre vous. Noël 1980, je vais avoir trois ans et sous le sapin, je trouve un magnifique jouet dans un carton. Je vais alors m'amuser qu'avec ce carton qui, à tour de rôle, devient ma voiture, mon tracteur ou mon camion. Noël 1980, à l'autre bout de la France, un petit garçon va avoir trois ans et reçoit comme cadeau une navette en carton. Avec ce cadeau, ses rêves vont commencer et vont l'emmener jusqu'en 2017 à bord de la Station Spatiale Internationale. Ce petit garçon qui a travaillé pour réaliser ses rêves, il s'appelait Thomas Pesquet. Alors, ce soir, pour terminer mon discours, je vais vous demander de travailler et de réfléchir à vous, à votre Noël de vos trois ans (c'était le cas de ma fille cette année) et aux rêves que vous aviez à ce moment-là... Pour cette année 2018, je vais vous souhaiter de continuer à travailler pour vos rêves, de vivre chaque instant de bonheur à fond tout en les savourant, de montrer à vos proches combien ils comptent pour vous et ce qu'ils vous apportent chaque jour. Que votre année soit remplie de bonheur, de santé, de tas de projets qui aident à s'exprimer, de petits tout et de grands riens qui font l'équilibre d'un être ! Heureuse année 2018 et vivez, revivez, partagez et exprimez vos rêves pour que votre futur soit plus-que-parfait... Quoi qu'il arrive, croyez en la vie, croyez en demain, croyez en ce que vous faites, mais surtout, croyez en vous...
Merci...