Bienvenue sur mon blog!

Élue maire depuis 2 ans le 14 mars 2010, j'ai eu envie de raconter cette aventure sur un blog.
Certains autres Maires ont leur blog alors je me suis dit: Pourquoi pas moi? Voilà, c'est fait: j'attends vos commentaires, vos impressions et tout et tout...

En effet, c'est une véritable aventure que je vis depuis 2008! Une aventure humaine incroyable et une aventure personnelle passionnante!

samedi 11 novembre 2017

« Je suis un village, comme quelques autres en France... Bien avant les pansements, je n'avais que des paysans. J'en ai vu qui butinaient, flânaient ou glanaient des pelletés de mirabelles vers la fin de l'été. Je crois que l'unique chose qui a changé ma vie fut l'arrivée des taxis. Ils sont plein selon les regroupements. Il y a les gueules cassés et pour les blessés prothèses et pansements. Face à face ils se font front dans les tranchés. Avant tout ce manège, j'étais un village enchanté !
On ne me croit pas, ça semble irréel et pourtant avant tout ce manège j'étais un village enchanté. Les seuls témoins sont les mirabelles d'avant tout ce manège.
Ils se sont préparés pour la bataille et dans l'artère principale c'est la pagaille ! Ils portent des uniformes bleus rouges voyants avec montre à gousset, couvre-chef flamboyant. La grosse Bertha fait face au Crapouillot. Le flot de feu est continu, soutenu par les artiflots. Comme à Valmy nous répétait l’académie, une bataille, des acclamations et c'est l'accalmie !
Les murs ont des oreilles, c'est la fête au village, le théâtre aux armées nous fait découvrir le jazz. Il y a des fanions, des litrons, du tapage et cette odeur maudite... Le vent nous ramène les gaz !
Il y a de la joie, des pleurs, des fleurs et... la peur : tout à l'heure on a fusillé un déserteur. Il avait juste ce poème dans sa vareuse... Adieu, Meuse endormeuse ! 
»

Chers vous tous,
J'ai souhaité débuter mon discours de ce 11 novembre par les paroles de la chanson « Les mirabelles » de Mc Solaar. Ce texte parle de la première guerre mondiale et pour moi qui, régulièrement, vous parle de transmission et de devoir de mémoire, ces mots posés sur le papier, pesés, choisis précisément ont une résonance moderne sur cet événement dramatique et reprennent bien ces valeurs de transmission et de devoir de mémoire. J'ose espérer que les jeunes qui écouteront le grand artiste qu'est Mc Solaar pourront ainsi, réfléchir, analyser, tenter de comprendre cette période peut être en allant chercher de l'aide ou des explications. C'est cela le poids des textes, le poids des mots et l'importance de la culture dans sa diversité.
A la veille du centenaire de la commémoration du 11 novembre 1918, il est important aujourd'hui de se pencher sur l'année 1917. En effet, cette première guerre mondiale est un conflit meurtrier sans nom et l'année 1917 sera l'année la plus terrible de la Grande Guerre.

Depuis la fin de 1914, la guerre a pris une tournure qu’aucun gouvernement n’aurait imaginé aux premiers jours du conflit. Une nouvelle vie s’installe pour les soldats, obligés de vivre entre une mort hasardeuse à l’assaut ou au détour d’une tranchée et dans un univers d’acier et de boue. S’ajoutent encore la médiocrité de la nourriture et la rareté des permissions ce qui accentue la morosité générale. Au printemps 1917 cette morosité passe subitement au refus catégorique d’aller à l’assaut : la désobéissance gagne rapidement les deux tiers des divisions françaises et certains soldats tentent même d’aller à Paris rencontrer les députés pour les informer de leur sort.
Les soldats français ne refusent pas la guerre mais un certain type de guerre : une guerre inutilement sanglante, un assaut dont on sait à l'avance qu'il ne mènera à aucune possession supplémentaire. A cette première revendication, s’ajoute la volonté de voir s'améliorer leurs conditions d’hygiène et de bénéficier de permissions plus nombreuses. A long terme, ces mutineries auraient pu être néfastes si quelques officiers n’avaient pas compris la situation inédite que cette nouvelle guerre engendre.
L'année 1917 est aussi celle d'une crise politique russe. Si l’on donnait à la Russie le surnom de " colosse aux pieds d’argiles ", c’est bien pour souligner à la fois la force de son armée en nombre et la faiblesse de celle-ci et de la société Russe encore archaïque dans son équipement général. La Russie ne peut pas soutenir une guerre contre un ennemi plus fort, mieux équipé et mieux organisé. Les défaites se succédant, la lassitude et le désespoir gagnent l’ensemble de la population. Au début de l’année 1917, la Russie est épuisée, les désertions se multiplient et les villes connaissent des troubles d’approvisionnement qui rendent la situation explosive. En mars 1917, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix. Mais la Russie n’est plus une force d’attaque et les Alliés craignent une intensification de l’effort allemand à l’ouest. En octobre 1917, Lénine et Trotski organisent une seconde révolution ; les bolcheviks prennent le pouvoir et, le nouveau régime n'étant pas en situation de continuer la guerre, lancent des pourparlers de paix avec les Empires centraux.
En 1917, l’entrée en guerre des États-Unis engendre de grands avantages pour les alliés. Les échanges commerciaux et financiers se multiplient, la mise en place de 35 torpilleurs permet de combattre la guerre sous-marine et instaure une sécurité maritime. L'année 1917, par les événements qu'elle contient, est le tournant de la guerre.
Une guerre avec un bilan humain terrible pour le monde entier : 12 millions de morts et la France quant à elle déplore 1 400 000 morts , 740 000 invalides, 3 000 000 de blessés, des centaines de milliers de veuves et d'orphelins.

Lors du premier conflit mondial, alors que les frontières nationales s’effacent et que s’installe le front, plus de 12 millions d'Européens se trouvent à un moment donné amenés à fuir la guerre, à devenir des « réfugiés ».
Ceux qui quittent la zone des combats, les évacués par les autorités militaires, les internés, les rapatriés en France non occupée, au-delà d’itinéraires très divers, ont en commun des départs plus ou moins forcés et un exil durable. En 1918, en France, ce sont encore 2 millions de réfugiés, essentiellement originaires du Nord et de l’Est, qui vivent loin de chez eux.
En 1914-1918, le déplacé de guerre devient un acteur central de ce conflit d’un genre nouveau et est un enjeu pour tous les belligérants qui doivent organiser, orienter et contrôler ces mouvements de population.
Suivre ces chemins de civils en guerre sur le front ouest nous invite à redécouvrir combien la Première Guerre mondiale a bouleversé les horizons des populations européennes.
Il me semblait important aujourd'hui de préciser cela et de rappeler que les guerres dans l'histoire ont malheureusement engendré des déplacements de civils. Dernièrement, j'écoutais le rappeur Damso qui a fui avec sa famille la République démocratique du Congo à cause du conflit armé les menaçant. Il répondait à un journaliste qui lui posait la question de la difficulté de certains pays à accueillir les réfugiés et il répondait ainsi : « Quand il y a la guerre, il faut savoir que ce n'est pas évident. Quand on quitte un pays, c'est pas parce qu'on n'aime plus le nôtre, c'est juste parce qu'on ne peut plus y vivre. Le jour où il y aura, j'espère que çà n'existera jamais mais s'il y a une guerre, les gens comprendront la notion de réfugiés. »

Le devoir de mémoire est là, nous ne devons pas avoir besoin d'une nouvelle guerre pour comprendre certains notions comme celles des réfugiés. Les guerres ont trop faits de dégâts pour ne pas en tirer les leçons et ne pas reproduire ces situations tragiques !
Aujourd'hui, en ce 11 novembre 2017, rappelons-nous combien il est important de nous souvenir. Cela sert à rappeler à chacun, aux plus jeunes en particulier, toute l'horreur de la guerre. Dans une guerre, au fond, il n'y a que des perdants.
Soyons conscients de la fragilité de notre société qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie qui aujourd'hui prend la forme du racisme, de l'antisémitisme, de l'exclusion et du rejet de l'autre au prétexte qu'il est différent de nous.
L'actualité nous rappelle chaque jour, avec ses images tragiques, combien les armes, les conflits, les guerres n'ont jamais cessé de résonner, partout dans le monde.

En mémoire à ces citoyens libres et qui se sont battus pour rester libres, en mémoire à tous ces poilus, en mémoire aux fusillés pour l'exemple, en mémoire à tous les civils pris dans des conflits qui les dépassent, en mémoire aux soldats dans le Monde, en Europe et en France protégeant au quotidien nos libertés, en mémoire aux victimes de ces trop nombreux attentats partout dans le Monde, commémorons aujourd'hui, ensemble, la fin de la première guerre mondiale soi disante la Der des Ders, célébrons le retour de la Paix, protégeons par notre souvenir cette Paix et rendons hommage à tous les combattants morts pour la France.

Je vous demande de respecter une minute de silence

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